CHAPITRE M. Bl
égard* et il ont grand soin do la régler sur lo modèle d'héroïsme quo lui offrait son imagination.
Tels étaient ses sentiments, lorsqu'à l'âge ordinaire il commença son tour d'Europe; les aventures qu'il eut furent plus propres à fortifier ses idées qu'à les ébranler. Son inclination le porta à s'arrêter plus longtemps en Italie, et là il se lia avec plusieurs jeunes seigneurs, dont les études et les opinions étaient conformes aux siennes, qui le recherchèrent avec empressement, et lui donnèrent les marques les plus flatteuses de leur estime. Ils étaient charmés de voir un étranger adopter aussi vivement les principes qui caractérisaient parmi eux les hommes les plus distingués et les plus accomplis. Le beau sexe ne le traita pas avec moins de faveur. Quoique do petite taille, il y avait dans toute sa personne un air de distinction peu ordinaire. Cet extérieur était alors relové par d'autres qualités qui depuis se sont effacées : une vive expression de franchise et de naturel, l'ardeur et l'enthousiasme de la jeunesse. Jamais peut-être Anglais ne fut à ce point l'idole de la société italienne.
Il n'était pas possible quo Falkîand, enivré comme il l'était dos idées do la chevalerie, n'eut
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pas de temps en temps quelques affaires d'honneur, et il les termina toutes d'une manière qui n'eût pas fait honte au chevalier Bayard luimême. En Italie les jeunes gens de qualité se divisent en deux classes : ceux qui tiennent à la pureté des principes des anciens preux, et ceux qui, non moins chatouilleux sur le point d'honneur, ont à leur solde des bravi qu'ils emploient pour le moindre affront comme instruments de leurs vengeances. Ils ne varient, comme on voit, que dans la manière d'appliquer une règle généralement adoptée parmi eux. Le nohle Italien le plus généreux n'eu pensera pas moins qu'il y a certaines personnes avec lesquelles on ne saurait se mesurer sans déshonneur. Or, comme, suivant lui, un outrage ne peut se laver que dans le sang, il est convaincu qu'auprès de la réparation due à son honneur offensé, la vie d'un homme n'est qu'une bagatelle. Il y a donc peu d'Italiens qui, dans certaines circonstances, se fissent scrupule d'un assassinat. Les nobles cœurs ne peuvent, malgré les préjugés de leur éducation, se défendre de sentir la bassesse d'une pareille lutte, et ils désirent étendre aussi loin que possible le cartel de l'honneur. Les autres, par une arrogance réelle ou affectée, s'accoutument à regarder tous