CHAPITRE IX. 1 r
sait une Pois en pratique, de leur ôter peur jamais les moyens de diriger une élection. Les paysans n'étaient déjà que trop indociles et trop obstinés par eux-mêmes; il devenait tous les jours de plus en plus difficile de les tenir dans la subordination, et, si les gentilshommes en venaient à se soucier assez peu du bien public pour soutenir ces gens-là dans leur insolence, il était impossible de prévoir où les choses pourraient aller.
M. Tyrrel n'était pas homme à se laisser influencer par ces remontrances. Ce n'est pas qu'en général l'esprit qui les dictait ne fût trèsconforme à ses propres sentiments ; mais il était d'une humeur trop violente pour avoir un caractère politique, uniforme et conséquent, et, quels que fussent les écarts de sa conduite, il n'était pas homme à se laisser remettre dans le droit chemin par les avis des autres. Plus on trouva mauvais la protection qu'il donnait à Hawkins, plus il se montra inflexible et opiniâtre; et, sans se donner la peine de disputer avec ceux qui le censuraient, il ne lui fut pas difficile de les réduire au silence et d'étouffer leurs voix dans les clubs et les autres assemblées. D'ailleurs, Hawkins avait certaines qualités qui étaient propres à en faire un favori de
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\f. Tyrrel. Ses manières brusques et son caractère peu traitable lui donnaient une sorte de ressemblance avec son seigneur; comme ce n'était guère à M. Tyrrel lui-même, mais plutôt aux personnes qui avaient encouru le déplaisir de celui-ci qu'il était dans le cas de faire sentir F effet de ses dispositions, son maître ne les remarquait pas sans une sorte de complaisance. En un mot, il recevait chaque jour de nouvelles preuves de la bienveillance de ce protecteur; au bout de quelque temps il fut nommé collègue de Aï. liâmes dans la place de receveur des fermages, et, à peu près à la même époque, il obtint un bail de la ferme qu'il occupait.
M. Tyrrel était résolu d'avancer la famille de ce fermier favorisé toutes les fois qu'il en trouverait l'occasion. Hawkins avait un fils, garçon de dix-sept ans, d'une figure fort agréable, vif, alerte et plein d'heureuses dispositions. Ce jeune homme était extrêmement aimé de son père, qui semblait n'avoir rien tant à cœur que l'avancement et le bonheur de son fils. M. Tyrrel l'avait déjà distingué deux ou trois fois, et en avait paru très-content; le jeune garçon, qui avait quelquefois suivi les chiens à la chasse, avait eu souvent l'occasion de faire montre de son ndresse el de son agilité en présence du squire.