‹ Calendrier belgeChapitre 17 sur 38 · II · texte numérisé non relu

II

cardeurs, fripiers et pavears à Liège ToDt choisi pour patron.

A Bruxelles, la kermesse dite de Saint-Bocb attire chaque année beaucoup de monde dans le quartier où elle se chôme.

A Liége(l), les enfants des classes pauvres érigent de petits autels dans les rues et demandent aux passants quelques cents a pour acheter des cierges. »

Dans le pays de Limbourg, on fait bénir ce jour de petits pains que Ton donne aux bestiaux pour les préserver de maladies.

Dans les Àrdennes, a lieu un pèlerinage très-fréquenté à Tabbaye de Bernard-Fagne, autrement dit Saint-Roch.

L'origine de cette abbaye ne remonte pas à une époque aussi reculée que celle de quelques autres couvents : elle date seulement du douzième siècle, de Tan 1159, ainsi que Tattestent les archives de Stavelot.

A un quart de lieue de Tabbaye s'élève une montagne escarpée dont le sommet, couronné par des tilleuls qui portent le nom d'arbres de saint Roch, est le but des pèlerins et en même temps un des points de vue les plus beaux des Ardennes.

Au nord et à Test se dessinent les montagnes, les forêts, les bruyères des Ardennes. A Touest se développe le Condroz si pittoresque. Au nord se montrent le bel amphithéâtre formé parTancien ban de Sprimont et les campagnes qui en descendent vers Remouchamps, pour se réunir aux rochers qui limitent le cours de TAmblève.

Au pied de cette montagne, on voit partout le jour du pèlerinage,

{i ) Dans la ville et le diocèse de Liège, saiot Roch est particulièrement vénéré. A côté de la cathedra le il y a un endroit dit le « Trou de Saint-Roch, » qui fut préservé seul de la maladie, suivant la tradition, pendant Qoe épidémie cruelle, à cause d'une statue du saint qui s'y trouvait. C'est pourquoi il 6*éleva dans la ville plusieurs confréries sous l'invocation de saint Roch, dont les maîtres, le jour de la fête du saint, vont chaque année en pèlerinage à la chapelle de Saint-Roch en Ardennes.

des tables chargées de bouteilles de liqueurs, de petites miches et des pains d*épices, etdevant Tabbaye une quantité de tentes, formées de draps de lit tendus sur quatre piquets, et disposées en rues, sous lesquelles des milliers de personnes, assises à des tables, se régalent de « tartes, » de bière, de liqueurs, s*agitant comme des abeilles dans une ruche. Ce sont surtout les galets, sorte de gaufres de farine d*épeautre, faits à Aywalle, qui jouissent d'une grande réputation parmi les nombreux pèlerins de Saint-Roch en Ardennes (1).

La chapelle de Saint-Roch, qui s'élève au fond de la plaine verdoyante de Fumay, est un pèlerinage très-fréquenté. Un des clous qui maintiennent la gâche de la serrure, brille d'un éclat extraordinaire, parce que les jeunes filles, dès que l'âge leur a donné la taille nécessaire pour y atteindre, viennent y appliquer des baisers en croyant ce moyen infaillible pour se procurer un mari (2).

A Termonde se célébrait autrefois la fête patronale de la chambre de rhétorique de Saint-Roch ou « deDistelvinck o chardonneret, dont les membres étaient appelés par le peuple a de Rockenaers. » Leurs chartes datant de l'an 1489, ils ne sont pas beaucoup plus modernes que les o Rosiers. » Ils avaient érigé à leurs frais une chapelle de Sint-Rochus (3), et le jour de leur patron ils faisaient des présents (uitdeelingen) aux chanoines comme seigneurs du territoire, de même qu'à tous les corps de la ville et aux confréries.

Le jour de la consécration de l'église, avant midi, les membres parcouraient la ville en traîneaux, représentant des jeux divertissants, et l'après-midi ils jouaient des comédies sur une scène ou-

(4) Bovy, t. H, 447-449, SO- IS) G. d. V. e. A., I, Î54-5.

(3] La chapelle de SintrRochus fut bâtie par Jacques et Jean Van Ny^ele, Romain Danckoert et Bartholomée Panneman, qui reçurent de Tévéque de Cambrai la permission d*ériger une confrérie de Sint-Rochus. Les « beereo vén 't Rechtsgebiet » confirmèrent les statuts de cette coofrérie, qui subsista jusqu'à la révolution française.

verte, élevée sur la grande place. Ces représentations dramatiques se répétaient plusieurs jours durant, et la ville en faisait les frais (4).

A Huy se célèbre la fête de Saint-Quiria qu'on invoque surtout contre les plaies aux jambes, appelées : « Mal de Sainl-Quirin. »

Dans l'église consacrée en l'honneur de ce saint, on dit plus de 800 messes par an, et il est d'usage que chaque patient du mal de Saint-Quirin qui vient en pèlerinage à Huy pour invoquer l'intercession de ce saint contre sa maladie, mendie l'argent dont il a besoin pour faire dire une messe.

On lave à cet effet les plaies avec de l'eau bénite.

!> août* — (i4 n(0rrAtnum Ltnarta.) Saint Anastase; sainte Judith ; sainte Julienne ; saint Libérât.

Le 17 août est un jour de triste mémoire pour les habitants de Bruxelles : c'est l'anniversaire de la bataille de Scheut.

