DON ROCH, DON A BÉATRICE
DONA BÉATRICE
Roch , rapporte du chocolat , car la boîte de pa&* tilles est vide.
DOU ROCH
Déjà vide?
DONA BÉATRICE
Sans doute. Ne semble-t-il pas qu elles devaient durer toujours?
DON ROCH
Comment donc! qui a pu consommer tant de chocolat? Cela va mal, Béatrice; jamais je n'ai vu un tel désordre dans ma maison ; en vérité on dirait une auberge. J'ai plus dépensé depuis un mois^ que je ne dépensais en un an quand j'étais seul avec Mugnoz. Je veux remédier à tout cela. Toi, ma sœur, il faut que tu fasses ton paquet , efr que tu t'en ailles. Laisse -moi avec ma femme; je n'ai pas besoin de tant de cotillons autour de moi. Quand
i54 LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE,
DONA BÉATRICE
Oui^ tu tâches de lasser sa patience; et je ne çoii< çois pas comment elle te supporte.
, DON ROCH
Holà ! Voudrais-tu qu'elle ne fit pas les choses qu^elle doit faire? Yeux -tu qu'ayant une femme chez moi^ j'aille chercher quelqu'un pour mettre ma perruque et brosser mon habit? Il serait plaisant, $ur jna foi^ que pour la mettre de bonhe^ humeur, je ne disse mot quand la goutte , le rhumatisme on la colique me donnent quelque assaut (hier encore j'ai pense mourir ).; et que^ cachant soigneusement mes douleurs , je fisse des cabrioles et des >ëclals de rire. Tu voudrais*...
DOIÏÂ BEATRICE.
Je ne veux rien de semblable.
Qu'ayant la tête couverte de cheveux blancs , je fusse un petit maître bien paré , s'amusant avec les darnes^ mignard^ sautillant, dirigeant les contredanses.
nOKA BÉATRICE.
Qui te dit de rien faire de pareil ?
DON ROCH
Vous autres, qui vous payez toujours de pareille monnaie. Est-ce que je ne te connais pas? crois-tu que tu m'en imposes ?
DONA BÉATRICE
Tu es vraiment L'homme le plus insupportable que je connaisse.