‹ CalderonChapitre 7 sur 93 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Une ekambre dans nne hôtellene.

Entrent DON CARLOS et FABIO.

DON CARLOS

Tout esl-il prêt f

FABIO

Oui, monseigneur, le linge, les yaliset, tout est préparé; il ne manque plus que des chevaux de poste

DON CARLOS

Il faut eneore autre chose.

FABIO

Quoi doncf

DON CARLOS

Arertir don Juan que je pars ce matin, afin que j^ puisse prendre congé de lui.

FABIO

Il n'est donc pas instruit de votre départ?

DON CARLOS

Ni lui ni Léonor ne le sarent, car hier an soir encore je n*ëtais pas décidé.

FABIO

Alors je rais rarertir.

Non, attends. I! semble qu'il ait deviné mon désir ; le voilà qui vient, quoiqu'il fasse à peine jour.

EnU-e DON JUAN.

DON CARLOS

Si matin, don Juan? •— Qui vous a fait lever d'aussi bonne heure?

DON JUAN

Je pourrais vous adresser la même question. Où allex-vous si matin?

DON CARLOS

Hier au soir, en rentrant, j'appris que deux galères d'Italie étaient mouillées à Vinaroz, et c'est une occasion que je ne dois pas négliger. Autrement je ne sais quand je pourrais quitter Léonor, et je souffre trop à ne pas la voir, étant si près d'elle. Le plus sage est de fuir. Et maintenant que je suis tranquille sur son sort, avec votre permission, don Juan, je pars aujourd'hui*

DON JUAN

Cette permission, don Carlos, s'il dépendait de moi de vous l'aceorder ou de vous la refuser, ce me serait un grand soulagement dans mes chagrins que de pouvoir vous garder encore quelque temps.

DON CARLOS

Ou'estrce donc f

DON JUAN

n faut que vous restiez ici quelques jours de plut. Il y va de mon repos, de ma vie.

Eibio !

PABIO.

Seigneur?

DON CARLOS

Quand les chevaux viendront, ta les renverras. [Fabio sort.) Vous voyez, don Juan, que vos désirs sont des ordres pour moi. Qu'y a-t-ii de nouveau?

DON JUAN

Nous sommes seuls?

Oui.

DON CARLOS

DON JUAN

Veuillez fermer cette porte.

DON CARLOS

La voila fermée. — Eh bien I qu'est-ce doncJf

DON JUAN

C'est, mon cher Carlos, un si grand malheur, une si grande peine, que je ne la confierais qu'à vous seul au monde; a vous, mon ami, dont l'Ame est la moitié de la mienne ; à vous, mon parent issu du même sang que moi. Voyez comme, d'un jour à l'autre, tout change avec la roue de l'inconstante fortune. Hier, dans vos chagrins, vous •vîntes réclamer mon aide; aujourd'hui, c'est moi qui viens réclamer ;Ia vôtre. — Ahl quelle pitoyable Infortune que la mienne, puis- Iqu'elle se hâte ainsi de réclamer ce qu'on lui doit !

Qu'est-il donc arrivé depuis hier au soir qui vous ait troublé à ce point?

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