Le comte de Flandre, Louis de Mâle, qui réclamait, comme gendre du duc Jean III, une part dans le duché de Brabant, était venu camper en vue de Bruxelles à la tète d'une armée qu'une relation fait monter à cent mille hommes. Son beau-frère, Wenceslas de Luxembourg, se trouvait aIorsàMaestricht,et il n'y avait à Bruxelles que des troupes bien inférieures en nombre. Cependant, les capitaines brabançons, trompés, à ce que l'on assure, par de faux rapports, résolurent de livrer bataille. Les Bruxellois, en sortant de la ville, prirent chacun, dans la grange à la dîme de Molenbeek, un fétu de paille, qu'ils placèrent, pour .se reconnaître, dans leurs ceinturons. Leur première attaque fut si vigoureuse, que la victoire parut d'abord se déclarer pour eux. Le comte de Berg, avec ses hommes d'armes, enfonça

(1) Martetius, p. 38-39.

Taiie gauche des Flamands et fit plusieurs prisonniers; mais, au centre, le nombre remporta. Au moment le plus décisif, le sir d'Assche, porte-étendard héréditaire du duché, jeta le drapeau qui lui était confié et prit honteusement la fuite.

Un brave écuyer, Abraham Van Couinxloo, qui habitait à Grimberghe le manoir de Ten-Dale, voulut relever Tétendard ; mais le chasseur du sir d^Assche, Borse, de Laeken, s^élança sur lui et le tua. Se croyant trahies, les milices communales de Bruxelles et de Louvain se retirèrent en désordre. Chargées avec fureur par la chevalerie du comte, elles furent mises en déroute, et un grand nombre de bourgeois, qui avaient échappé à Tépée, périrent dans la Senne et dans les étangs voisins.

Voilà pourquoi les habitants de Bruxelles nommèrent la journée du 17 août 1356 « mauvais mercredi » ou <c quaden goensdag » (1).

Le môme jour, en 1479, eut lieu la célèbre bataille de Guinegate, où Maximilien remporta la victoire. Rendant hommage à la sainte Vierge dece brillant succès d'armes, il Talla remercier de sa protection au sanctuaire de Dadizeele (2).

1^ aoûU — (TVi^etoffrecfa.) Sainte-Hélène; saint Aroould.

Il n y a que Téglise de Guslinne, près de Dinant, dans le diocèse de Namur, qui soit consacrée en Thonneur de la sainte Impératrice, à laquelle nous devons Finvention de la Sainte-Croix.

Saint Arnould, évèquc de Soissons, dont la fête se célèbre le 15 août, est patron de Féglise de Tiegheni, paroisse du doyenné d*Avelghem, dans le diocèse de Bruges. Ce saint, qu'invoquent surtout les femmes enceintes, à Teffet d'obtenir par son intercession une heureuse délivrance, est né à Tieghem et décédé à Oudenburg, dans le diocèse de Bruges, où il avait fondé une abbaye.

A peine adolescent, il avait obtenu une grande réputation, tant par son esprit que par ses vertus. Il prit d'abord le parti des armes, et se distingua autant par sa piété que par sa bravoure, sous les drapeaux des rois de France, Robert et Henri I"; maisaussitôtqu'il eut appris la mort de son père, il usa de son indépendance pour s'enfermer dans l'abbaye deSaint-Médard,àSoîssons,ety vécutdans ^ une grande austérité. Élu abbé, il se démit bientôt de la prélature pour revenir à son humble cellule; mais peu de temps après il fut appelé par la voix unanime du clergé et du peuple au siège épiscopal de Soissons. Chargé par le pape saint Grégoire VII, d'une mission très-difBcile, près du comte Robert-le-Frison, il l'accomplit avec tant de succès, que les nobles du pays le prièrent d'aller dans les cantons de Bruges, d'Oudenbourg, de Tourhout, de Ghistelles et de Fumes, que la discorde et la vengeance ensanglantaient tous les jours, pour y rétablir la paix. A leur demande, il s'en alla humblement vêtu et monté sur un âne, et il réussit à réconcilier les partis. Retourné à Soissons, il entendit une voix du ciel qui le rappelait en Flandre, et là il mourut le 18 août 1087 (1).

(0 Wonderleven van den H. Arnulphus ou gemeynelyk geseyt Àrooldus,bi8scbop van Soissons. Brussel, 4749; De Smet, M. d. M, p. 464-466.

1 0 aoù t.— (PA/0umpannicu(atttm ) Saint Joachim, père de la sainte Vierge ; saint Jales ; saint Louis, évèque ; saint Sébald.

En bonne lune un des meilleurs jours pour semer des raves, car saint Sebald, à ce que disent les paysans, changea, pour le pauvre, des glaçons en bois; il peut donc obtenir de Dieu que chaque semence se change en une forte racine (1).

!20 août. — {Apargia autumnalis.) Saint Bernard, abbé de Clairvaux, en l'honneur duquel neuf églises sont consacrées.

Les religieux qui portent le nom de ce saint réformateur de l'ordre deCîteaux, ne possèdent plus en Belgique que deux couvents, dont l'un se trouve à Bornhem dans le diocèse de Malines, et Tautre à Charneux, dans le diocèse de Liège. Les membres de ces deux congrégations s'occupent d'études ecclésiastiques, de l'instruction des enfants ou du service des paroisses.

Les Bernardines, qui s'appellent a Dames bernardines hospitalières, » s'adonnent au soin des malades et des vieillards dans les hôpitaux civils; celles qui se nomment « Sœurs bernardines de Tordre de Citeaux ou religieuses bernardines » s'occupent de l'instruction gratuite des filles pauvres. Elles comptent encore quatre communautés, à Audenaerde, à Gand, à Kerniel et à Gilly.

