‹ CalderonChapitre 62 sur 93 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

Une clwmbre dans la maiion de Malee.

Eatrent DOf^A CLARA et BBATRIX.

Laisse-moi, Béatrix, laisse-moi pleurer, et au milieu de tant de peines et d'ennuis, que du moins mon infortune se soulage un peu par des larmes. Puisque je ne puis me venger de celui qui vient d'enlever à ma famille son antique honneur, laisse-moi gémir sur l'affront qui est à l'avenir mon seul héritage; et s'il ne m'est pas permis de tuer, que du moins il me soit permis de mourir... Misérables iémmes que nous sommes! combien la nature s'est montrée cruelle envers nous t Les plus grands dons qu'elle nous accorde, c'est l'esprit, c'est la beauté; et ces dons qui souvent ont mis en danger notre honneur ne l'ont jamais protégé 1 Nous sommes exposées tous les jours à compromettre la gloire d'un père, d'un époux, et jamais nous n'avons pu la rétablir!... Que ne suis-je née homme! Aujourd'hui Grenade aurait tu si ce Mendoce, qui n'a pas craint de

* Faabovig de Grenade.

115 41M11 APasa U. MORT,

traiter un yieillard avec tml d-ftif(ueil et d'insolence, était aussi hardi devant un jeune homme. Je ne moiMe pa# Mpenéaat à me venger ; et sans doute ooliil qni a été aatez lâche pour outrager un vieillard ne refusera point no* )u8t« léparMi*» à me âmirae... Mais» hélas 1 que dis-je? la TM^ennoe n'appartient point à ce faible hrat : tt pour totAU do iialwii» j« 8qb§» cpi» j^ai perdu en ce jour et mon père et mon époux; car désormais don Alfar Ttomi ne peut plus TWitolr dVme feine qui porte un nom déshonoré.

entr* DON ÀliYAl^

BON MTAm.

Hélasl belle CUra, n'ea^il point à*um mawrok aufwre qno j'aie

entoo^i» nviii A9i» «orUr 4o votre boiwhef Vow E*ètao ao|iurd'ini

occmtéa ^pie do vo» clMgrÎMt Qr» pttisqoevovi ponseo à qMi, e'eti

que moi awsi io 4om ^ro pour voua wi m^olét ]

Mon âme, je l'avoue, est pleine d'ennuis, efc vouf ■.'étoo poa, don Alvar, ce qui m'afflige le iQ«iwk hb destin me sépare de vous à jamais. Mon amour même le veut ainsi. Je ne puis eoqsaKlIr à ooque vous deveniez l'époux d'iwofKniwi doot le père a nerdu l'honneur.

nOPT ÀLVAIU

Clara, je ne vous rappellwoi foiot en ce moment avec quel respect, ovee quolk véoéMlion jo vouo aï tMiio«ro aùvéo, d combien j'étaia howowK de 9%k amou? ; nâk ji» deét me disaialiper d'avoir paiu d^vMit YOtM OYOnl d« irons «voir foogéo) jo dois voua diae que ce retard c'est à cause de vous, de vous &ewb^ cpuo j« Vii ûaposé à mon aoHncpah. Ce n'est pas avec une femme , je le sais, qu'il faut parler des lois du point d,'boiu>omc ; et je ne chercherai pas non plus à vous consoler en vous disant de sécher vos pleurs, parce que, entre hommes désomés et éana mie salle do conseil, il ne peut exister ni oifenso ■! Ilaalto. Maù je deit voua éire, pour me justifier, que si je n'ai pas encore TOOgé votre père en perçant le sein de Qlewioc^i e'oal fu'U o' y % do eomfdéto loKisÛMliQii pono rai eCsnsé que o^lo qo'U obtieoA por tui^oA^mA, ou por k^ mala é'uo itère plus jeune que Ui^ ou par lo mmm d'uo fil^* C'en pourquoi^ afin de pouvoir ¥eo|fes ¥Oti!0 père» jo vie«& UA do nn a d er votoe main ;: ear aloirs je serai soa %t% ot olOKi younai le dfoit 4o laver son iofwre dana le saut <^c. VoS^Bamv. Voilà, beUo Claso^ le molâf qni m'amèoe. Si jjuaqu'à naésont jo n'ol pas exprima wm vcmo, «^ast qm moa peu de forWoo we ooflBwapdait le sileneo. Mais aujourd'hui» ^pfèa ce fui ^'est. p^wié« jo parlerai ; jo lui deiiooderai aa dot vm affiaose, et i*9\ V^poûr <|^'ii no repoussera p^is ma prière»

CLAIU.

