‹ Caleb Williams, ou, Les choses comme elles sontChapitre 11 sur 130 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

tes espérances, s'est flétrie soudain. Sa sensibilité a été paralysée par une suite d'événements de la nature la plus mortifiante et la plus cruelle pour une âme comme la sienne : après s'être nourri des rêves d'un honneur visionnaire, il prétend que la blessure reçue par son orgueil n'a plus laissé survivre que la partie la plus grossière, l'enveloppe purement matérielle de Falkland. »

Ces réflexions de mon ami Collins ne servirent qu'à irriter ma curiosité, et je le pressai d'entrer dans une explication plus étendue. Il ne se fit pas beaucoup prier, pensant bien que, quelque réserve qu'il se fût imposée sur cet article, sa discrétion eût été déplacée à mon égard, et regardant comme assez probable que, sans l'état de trouble et d'agitation où il était, M. Falkland lui-même aurait été disposé à me faire la même confidence. Afin de donner à cette succession d'événements toute la clarté possible, je joindrai au récit que me fit alors M. Collins divers éclaircissements que j'ai reçus d'ailleurs dans la suite. Au premier coup d'œil, le lecteur pourra croire que ces détails de la vie passée de M. Falkland sont étrangers à mon histoire. Hélas ! une cruelle expérience me fait sentir le contraire : en retraçant ses infortunes, mon cœur saigne comme

CALEfl WILLIAMS.

si elles étaient les miennes propres. Comment pourrait-il en être autrement? ma destinée tout entière a été liée à son histoire : c'est parce qu'il fui malheureux que mon bonheur, mon nom, toute mon existence ont été à jamais llétris.

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