Le jour même de la fête de leur patron, les Bernardins vinrent

(4) Goremans, p. 86.

s'établir au lieu dit Monl-Sainte-Marie, qui leur* avait été donné par le seigneur de Berlaere^ en 1287. Leur couvent, situé sur l'Escaut, et plus coiinu sous le nom de Saint-Bernard, sert aujourd'hui de maison de force. Après Tincendie de leur abbaye, en 1582, les religieux de Saint-Bernard se réfugièrent au château de Coolhem, situé à Puers, près du hameau de Calfort, à cinq lieues de Bruxelles, où ils restèrent jusqu^en 1616 et bâtirent une chapelle en l'honneur de saint Bernard. Celte chapelle, où l'on conservait quelques reliques de l'éloquent abbé de Ctteaux, attirait autrefois, le jour de Saint-Bernard, un grand concours de monde (1).

L'église de l'ancienne abbaye de Nazareth, près et au nord de la ville de Lierre, était également le but de nombreux pèlerins.

Cette abbaye de l'ordre de Cîteaux, fondée par te riche chevalier Barlhélemi Van der Aa, en 1220, pour des demoiselles nobles, dont sa fille cadette Béatrix fut la première abbesse, possédait quelques reliques de saint Bernard, qui s'exposaient à l'église durant l'octave de sa fête.

Pour les habitants de Lierre, ce pèlerinage était une espèce de kermesse. Pères, mères, enfants, riches et pauvres, tous se rendaient l'un ou l'autre jour de l'octave à l'église de Nazareth, et après y avoir prié et bu trois gorgées d'eau bénite, contenue à cet effet en degrands * vases à côté et hors de la porte de Téglise, on passait la rivière pour s'amuser au faubourg de Lisp, qui devait son origine à ce pèlerinage. On y trouvait des gâteaux appelés « Bernardus-vlaeijen, » flans de saint Bernard, de la cavesch, bière double de Lierre, et des parties de danses.

|l) B. M., p. 473; H. d. E. d. B., t. II, 583.

ut 1 eLoiktm—iTagetes patula ) Sainte Jeanne-FraDçoise de Frémiot de Chantai ; saint Anastase; saint Philibert.

La fètc de Saint-Philibert se célèbre particulièrement à Novillesur-Mehaigne, paroisse du doyenné dePerwez,au diocèse deMalines, dont Téglise est consacrée en son honneur.

Le dimanche qui suit le IS août donne lieu à beaucoup de kermesses et de fêtes transférées de l'Assomption à ce jour.

A Aerschol, Tune des plus anciennes villes du Brabant que patronne la Vierge, commence la kermesse.

La procession qui a lieu le premier jour^ ne se distingue pas moins par la pompe que Ton y déploie que par le concours de fidèles qui se pressent sur tout le parcours du cortège. La belle statue de la Vierge, que Ton vénère dans une chapelle de Téglise paroissiale, jouit dans tout le pays d'une très-haute réputation et attirait jadis par les guérisans merveilleuses dues à son intercession presque autant de pèlerins que la célèbre image de Scherpenheuvel.

L^église dédiée à la sainte Vierge est l'ouvrage de l'architecte bien connu, Jacques Pickart. Vers 1500 c'était une des plus belles églises du pays. L'ancienne tour qui surmontait l'édifice, dépassait en hauteur celle de Saint-Rombaut de Malines; mais en 1S72 un ouragan la renversa. En 1575 on construisit le clocher que l'on voit aujourd'hui (1).

* A Anvers a lieu la célèbre procession qui ouvre la fête communale.

Anvers est de toutes les villes de la Belgique celle qui a toujours déployé dans ses fêtes publiques le plus de pompe et de richesses :

(0 Cb. Leyssens, Gescbiedenis ^an Aerschot. Aerschot, f853, p. 98-408; De Reume, p. 267-8 .

tout le monde connaît l'entrée que fil dans celle ville le prince cardinal Ferdinand en 1635, et que Rubens rendit célèbre par Tinvention des ornemenls de ce triomphe. Grapheus a décrit avec un soin minutieux tous les détails des fêtes célébrées à Toccasion de l'entrée de Philippe II en 1549, lorsque ce prince, accompagné de son père et des reines de France et de Hongrie, se rendit dans le Brabant pour s'en faire proclamer duc.

C'est àla célèbre officine de Christophe Planlin que nous devons Touvrage remarquable sur l'entrée joyeuse et magnifique de monseigneur François, fils de France et duc d'Anjou, en 1582.

Celte ville excitait alors l'admiration de tous les voyageurs, l'enthousiasme de tous les écrivains qui l'appelaient : fille de Mercure, souveraine de l'Escaut, la Corinthe de la Belgique.

En 1846 on abolit toutes les kermesses des paroisses en les remplaçant par la kermesse générale qui est établie à présent. Ce n'est que la « petite kermesse » ou l'ancienne foire de la Pentecôte qui s'est maintenue jusqu'à nos jours.

La kermesse générale remplace la « grande kermesse » où la fête de Notre-Dame op 't Siaeksken.

Bien que, d'après la tradition populaire, l'image célèbre de Notre- Dame op (( 't stoxken » ait été transportée à Bruxelles et que celle qui est honorée maintenant à l'église de Notre-Dame à Anvers, n'ait été trouvée dans l'Escaut qu'en 1371, il est cependant prouvé jusqu'à l'évidence, que cette statue miraculeuse, qui de temps immémorial se vénérait à Anvers, est toujours restée à sa place. Sur la fin du quatorzième siècle du moins, elle se trouvait encore dans la cathédrale et y attirait un si grand concours de monde que l'on institua en son honneur, 1379, une procession générale et solennelle au dimanche après l'Assomption. Voilà l'origine de la grande kermesse d'Anvers, qui est aujourd'hui encore le but de visiteurs sans nombre, affluant de tous côtés pour voir « l'Ommegang » (l).

(1) Merteos, II, 24.

