‹ CalderonChapitre 31 sur 93 · IK>N T^LIX · texte numérisé non relu

IK>N T^LIX

C'est un de mes amis, seigneur, qui est venu à Milan pour affaires, et qui, me sachant ici, m'a fait l'honneur de me venir voir. [A don César.) Approchez, don Félix.

LIDORO.

Qu'ai-je entendu? Il s'appelle don Félix?

DON FÉLIX

Oui, seigneur.

DON C1^9AR

Excusez-moi de ne vous avoir pas baisé la main avant de vousèlre présenté par don César.

LIDORO, d pttrl.

Je dois remplir mon devoir. (A don FêHm,) Quel est le nom de famille de votre ami don Félix ?

DON F#LIX

11 le nomne don Félix Golona.

LIDORO.

Don Félix Colona?

DON Fiux.

Oui, seigneur; d'où vient votre élonneraent?

LIDORO.

le rais Aehé de Favi^r entendu nonmer.

DON CÉSAR

Quoi l VOUS n'aimez pas quo }e porto ce nom?

LIDORO.

Il est vrai; j'aurais donné beatieoup pour vous trouver ce matm; je ne donnerais pas moins en ce monoiit pour bo toim tft^r pas trouvé.

DON CÉSAR

Que TOUS fait mon nom, seigneur t

UDO&o, à êen WéKm.

Je ne sais comment vous dire, don César , que mes devoirs , ma vie, mon honneur, veulent que j'arrête votre ami, et c'est pour c«la que je suis peiné de le trouver dtfeez^ moi avec vous.

DON FÉLIX

Qttoll Tout T^uleianréleF «ion Fdtix?

UDORO.

Oui.

DON CÉSAR

Moil et pourquoi?

UDORO.

Ne faites point l'étonné; car vous savez noieux que moi si vous avez ou non escaladé la maison d'un vieux gentilhomme et enlevé sa fille en tuant un éc^yer à elle. Le duc de Parme vient d'en écrire au gouverneur, afin qu'on vous arrête, vous et la dame, qui se nomme doîîa Violante et qui est fille du seigneur Aurelio. {A don Félix.) Ainsi vous reconnaîtrez que je ne puis pas faire autrement que d'arrêter votre ami.

DON césAR, à part.

Quelle rencontre inconcevable l C'est don Félix qu'il cherche, et non pas moi I

DON FEUX , à part, Eêtr-ce que c'est moi par hasard qui aimais dona Violante ?

DON CÉSAR, à part.

N'est-ce pas pour me perdre qu'elle dit faussement que j'ai voulu l'enlever t

DON FÉLIX , à part.

Et moi, eomment puis-je avoir commis ce crime T

UDORO, à don Cë$ar.

Que dites-vous?

DON CÉSAR

Je dis, seigneur, que je n'ai enlevé aucune dame, et qu'on vous a trompé.

UDORO.

J'en serai charmé. Cependant rendez-vous à moi , et sans counr aucun risque vous serez ici mon prisonnier. .

DON FEUX

Songez, seigneur, que c'est par erreur et injustement que l'on accuse don Félix.

DON CÉSAR

On se sera trompé de nom.

UDORO, à don Céior, Êtes-Tous don Félix Colona.

DON CÉSAR

Oui.

UDORO.

Y a-t-il à Parme un autre cavalier qui se nomme comme vous ?

DON CÉSAR

Non.

UDORO.

Eh bien 1 c'est vous que l'on m'a désigné. If ais ne craignez rien ; il suffit que vous soyez avec don César, pour que j'aie pour vous

tous les mënagemens compatibles avec mes devoirs. Nous arrangerons l'affaire à Tamiable. Pour être intendant de la justice, je n'en suis pas moins cayalier, et je sais que ce sont de nobles fautes que celles que l'amour fait commettre. ÏDites-moi donc, je vous prie, où est cette dame ; j'irai la chercher, je lui offrirai ma maison pour asile, et j'espère que mon entremise ne sera pas inutile à votre bonheur.

DON Cl^AR.

Il n'est personne, seigneur, en qui ma confiance fût mieux placée qu'en vous ; et si je savais où est la dame dont vous voulez parler, vive Dieu I je vous le déclarerais sur-le-champ. Maia je vous le répète, vous êtes dan» l'erreur, et don Félix n'a eu aucune aventure de ce genre.

LIDORO.

S'il y a erreur, comme vous l'assurez, je vais m'efforcer de le découvrir. Cependant, si je ne dois pas vous arrêter, je ne puis pas non plus vous laisser libre. Attendez-moi la tous deux. {A don Félix.) Je vous confie votre ami, vous m'en rendrez compte. Je vais de ce pas mettre la police en campagne, et j'espère que bientôt elle m'aura

trouvé cette dame.

Utort.

DON CÉSAR

Comprenez-vous rien, don Félix, à ce qui nous arrive?

DON F^lX.

Je serais fier de ma sagacité si je pouvais y deviner quelque chose.

DON CÉSAR

Que j'aie pénétré dans la maison et enlevé sa fille, passe encore; mais que je sois don Félix et que j'aie enlevé dona Violante, voilà ce que je ne puis m'expliquer.

DON FÉLIX

Et je ne m'explique pas davantage qu'on me traite aussi bien me prenant pour don César, et qu'on vous arrête comme don Félix.

DON CÉSAR

Quoi! c'est à ma considération qu'il vous traite aussi bien?

DON FÉLIX

Oui ; il a voulu absolument que je logeasse chez lui, parce qu'il m'a cru don César.

Et moi, il m'arrête parce qu'il me croit don Félix 1

DON FÉLIX

Entrons là, où nous pourrons causer plus à notre aise, et tâchons de pénétrer comment lorsque je suis si bien traité sous votre nom, vous, vous êtes arrêté sous le mien.— Il faut que cela tienne au bonheur et au malheur du nom!

lU sortant.

1t« BONHUm ET MALHEI» VU NOM,

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