II
M LB raiB N'EST PAS TOmOOllS CBBTini.
DON JUAN
Hier vous veniez de sortir... vous n'aviez pas voulu passer la nuit chez moî, et je n'avais paê cru devoir voua presser... toug aviez également refusé l'offre que je vous faisais de vous accompagner. Bref, après voire départ, voulant me retirer, j'avais examiné toutes les portes de ma maison , par l'effet d'une vieille habitude ti »arts avoir aucun soupçon ; je veiifiis de rentrer ddns ma chambre, et ag\ié par les événemens de la journée, je de poiivdli m'eûdormlr i toute sorte d'imaginations se présentaient â moi, et a peine fermais-je les yeux que le sommeil aussitôt s'enfuyait. Tétais depuis quelque temps dans cet ë(at, lorsque, — je frémis de le dire, — > J'eliteuda ouvrir Une fenêtre d'une pièce qui donne sur la rue. t'entent d'aboM que C'était quelque servante de la maison qui voulait causer, J'etltr'ouvrissans bruit ma fenêtre pcrur Voir qui c'était. Je me proposais, si j'entendais quelque chose qui me la fît distinguer, de remédier au mal sans faire aucun éclat, t'ersonne n'était dans la rue, et, désabufé, chassant au loin mes vains soupçdhâ, je ttie flgurials déjà que le bruit que j'avais entendu, c'était le vent ((ui TaVAit occasionné. Maia avec quelle facitilë s'ëvanouit l'espoir da bien qu'on imagine ! Au même instant je vis un homme qui descendait par le balcon. Je courus me saisir d'une arquebuse. Mais à peine de retour à la fenêtre, j'aperçus cet homme et un autre qui dl^afaîasaient au détour de la rue. En même temps on referma la fenêtre, afin. Sans doute, qu'il hé me téêiki point cette vâlhe eot^^OlAtion que ce pouvait être dès toleUfi | et Je dus être bieu côntaindi que la personne qui refermait la croisée était la complice de tëut qui avaient fui. Je voulus m'élancer apféâ eux ; mais je reconnus bientôt que cela ne me servirait à rien ! ils cottraient de toutes leurs forces, et avaient de l'avance mt mol II ne me restait donc plus qu'à t&cher de savoir lac^uelle des femmes de la maison sérail éveillée et debout à cette heure ifidiie i (lour cela j'ouvris la porte de mon appartement. Mais, par malhedl'. Celui de ma scBUr était fermé. Je n'avais donc plus Hêfl à falfé : car en frappant, toutes les femmes se seraient éiiluéà h U Mê ; J'aUrKiâ pu Mopçooner la plus innocente, et la coupable se serait mise pour une autre fois sur ses gardés . 1 1 ft'éit pfl9 âe plua grande tnprudenee à mn homme offensé que de rétéler refUtrUge qu'il a reçu lorsqu'il n'est pas en état d'en tirer satisfactiofi. AoMl je ne changerai rien dans ma maison, ni dans ma manière d'êtfé ; on me verra tel qu'on m'a vu jusqu'à présent ; et je saurai diMlmuler mes inquiétudes et mes soupçons. Mais pour atteindre mon but, il me faudrait un ami s<kr qui pût veiller au dehors si je suis chez moi ; otl chez ttoi« si je viens à sortir. Puis donc que je suis forcé de me cotiiier à urt autre* à qui pourrais-je mieux m'adresser qu'à vous, qui, comme je le disais, êtes la moitié de mon àme, et qui en qualité d'ami et de parent detez prendre tant de part à ce qui m'arrive? Veuillez écouter mon projet. J'ai
dans mon appartement un cabinet dans lequel il n'y a que des livres et de vieni papiers, et où jamais n'entre aucun domestique. — Si vous roulez bien vous y cacher... {On firappe.) Mais n'enlendsje pas frapper?
DON CARLOS
Attendez. — Qui ya là ?
FABio, du dehors.
C'est moi, seigneur, ouvrez vite.
DON CARLOS, ouvrant.
Pourquoi frappes-tu, lorsque tu yois que je m'étais enfermé?
FAMO, entrant.
C'est qu'il y a du douvmu, ei il faut que vous le sachiez tout de suite.
DON CARLOS
Qu'est-ce donc?
FApiO.
Comme je vous attendais à la porte, j'ai yu arriver w habits de voyage le père de LéoQor, qui venait demander fi l'op pouvait le loger.
Que dis-tu?
fABIO.
Ce que j'ai vu. Vous sentez bien que je ne pouvais pa« tarder à ^ vous apprendre cela ; d'autant qu'on lui a répondu qu'on avait un appartement à lui donneri eti^u'on l'a placé Ik, à c4té, d'où il vous verra, si vous ^ortoh
DON CARLOS
Mon malheur est au comble t il vient sans doute à Valence pour m» poursuivi» aiaii qiu Léonor.
DORIOAll.
Vous connaitHii?
DON CARLOff.
CartainemaBl.
DON lUAN, à FeàU, Épie donc le moment où don Carlos pourra sortir sans être vu, et avertis-nous aussitôt.
FABIO
Le moment, je crois, serait favorable ; car il vient d'entrer dans la chambre qu'on lui a donnée.
DON fUAN.
Ehbl^nl comipencoDs par sortir d'ifiii et puia nous verroni ce que nous avons à faire.
DON CARLOS
Sortons an phis idt, cher don luan.
Venez chez moi. C'est maintenant votre avantage autant que le mien, que vous soyez caché dans ma maison.
DON CAHLOS.
Que de petites !
DON JUAN
Que d'ennuis 1
DON CARLOS
Ah I Léonor» combien tu me coûtes I
Ils sortent.