Autrefois la cavalcade, maÎDtenant appelée « Ommegang, »accompagoait la procession religieuse dont Albert Diirer nous a laissé une description minutieuse dans son journal de voyage. A présent la procession se fait comme de coutume le dimanche après TAssomption, à onze heures du matin, et la cavalcade sort le mardi suivant à deux heures de relevée.

Cette cavalcade, qui sert de modèle à celles de plusieurs autres ailles voisines, a suivant Tordre de marche :

Un corps de musique.

La baleine montée par Cupidou, qui au lieu de Tare tient à la main le canon d'une seringue dont il se sert pour jeter de Teau aux fenêtres des maisons remplies de curieux, et parmi la foule qui encombre les rues.

Quatre dauphins montés par des enfants habillés en anges viennent à la suite.

Le vaisseau à trois mâts, appelé le navire de commerce, entouré de quatre petites barques.

Le reuze Antigone précédé d*un corps de musique et suivi de la géante ou reuzin costumée en Minerve (1).

Le char de la littérature flamande.

Le char de Rubens.

L'éléphant, le chameau, la roue de fortune et l'enfer ne suivent plus le cortège ; mais aux époques de grandes festivités le nombre des chars de triomphe augmente considérablement.

Les autres usages populaires qui signalèrent jadis la kermesse d'Anvers tombent aussi de plus en plus en désuétude.

(4) Le célèbre géaDt Druon Aotigooo, qui est trop colossal pour sortir de la ville, fut fait eo 1535 par Peter Couckx, architecte et peintre. La géante, qui d'abord représentait la ville d'Aovers, ne date que de Tau 4765 (4).

(1) Het BandeUblad vao Antwerpen, t3 augustus 185S. (G^chîedkundlge iolich- Ungeo over den ÀDtwerpschen omgang, door J . Ifaes.

 peine si les gamins ou « kwaèjongens » demandent encore aux passants une petite contribution en chantant les vers traditionnels :

Een oordjen om te vieren, Dat gaet met goè manieren.

Schiel eens in uwen zak Dat gaet met groot gemak.

A peine portent-ils encore le soir des ballons en papier ou des citrouilles creusées et éclairées par une chandelle, en guise de lanterne suspendus à des bâtons.

La coutume de berner un mannequin représentant le célèbre nain de Malines, appelé o Op Signoorken, » en chantant :

Vier manneB met vier mutsen.

Die kwamen aengegaen ;

Zy vraegeu om te rusten,

Aen *t Schellekeo bleven zy staen,.

Sa gelyk,

Sa gelyk, En laet bem toch niet vallen.

Met zynen neus in \ slyk l

Ai, een,

Ai twee.

Ai dry.

a entièrement disparu et celle de faire des couronnes « de kroon uithangen, » s*est réfugiée au quartier le moins fréquenté de la ville.

Et pourtant dans aucune autre ville les couronnes ne se font avec plus d*art qu'à Anvers.

Bien des semaines avant la kermesse les.petits garçons se mettent déjà à la recherche des vieux tuyaux de pipes, qu'ils coupent en morceaux pour les enfiler ensuite alternativement avec de petits ronds en papier colorié. Pour chaque fil on prend du papier d'une autre couleur et au bout de tous les fils on pend des coquilles d'œufs.

Ces fils sont attachés à un cerele de tonneau au-dessus duquel deux demi-cerceaux forment une couronne, ornée de petits gonfalons. L'intérieur de la couronne est rempli de verdure, d'où pendent également, attachés à des fils, autant de fragments de verre. Lorsque la couronne est suspendue à une corde au-dessus de la rue ou attachée au bout d'un bâton sortant d'une fenêtre, le cliquetis des morceaux de verres s'entrechoquant au plus léger mouvement de l'air, produit un bruit qui ressemble à un petit carillon.

Autrefois on dressait aussi de petites tentes, où l'on rançonnait les passants afin de se procurer des provisions pour un souper sous la tente. Le souper fini, on mettait comme cela se fait encore de petites chandelles en file, on sautait par-dessus ou bien Ion plaçait les chandelles en cercle et Ton dansait les rondes dites « kroonspel. »

A Courtrai a également lieu la kermesse de la fête de Notre-Dame de la Mi-Août, ou a O.-L.-V. van Half-Oogst.

A Catfort, hameau de la paroisse de Puers, en Brabant, la chapelle de Notre-Dame-aux-Larmes « Onze-Lieve-Vrouw terTraenen » attire ce jour-là un grand nombre de pèlerins qui y viennent invoquer son intercession contre les fièvres.

Cette chapelle, lieu de pèlerinage très-renommé, a été rebâtie en 1749; elle appartenait jadis à l'hôpital dédié à Notre-Dame, mentionné dès l'année 1300, dont les bâtiments, contigus à la chapelle, sont occupés maintenant par une brigade de gendarmerie.

L'archevêque Boonen y érigea, en 1640, une confrérie de Notre- Dame-la-Douloureuse, à laquelle le pape Alexandre VII accorda des indulgences, le IS juin 1661 (1).

A Freeren, il y a grande ai&uence à la chapelle de Notre-Dame-

des-Douleurs, le IS août; des processions de Maestricht et de

Wyck y viennent solennellement vénérer l'image miraculeuse de la

Vierge(2).

(4) H.d. Ed. B, 1. 11,689-590.

[t] Cet(e image était primilivement fixée »o mur d'uoe maison avoisioant un

A Gand commence, le dimanche après TAssompiion, la célèbre neuvaine qui se fait chaque année en Tbonneur de Notre-Dame-dela-Rive.

D'après une tradition ancienne, Tirnage miraculeuse delà sainte Vierge, qu'on vénère sous ce nom, à Gand, aurait été pèchée dans TEscaut, non loin de Tabbaye de Saint-Pierre.

