‹ Caldéron (volume 5)Chapitre 85 sur 250 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

MUOMOZ.

C'est une chose claire.

Tu t'en vas?

Je m'en rais.

DOM BOCH

MUG1702;.

(Il va pour lorlir. )

DON ROCH

Non, Mugnoz. Dis-moi ce que tu penses de cette affaire , et ce que je puis faire.

MUGNOZ.

Parbleu, j'ai la tête rompue de m'entendre tant demander mon avis. Pourquoi hésitez- vous? Que votre hôte et son domestique sortent de chez vous à l'instant même; que votre sœur, qui est lie trop ici , s'en aille aussi demeurer che^ elle. Gardez votre femme ^ monsieur; gardez-la, car elle est jeune et jolie ; et vous , vous n'êtes rien moins que jeuae et galant. Vous ne lui permettrez jamais ni festins, ni sérénades, ni liaisons avec d'autres femmes, ni promenades , ni rien en un mot qui puisse la distraire de son aiguille et de son ménage ; et ne pensez pas encore que cela atteigne le but. Pour le moment... Mais,, au bout de tout cela,.... il faut toujours. ... Enfiji,je ne dis rien.... Faites ce qiie vous voudrez^; c'est assez de conseils comme cela...

DON ROCH

Attends, Mugnoz. Dis-moi, faut-il donc que j'emploie tant de soins et; de vigilance pour conserver mon honneur ?

i5o LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE,

liUGNOZ.

Et si , pendant que nous nous occupons ici de le conserver, votre hôte est dans la salle à courtiser madame, nous n'avancerons pas les affaires.

DON ROCH

Il n'y a rien à craindre; je le tiens enfevmé dans ce petit cabinet de mon bureau. J'ai fait semblant de vouloir empêcher la chatte de s'enfuir; j'ai ôtéla ch£, et maintenant il ne peut sortir sans que j'aille lui ouvrir.

MUGNOZ.

Superbe invention ! Eh bien , vous leur donnerez donc leur congé ?

DON ROÇH.

Sans plus tarder^ et je suis déterminé à cej^u'aucun d'eux ne passe la nuit chez moi,

Ne vaut4l pas mieux encore qu'ils s'en aillent avant le dîner ?

DON RQCH.

Oui , sans doute | et il le faut.

MUGNOZ.

Je vois venir votre sœur, cette chère veuve > la conseillère et la compagne de madame. Eh bien, vous pouvez commencer ; vous savez que l'occasion perdue ne se retrouve pas.

DON ROCH

Nous verrons ; mais jje doute que je vienne à bout de ce dont nous venons de convenir.

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