‹ Calendrier belgeChapitre 16 sur 38 · JJ · texte numérisé non relu

JJ

Digitizè^bV:X^.Ç>09 16*^

Mais, dans la suite, la ville ayant été encore délivrée d*un siège d*une manière miraculeuse, cette fête cessa d*avoir lieu en 1638, et la procession annuelle fut remplacée pr celle de Notre-Dame du Siège (1).

3 août. — {Alihea rosea.) luventioa de saint Etienne; sainte Lydie; saint Nicodème.

A Anvers, les Dominicains célébraient Tanniversaire de leur établissement dans cette ville, qui eut lieu ce jour. Tan 1243 (2)

Les plaids appelés « Oostwaerheyden, vist- ou œegstwaerheyden, »» vérités d'août ou de la moisson, puisqu'ils se tenaient au mois d'août ou à l'époque de la moisson, avaient jadis lieu en beaucoup d'endroits.

De temps immémorial « l'oistwaerheyt » se tenait à Tourneppc, au lieu dit « Brynenput » ou Bruynenputte.

Le fermier de 1' « hoif der Motten, » en aval du village de Huysinghen, n'était pas tenu de comparaître « ter oegst waryt ».

A Wambeek, près d'Anderlecht, venaient d'ordinaire à ces réunions près de cent personnes, et les serments étaient reçus par le maire du lieu.

A Woluwe-Saint-Lambert, il y avait un banc auquel étaient soumis les habitants de toute la seigneurie, et l'on se réunissait tous les ans en masse pour « Toist waerheyt » (3).

(4) Piot, p. «58-9; DeMiddelaer, II« jaerg. Leuven, 1841-2, p. 5-11.

(3) H. d. E. d. B., t. r, 409 ; t. IH, 244, 718, 733.

4 tioùt* — [Campanula rolundifolia). Saint Dominique; saint Tertullten;

sainte Walburge.

L'ordre des Frères prêcheurs, qui doit à saint Dominique de Guzman, son fondateur, le nom de dominicains, ne compte plus en Belgique que deux couvents, dont Tun se trouve à Gand et l'autre à Tirlemont (I).

Sainte Walburge, en l'honneur de laquelle neuf églises sont consacrées, est la patronne des villes d'Audenarde et de Fumes. Dans cette dernière ville Gerlrude, veuve de Robert le Frison, fit rétablir le !•' mai 1109, à Téglise de Sainte-Walburge, les reliques de la sainte, dont l'église porte le nom, ainsi que celles de ses frères, saint Willibald et saint Winnibald ; la procession néanmoins de la sainte Croix attira, dès le principe, tant de monde, que la kermesse ne se célébra plus au mois d*août, mais qu'elle fut avancée de trois mois et transférée au commencement de mai (2).

C'est en ce jour que le pape Innocent III, l'an 1200, confirma la fondation du couvent de la Nouvelle-Jérusalem, dit ordinairement « Spermaillie, » de l'endroit, près de Bruges, où fut b&ti ce couvent en 1241.

Un couvent de femmes de l'ordre de Citeaux avait été érigé sur un terrain conquis tout récemment sur la mer, et si peu salubre qu'un chanoine de Saint-Donatien, pieux autant que riche, eut compassion

(I) Oatrela maison de Bruges, que Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre, y érigea, en l'honneur de la sainte Vierge, Tan 4233, Tordre de saint Dominique, avait autrefois dans les provinces belges des couvents à Anvers, à Braine-le-Comte, à Gand, à Lierre, à Liège, à Louvain, à Mods, à Namur, à Tongres, à Tournai, à ViWorde et à Ypres (4).

(?) Vandevelde, p. 40-42.

— sodés religieuses et leur construisit h ses frais un monastère, dans la paroisse de Sysseele, près de Bruges, où il les installa en 1241. Au commencement du dix-septième siècle, cette abbaye fut transférée dans la ville même, au lieu où ses bâtiments existent encore. Hais la statue miraculeuse de la sainte Vierge, que le couvent possédait depuis sa première translation, et pour laquelle le bienfaisant foisdateur avait dès lors fait construire une chapelle particulière, se vénère aujourd'hui au béguinage princier de Bruges. Bien que cette statue n*ait rien de remarquable sous le rapport de la matière ou du travail, elle est renommée depuis des siècles par de nombreux prodiges (1).

tt août* — {Nelumbo NHolica.) Notre-Dame-aux-Neiges, O.-L.-Y. ierSneeuw.