Mais rien n'appuie ce récit, si ce n'est son ancien nom de Notre- Dame-de-la-Rive. Ce qui est sûr, c'est qu'elle a été honorée de temps immémorial dans une chapelle de l'église paroissiale de Notre-Dame et que la confrérie qui existe encore de nos jours fut établie etapprouvée par le Sainl-Siége, en 1321. Dès lors eut lieu la neuvaine solennelle à la fête de l'Assomption, avec une procession aussi brillauteque célèbre dans le pays. Mais en 1S82, lorsque dominait en Flandre et surtout à Gand, sous le tribun Hembyse,un calvinisme persécuteur, qui détruisait toutes les fondations catholiques, la pieuse confrérie de Notre-Dame fut dissoute et ses biens enlevés. La sainte image échappa pourtant aux mains des iconoclastes, et quand la restauration de l'autorité royale eut amené celle de TÉglise, les confrères se réunirent avec une ferveur toute nouvelle, et bientôt les dommages soufferts furent amplement réparés. L'affluence des fidèles, qui avait toujours été considérable au sanctuaire de la Rive, le devint bien davantage par un événement extraordinaire, où le peuple

lieu de débauche; mais un jour, sans que persooDe ait jamais pu expliquer ce déplacement, on la trouva à Tendroitoù la noble famille de Selys-Tanson lui fit élever, en 4669, la chapelle actuelle. Les nombreux ex-voto que l'on y voit disent mieux que de loDgs récits, les cures merveilleuses attribuées à Notre- Dame- des-Douleurs. Le jour de TAssomptioD, ainsi que le dimanche suivant, les processions de Maestricht et de Wyck viennent vénérer Timage de la Madone, et par bulle du 42 novembre 4846, le pape accorda des indulgences à tous ceux qui visiterajent le sanctuaire de Notre- Dame-des- Douleurs à Freeren, aux jours fixés par Tautorité ecclésiastique (4).

(1) De Reume, p. H1-S.

— Ho —

crat voir la protection de Marie. Une maladie contagieuse désolait les rues populeuses au delà du Quai-au-Bois; Tune d*entre elles perdit tous ses habitants, à Texception d*une seule femme, qui avait fait voeu de brûler tous les ans quelques cierges devant Timage miraculeuse de Notre-Dame-de-laRive. Voilà pourquoi les habitants de cette rue, dite a la rue de llncendie, » font encore de nos jours uaç offrande annuelle de cierges à Notre-Darae-de-Saint-Pierre. Car Téglise de Notre-Dame-de-la-Rive ayant été détruite, la sainte image a été transportée dans celle de Tabbaye^ devenue paroissiale, oii la neuvaine a toujours lieu avec la même pompe et avec le même concours de fidèles (1).

A PoUeur, près de Theux, se célébrait autrefois la fameuse fête de la « Cour-du-Coucou, n qui attirait un concours prodigieux de monde. M. Bovy nous en donne la description suivante (2) :

Les justiciers s'assemblaient chez leur président ou chef-marguillier, dans le principal cabaret de Tendroit, près du pont qui sépare la commune de Polleur de celle du Sart. C'était sur ce pont que le tribunal tenait ses séances, où devaient « comparoir » les maris trompés, battus par leurs femmes ou trop débonnaires, et tous ceux qui étaient entachés d'un ridicule quelconque.

Les plaidoyers les plus burlesques s'établissaient et les étrangers eux-mêmes, qui y assistaient comme simples auditeurs, étaient interpellés par des demandes ou des apostrophes souvent obscènes qui provoquaient le rire de la multitude. Les prétendus délinquants étaient condamnés à payer une amende dont le cabaret profitait, ou parfois à monter dans une charrette que l'on faisait marchera reculons jusqu'au bord d'une mare à fumier dans laquelle ils étaient versés. Enfin, pour terminer dignement la fèle,on jetait dans le ruisseau le dernier marié du village.

(I) DeSmet,M. d. M , p. 361-4.

12) Promenades historiques dans le pays de Liège, t. Il, p. 6d-î4.

A cette cérémonie présidait l'image de la BétedeStaneux. C'était un tableau peint sur toile, représentant une sorte de centaure, moitié femme et moitié cheval, avec une queue de lion. La tête était ornée de longs cheveux, et la figure, ayant des bras et des mains, tenait de la gauche un arc et de la droite une flèche. Ce tableau, exposé à la vue des curieux dans un cabaret de l'endroit, n'a cessé de figurer en public qu'en 1789, lorsque la fête de la « Courdu-Coucou » a été supprimée. De temps immémorial, il était soigneusement conservé dans l'église paroissiale, mais depuis cinquante ans, le curé l'en a fait sortir, de même qu'une statue en bois, grossièrement taillée, qui occupait une place dans le parvis de l'église.

L'origine de cette Bête de Staneux est inconnue. Selon l'opinion la plus accréditée, on a voulu représenter sous cette forme la déesse des Ardennes. Les habitants de Polleur prétendent que la cérémonie de la fêle de la « Cour-du-Coucou, »> à laquelle figurait le tableau du centaure, se pratiquait en commémoration de la victoire que leurs ancêtres avaient remportée sur un monstre qui séjournait jadis dans la forêt de Staneux et qui désolait toate la contrée voisine, et que celte victoire leur avait acquis des droits dans la forêt. Aussi trouve-t-on dans le manuscrit des records et édits du marquisat de Franchimont, de 1691, une noie contenant ces mots : « Les habitants de Polleur, village dépendant du ban de Theux, prétendent avoir droit audit Staneux, et effectivement en jouissent pour avoir, à ce que dit la tradition, tué une bête dite la Beste de Staneux, » ajoutée à un jugement, en date de 1476, où il est dit qu'il n'y a que Franchimont, Marché et Theux qui aient droits à la forêt de Staneux.