Moi son pliM, don Alvar, je no vou« nappellevoi poi o» ce noneAt et U liAcérlté d^ won amour eli la (HKWWMiee 4« «o foi. Jo ao vous dirai pas que je succombe aujourd'hui sous le naîdA 4'Ufiâ d/^l®

KMmNÉE I, 9GÈNB n. 99r

offense. Non, je tous aime; je tous aime avec un dévouement absolu ; vous êtes la vie de mon âme et l'âme de ma vie... Mflîs ce que je dois vous dire, malgré le trouble où je suis, c'est que celle qui eût été hier votre esclave ne sera pas aujourd'hui votre épouse. Si hier vous n'osiez pas aspirer à ma main, et si cette hardiesse ne vouff est venue qo'eojowdlnil; mot, de mon eôté. Je deis, dans votre intérêt^ «ujevNi'hui, roue refuser. Mebe et henorée, je ne me croyais pas digne de vous ; je ne me flattais d'un tel bonheur que parce que je le souhaitais. Comment pourrais-je maintenant toof entraîner dans ma disgrâce ? et ne dirait-on pas dans le monde que pour obtenir ma main vous avez attendu que je fosse désba« of éfl ?

DON JlLt^R.

le te ▼€« pe«r fou» t«iiger.

CLARA

Je vous aime trop pour Taccepter.

DON ALVAR

N'est-ee pas vous prouver ma tendresse?

CLAAJI.

N'est-ee pas vous montrer mon dévouement?

DON ALTÀft.

Vous ae pourrez voua j refuser.

Je pourrai me donner la mort.

DON ALTAII.

Je dirai à don Juan que nous nous aimons.

Ja liii 4iiil qa» vow étaa dans rorrvw •

BON ALVAII»

Quoi I cTest là rotre constanee ?

Ainsi le f evft Hioaneur.

DON ALVAil<

Vous Tentiez votre amour pour moi !

CLABA.

A présent je vous le prouve , et je jure, devant le ôêA fui na^en^ tend, je jure que jamais, non jameisr je ne donnerai à un homme le nom d'époux tant que mon honneur ne sera point rétabli dans son premier éclat.

DON AtVAlk.

Ehl qu'importe, Clara, si mon épée...

BÉATRIÎ.

Voici mon maître, n monte daos cet appartement avec d'^autres cavaliers.

CLARA

Cachez-vous, Atvar, dans cette pièce.

DON ÀLTAR.

HélAf!

Destin cruel I

Don Alyar le ctche.

Entrent DON JUAN MALEG, DON ALONZO DB ZUfïIGA, LE GORRÉ- GIDOR, DON FERNAND DE YALOR, et d'antres cavaliers.

aart?

Seigneur?

MALBC.

Ahl ma fille, dans qael diagrin je te revoif t Entre un moment dans cet appartement.

Qa'ettHse doneT

De là ta ponrrat tout entendre.

Clara sort.

LB GORR^GIDOR.

Don Juan de Mendoce est déjà renfermé dans l'Alhambra. Vous Youdrez donc bien, jusqu'à ce que cette affaire soit arrangée, demeurer prisonnier chez vous.

MALBC.

J*aoeepte Tolontiers cette prison, et m'engage à n'en point sortir.

DON FBRNAND.

Vous n'y resterez pas long-temps. Comme les affaires d'honneur ne sont point du ressort de la justice, le seigneur corrégidor m'a permis de tenter un accommodement, et j'espère y réussir.

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