Cette fêle n'est, à proprement parler, que l'anniversaire de la dédicace du temple de ce nom à Rome, appelé aussi a Sainte-Marie Majeure » à cause de son antiquité, et « Sainte-Marie à la Crèche du Sauveur » à cause de la crèche qui y fut transportée sur les ordres du saint pape Théodore. Elle doit son nom ainsi que son origine à la légende suivante :

Un riche Romain, sans héritiers, avait résolu de donner toute sa fortune pour une bonne œuvre qui contribuât à la gloire de la sainte Vierge. Depuis longtemps il avait prié Dieu de lui manifester à quoi il devait employer ses biens pour atteindre le but qu'il s'était proposé. Un jour, pendant la saison la plus chaude de l'année, il était tombé de la neige sur Tune des places publiques de Rome, et conformément

(!) De Smet, M. d. M., p. 245-247.

b un songe qu'il avait eu cette même nuit, ce riche Romain y vit un signe par lequel Dieu voulait lui manifester qu'il devait y construire une église, et il érigea celle de Notre-Dame-aux-Neiges.

Au commencement, cette fête n*était célébrée qu'à Rome, jusqu'à ce que Pie Y en étendit la célébration à toute la chrétienté (i).

Depuis lors, nombre d'églises et de chapelles sont dédiées à la sainte Vierge sous cette invocation.

Une des plus célèbres en Relgique est celle de Werbeeck, près de Rethy, dans la province d'Anvers, où une statue miraculeuse de la Vierge est le but de nombreux pèlerinages.

L'origine de cette image remonte aux jours où le savant Wichmans, auteur de la « Brabanlia Mariana, » était abbé de Tongerloo. La pieuse tradition raconte que, le 16 janvier 1645, un pauvre savetier, nommé Guillaume Verreyl, qui parcourait de temps à autre les campagnes pour chercher de l'ouvrage, aperçut, en se rendant de Baelen à Chaem, au milieu des bruyères qui bordaient la roule, une statue de la Vierge, sculptée en bois. Il la ramassa et s'aperçut à son grand étonncment que, quoique placée au milieu de la neige et de la boue, elle n'en était point alteinlo. Saisi d'une sainte frayeur, Guillaume mit l'image dans son sac, faisant vœu de l'exposer à la vénération publique, aussitôt après son arrivée. Comme il louchait le territoire de Chaem, deux soldats se précipitèrent sur lui, voulant le dévaliser. Mais enhardi par le souvenir de la statue qu'il avait trouvée, Guillaume se défendit valeureusement : il terrassa avec son bâton l'un des agresseurs et profila du moment que lautre le mit en joue, pour s'enfuir. L'arme ne fit pas feu, et le voyageur était sauvé. Il déclara dans la suite qu'en ce dangor extrême, il avait fait vœu à la Vierge de lui confier sa vie.

Trois semaines après il fixa la statue au tronc d'un arbre situé sur le chemin, et bientôt cette image, à laquelle on donna, à cause de son

(t) Cornet, p. Î49.

origine, le nom de Nolre-Dame-aux-Neiges, devint l'objet d'un culte très-assidu.

Le vénérable abbé de Tongerloo, Augustin Wichmans, à la juridiction spirituelle duquel appartenait à cette époque le village de Worbecck, fil élèvera ses frais, à Tendroit où était la statue, une petite chapelle avec un autel et y plaça lui-même Tirnage qui, de nos jours encore, est vénérée avec une dévotion particulière. Les ex-voto qui couvrent les murailles prouvent le grand nombre de guérisons miraculeuses que Ton attribue à Notre-Dame de Werbeeck ; et la foire qui se tient autour du petit oratoire attire une foule d'étrangers qui s'y rendent le plus souvent en procession de plusieurs localités environnantes. Aussi voit-on chaque année des villages entiers de la Hollande venir payer leur tribut à cette Vierge miraculeuse (1).