Quoi qu'il en soit, la fête de la Cour du Coocou rappelle non-seulement la cérémonie dite « la Pelle au eu, » qui se célébrait autrefois le Mardi-Gras à Narbonne, en France, et s'est conservée encore aux villages entre Beziers et Narbonne, mais aussi un ancien usage allemand, qui estconnu sous le nom de « Tyrjagd » chasse de Tyr.

A Terroonde, le dimanche après le 18 août, commence également la kermesse. « L*Ommeganck, » qui fait à cette occasion le tour de la ville, est célèbre par l'énorme cheval Bayard. 11 est porté par trente-quatre hommes cachés sous la longue couverture qui descend de son dos et de son cou. La queue est composée de plus de trente queues de chevaux ordinaires. Quatre chevaliers, les fils Aymou, -sont assis sur une énorme selle, et la tête était autrefois un vrai chef-d'œuvre.

Lorsqu'à l'occasion de la fête on promène le cheval, on se dirige d'abord du côté du grand marché, dans les quatre angles duquel sont placés de petits mortiers que l'on décharge aussitôt que Bayard est au milieu de la place. Le noble coursier se cabre , fait semblant de combattre, se tourne d'un côté et d'autre, jusqu'au dernier coup. Alors il salue le peuple qui le couvre d'applaudissements comme vainqueur. Après avoir parcouru son itinéraire dans la ville de Termonde, il rentre à l'hôtel de ville où il attend dans un grenier le retour de nouvelles fêtes (1).

A Waelhem, village près de Malines, se lient de temps immémorial une foire qui dure huit jours, et dont l'ouverture fut fixée, en l'an VIT, par l'administration municipale du canton de Duffel, au premier fructidor de chaque année (2).

1^1^ août.— [Phleum pratense.) Saint Syropborien ; saint Timothée.

Trois églises sont dédiées à saint Symphorien.

L'égliSe solennise l'octave de l'Assomption de la sainte Vierge,

(0 Ploennies, p. 72-76.

(î) H. d.E. d. B.,t. II. 657.

instituée par le pape Léon IV, en 847, parce que ce jour-là, si Ton en croit la tradition, un serpent qui avait fait mourir quantité de personnes fut écrasé par le signe de croix que fit ce pape.

A Dixmude se célèbre en ce jour l'anniversaire de la consécration de l'église paroissiale (1144). Cette église est célèbre par le beau jubé que Ion y admire encore, et par une cérémonie peut-être unique. Le diacre chante, aux jours solennels, au jubé de Téglise, l'évangile, accompagné d'accolytes portant des cierges et une croix (1).

93 août. — {Tanacetum vulgare.) Saint Philippe Beniti ; saiot Sidonien oa Sidoine ; saint Zachée.

A Bruges le métier des aubergistes, qui honore saint Zachée comme patron, célébrait ce jour sa fête annuelle. Ce métier, auquel appartiennent les aubergistes (herbergiers), et les cabaretiers (tappers), était un des plus considérables de la ville. A la révision de l'an 1673 on ne constata pas moins de 2,432 tonnes de bière dans leurs caves, et au commencement du siècle passé le métier compta parmi ses membres 207 aubergistes et 184 cabaretiers (2).

A Dixmude, ce jour rappelle la malheureuse bataille de Cassel du 23 août 1328. Philippe de Valois, roi de France, volant à la tête de trente mille hommes au secours du comte de Flandre dont les sujets s'étaient révoltés, attaqua l'armée flamande sous le commandementdeZannekin, marchand de poissons, natif de Lampernisse, près de Dixmude.

(4) A.d. TE ,1. m, p. 268.

(2) Gaillard, p. 458-9.

Les Flamands qui, par mépris des Français, avaient attaché à un

coq en bois les vers :

Quand ce coq chanté aura, Le roi Cassei conquerra,

essuyèrent malgré leur bravoure une entière défaite; ils laissèrent quinze mille morts sur le champ de bataille. Le même jour encore Cassei fut pris et réduit en cendres, et à Paris on célébrait chaque année une messe en souvenir de cette victoire et de la délivrance miraculeuse du roi ; car étant entouré de Flamands et désespérant d'échapper au glaive de Tennemi, Philippe de Valois eut recours à la Sainte- Vierge et fut délivré par son secours de ce danger.

En reconnaissance, faisant son entrée à Paris, il fut droit à Noire- Dame, et pénétrant à cheval dans Téglise il s'avança jusque devant le crucifix où il déposa ses armes. La figure du roi à cheval s'est vue longtemps dans celle église, à laquelle Philippe assigna cent livres de rente en vue de célébrer l'anniversaire de la bataille (1).

Le mardi après le dimanche qui vient à l'époque de la kermesse de Courtrai, a lieu en cette ville une fête populaire connue sous le nom de « Pierotjes Vendilie. »

Des femmes du peuple s'en vont de maison en maison faire une quôte « pour la vente de Pierotje. » On leur donne de vieux pots, des habits ou souliers usés, des pommes de terre, etc., mais rarement des cents. La quêle terminée, tous ces effets se vendent publiquement au mieux offrant, et l'argent provenant de cette vente sert à payer les dépenses que font les familles pauvres en se rendant, musique en lête, au Poltelberg, où elles passent le reste de la journée en mangeant, en buvant, en fumant et en chantant.

On croit que cet usage se rattache à la distribution du riche butin que fit Pieler de Coninck, appelé vulgairement « Pieraerljo, » après la bataille des éperons d'or (3).

(1) Boterkuipje, 4858. — Triple cours, trait, i, cbap. 7. nomb. 7.

(2) K. c. L 1840, p. 23; Volksleesboek, p. 250.

1^^ aoûu — {Belianthus annuus.) Saint Bartbélemi, apôtre.

Saint Barlhélemi est Irès-honoré en Belgique. Vingt-six églises lui sont dédiées, et nombre d'associations Tont pris pour patron.

A Bruxelles c'était le métier des bouchers (vry vleeschverkoopersambacht) qui faisait célébrer une messe en Thonneur de son patron; à Liège, celui des tanneurs.

D'après la croyance populaire, les servantes ne doivent pas aller ce jour-là dans les champs où sont plantés des choux; car saint Barthélemi qui y jette les grosses têtes n'aime pas cela (1).

De même on prétendait autrefois être guéri du mal caduc en dansant toute la nuit de la Saint-Barthélemi dans une église, croyance qui en Bretagne s'est maintenue jusqu'à nos jours (2).

S'il y a des frimas vers la Saint-Barthélemi, disent les paysans, le blé d'hiver doit être semé tard, sinon le froid gèlera les semences (3).

f^tt août. — {HeliarUhusmuUifloruii.]Sii'\i\i Louis IX, roi.

Bien qu'il n'y ait que l'église de Monceau -sur-Sambre, dans le diocèse de Tournai, qui soit dédiée au saint roi, ile^t beaucoup d'autels consacrés en son honneur.

(4) Coremaos, p. 86.

(2) Liebrecht, 0. J , p. S45, De Nore, p. 231 .

(3) Voorteekeoen, 9.

La popularité, qui s*est toujours attachée à son nom dans les Flandres, tient peut-être à une circonstance historique, qu'il convient de rappeler. Après le désastre de Mansourath, où saint Louis fut fait prisonnier, les Sarrazins avaient porté le prix de la rançon du monarque français et de ses compagnons à un million de pesants d*or. Un appel fut fait à toute la chrétienté, et ce fut à qui se montrerait le plus libéral. Au milieu de ce pieux concours, la ville d*Ypres surpassa, paraît-il, en générosité les autres villes deFlandre, et la comtesse Marguerite en fut si satisfaite qu'elle appela les habitants d'Ypres ses enfants. De là le nom de o Rinderen van Yper, » qui leur est resté. Rien d'étonnant dès lors que le souvenir de saint Louis se soit perpétué dans quelque chant populaire. M. de Coussemaker donne en l'honneur du saint roi un cantique qui se chante encore à Bailleul (1).

A Liège, les bonnetiers, coiffeurs, distillateurs, limonadiers et passementiers, qui honoraient saint Louis comme leur patron, célébraient ce jour leur fête patronale.

A Nivelles on faisait en ce jour la récollation des fêtes de la sainte Vierge. La même fête se trouve sous la date du 26 août, dans l'ofiice propre des chanoinesses de Maubeuge (2).

!9e aoAU — (Amaryllis vittata.)Sàiai2éphmii, pape.

A Bruxelles, la société « de Wyngaerd, » le vignoble, qui s'établit le 26 août 16S7, célèbre ce jour l'anniversaire de sa fondation.

(4) De Coussemaker, 1, 72, p.

Lessines rappelait en ce jour, par une procession* solennelle, la protection que Marie lui avait accordée en 1S83, contre la fureur des hérétiques qui dévastaient tout le pays circonvoisin. En mémoire de ce bienfait, une chapelle fut érigée en Thonneur de la Vierge, près de la porte d*Ogy. On y voyait la statue miraculeuse à laquelle on attribuait la délivrance de la ville, et à ses pieds Tépée du brave Framazure, défenseur de la cité, suspendue devant la patronne de Lessines, comme un gage d'éternelle reconnaissance.

La procession, quelque temps interrompue, vient d'être rétablie. Elle est fixée au mercredi après le quatrième dimanche d'août ; et le soir, dans chaque famille, on dot par un joyeux « festin » la fête de Marie (1).

A Stavelot se célébrait autrefois, le même jour, l'anniversaire du duc Frédéric, avoué de l'église, et de la dame Gerberte, son épouse, qui, en 1067, pour le repos de leurs âmes, donnèrent à l'ancienne abbaye l'église et l'alleu de Sprimont (2).

f^T août. — {Hieracium ambellatum.) Sainte Euthalie; saint Césaire; saint Joseph Calasaroet.

Le second dimanche après l'Assomption commençait, à Anvers, la seconde foire annuelle, dite « Koudemarkt » ou « Bamismarkt i> qui, de même que la première, durait quatre semaines avec quinze jours de prolongation.

Les premières franchises accordées à ces foires remontent au duc Jean II (1096).

(î) Bovy, H. 405.

La foire, qui subsiste encore, s'appelle à présent « de groote Jaermarkt, » la grande foire à Topposé de la petite « Rleine » ou « Sioxenmarkt d (1).

Le quatrième dimanche d'août se célébrait autrefois, à Gand, une fête avec octave en mémoire de la restitution de la chapelle de Saint- Machaire, le 35 août 163!$. Une procession solennelle sortait deux fois, et la chapelle était très-fréquentée durant l'octave. C'était aussi pendant le temps de cette octave que de tous côtés affluaient les fidèles pour boire de l'eau du puits dit de Saint-Machaire. Elle préservait de la fièvre et d'autres maladies (2).

Dans la vallée de Saint-Sauveur, entre Fallais et Vieux- Waleffe et les hameaux de Pitet et de Drée, à un mille de distance de Fumai, avait lieu autrefois, le même jour, la fête de la « Jetée de la Poire. 0

Au milieu de la vallée, au sommet d'une roche de diorite dite < la Rochette, » dont la base orientale est baignée par le ruisseau de Tonltia, s'élevait la chapelle Saint-Sauveur, dont la vallée reçut le nom, et qui fut incendiée il y a trente ans environ. C'était en cet endroit que se terminaient jadis les juridictions de Fallais et de Wamant, et que les autorités de ces deux communes se réunissaient le jour de la kermesse de Fallais, afin de procéder à la fixation annuelle de leurs limites respectives restées incertaines. Après avoir célébré une grande messe à laquelle assistait un peuple innombrable, les bannières ondoyantes de Fallais et de Wamant se déployaient au son des fanfares et venaient se placer sur le bord du rocher, à c6té d'un jeune homme bariolé de rubans bleus et blancs et choisi parmi les plus robustes de Tune des deux juridictions. On lui présentait, sur un plat d'étain, un morceau de poire ou de pomme

(0 Merlens, t. II, 79-84.

V (t) Kort Begryp van hei wonderbare Leven ende Miraekelen van den heyiigen Macharios. Geod, p. 24-26.

coupé en rond, qu*il lançait au loin de toute la force de son bras. Le point où tombait ce projectile désignait, pour cette année, la délimitation des deux communes, et cet usage, dont Torigine se perd dans une époque très-reculée, n*a cessé qu'à l'entrée des armées républicaines dans le pays de Liège (1).

Le même jour était solennisé par un pèlerinage très-fréquenlé à la Vierge de la chapelle Saint-Sauveur. Il était rare que la puissante intercession de la mère de Dieu ne fît pas exaucer les prières des fervents visiteurs, et celui qui avait une grâce spéciale à obtenir du ciel, la demandait par une neuvaine, acte de dévotion ainsi nommé, non parce qu'il aurait compris un espace de neuf jours consécutifs, comme il est d'usage ailleurs, mais parce que le suppliant s'associait huit personnes qui unissaient leurs prières aux siennes avec identité d'intention (2).

Dans la procession, qui avait lieu après la messe, chantée par le cufé de Fallais, figuraient les saints des paroisses de Fallais et de Warnant repeints à neuf (3).

Le dimanche le plus rapproché de la fête de la Décollation de Saint-Jean se fait la procession d'Ath, instituée, en 1392, par André de Luxembourg, soixante-quatrième évoque de Cambrai. Elle sort par la porte de Bruxelles vers dix heures du matin et rentre par la même porte à trois heures après-midi.

Le clergé, le magistrat, tous les ordres religieux, les corporations, les confréries delà Miséricorde, de Saint-Joseph, de Saint-Nicolas, ouvraient la marche, escortés des arbalétriers (4) dans leur uniforme

(4) Bovy, II, 289-290.

(3) Cet usage rappelle la réclamation Taite eu \ZZ\ par le comte de Flaedce, que ledacdeBrabaot n'avait droit sur TEsca ut que jusqu'à reodroitoii le duc pourrait jeter dans le fleuve une coigoée de fer, du rivage d'Anvers.

Schayes (Fiefs et droits bizarres existant jadis en Belgique, v. Le Polygraphe belge, N.6, Nov. -«836. p. 448).

(4) Les Arbalétriers, au nombre de t\ , furent établis en 1325 par le comte de

écarlaie, des canonniers sous le titre de sainte Marguerite, en uniforme bleu» parement rouge galonné d*argent, et des trois confréries d'archers (1). Un géant, sa femme et ses enfants suivaient immédiatement le cortège et précédaient le Paradis, le Purgatoire et l'Enfer qui terminaient la procession. Mais une année les habitants d'Ath^ chargés de la cérémonie s'avisèrent de mettre du feu sous la chaudière qui représentait TEnfer et dans laquelle des en-

Uaiuaut, sous rinvocatico de saint Roch et devaient servir à la défense de la ville. Ils avaient le droit de porter Tépée eo tout temps, étaient exempts de droits d'aubaine de morte-main. Tous les ans, ils allaient à la processioD de la ville de Ual pour y porter lïmage de la sainte Vierge, à la place des magistrats d'Atb, qui s'y étaient engagés au nom du comte de Hainaut. Ils y offraient une robe dont on revêtait la sainte Vierge : c'était entre leurs mains que les échevins de Hal la remettaient pour être portée à la procession ; ils avaient cet honneur, et la préférence sur toutes les autres confréries du pays qui s'y trouvaient pour le même sujet.

Dès qu'ils étaient à portée de la ville de Hal, les bailli, mateur, échevins venaient les recevoir à cheval jusque hors de la porte, avec beaucoup de distinction, les conduisaient à Thôlel de ville et leur donnaient fort honorablement à dîner.

{i) Ces trois compagnies portaient le titre :4* de saint Nicolas, 2« de sainte Christine et 3* de saint Sébastien ; ces derniers portaient un uniforme écarlate, chamarré de broderies en or.

Le 4 «'mai les trois compagnies allaient ensemble tirer Toiseau sur le pré de TErmitage, à perches séparées; ils revenaient en corps solennellement recevoir les vins d'honneur, qu'on présentait aux rois à l'hôtel de ville.

Les géants s'appellent : M. etM°** Goliath ou « Goujas, » Ambiorix, vulgairement nommé « tyrant » et Samson. L'énorme aigle qui les suit, est actuellement représenté à deux têtes en l'honneur de S. A. la duchesse de Brabant.

La veille de la grande procession le magistrat accompagné de M. et M"* « Goujas » se rend à l'église de Saint-Julien, pour assister aux vêpres, que le géant et la géante entendent en dehors de la porte de l'église. Voilà pourquoi on nomma cette cérémonie les fiançailles du géant. On dit que le géant danse pour fêter son mariage.

Après la procession, Ambiorix est conduit au pied de la perche, où le bourgmestre tire pour lui.

Page 1