A Bruxelles, oii il y avait également une chapelle dédiée à Notrc- Dame-aux-Neiges, les ouvrières en dentelles y allaient le 4 août, veille de la fête, prier pour que leur ouvrage pût, par la protection de la Vierge, conserver sa blancheur. Mais sous la domination des Français cette chapelle fut vendue et démolie (2).

A Liège, les écrivains et les instituteurs célébraient ce jour la fête de saint Gassien, leur patron.

Pendant Toctave de la fête de Notre-Dame-aux-Neiges il n'existe ni à Gand, ni dans les environs, de lieu de dévotion plus fréquenté que la chapelle de a Schreyboom. »

Ce sanctuaire de Marie, situé aux bords de la Lys et appelé vulgairement « chapelle de Notre-Dame de l'Arbre aux Pleurs » ou « 0. L. V. van Schreyboom, » remonte à une haute antiquité, car déjà en 1313 plusieurs évêques, réunis à Avignon, lui accordèrent des indulgences, et l'hospice d'Hebbrecht, auquel il sert d'oratoire et qui est moins ancien, date de la seconde moitié du treizième siècle. La chapelle actuelle fut construite en 1771 par ordre de Gudwal

(0 DeReume, p.î4-î4.

(S) Schayes, p. Î09.

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Seiger, avant-dernier abbé de Saint-Pierre. L'image miraculeuse de la Mère des Douleurs est placée sur Tautel et représente la sainte Vierge tenant sur ses genoux le corps mort du Sauveur, descendu de la croix (1).

O wko^tm — {Colchicum autumnale.) Fôte de la Transfiguration de Notre-Seigneur, instituée par le Pape Galiite III, en mémoire de la délivrance de Belgrade par Capristan, 4456» lors du mémorable siège fait par Mahomet H (2).

A Malines, les charcutiers (Veltewariers) célébraient ce jour leur fêle patronale.

y août* — [imaranthus hypochondriacus,) Saint Albert; saint Duuat:

saint Gaétan.

Le premier dimanche d'août se fait à Ypres la célèbre procession de «JIotre-Dame-des-Thunes n ou « O.-L.-V. van denThuyn, » en souvenir de la délivrance de la ville, lors du siège de Tannée 1383. Plus de 57,000 Anglais et Gantois, qui bloquaient la ville depuis le 8 juin 1383, se retirèrent le 7 août de la même année, après vingt et un assauts sanglants. Gomme la ville d'Ypres, à Tépoque de ce siège, n'avait encore d'autres fortifications que des remparts de terre en-

(1) De Smet, M., d. M. p. 343-4.

(9) Hammer-Purgstal, II, 25; Schayes, p. 432.

lourés de palissades, ce qu'on appelait « luin, » cloison, la fêle annuelle que le magistrat institua en commémoration de la délivrance de la ville, reçut le nom de « Tuindag. » Celte fête, célébrée d'abord le 8 août et transféré ensuite au premier dimanche de ce mois, y a lieu maintena ni encore et amène en même temps la kermesse delà ville.

La procession ou Tommegang du Tuindag a toujours été des plus brillantes. D'après une chanson faite en 1683, elle se formait dans l'ordre suivant :

D'abord les métiers avec leurs torches et « kéersen, » tout le clergé et les quatre ordres mendiants. Puis la tour de David défendue par des nobles habillés richement, les épées à la main.

La gilde de Saint-Michel, « met karpen en pluymen en met hun sweirden » les suivait, puis celle de Sainte-Barbe qui donnait des salves à plusieurs reprises.

L'ancien géant, qui de temps en temps s'arrêtait etdansait ainsique le géant neuf, magnifiquement habillé.

Corps de musique et deux chameaux devant lesquels dansaient quatre enfants; une grande baleine ou « Meerminne, » portant Neptune et aspi^rgeant d'eau le public.

Puis l'enfer avec les diables suivi par la gilde de Saint-Sébastien.

Un navire portant l'image de Noire-Dame.

La garde du géant neuf.

La gilde de Saint-Georges avec un dragon, conduit par une belle fille; puis un char représentant le trône de Salomon.

On représentait aussi l'Assomption de la Vierge, en faisant sortir d'un tombeau et monter en l'air la Vierge entourée d'anges (1).

L'image miraculeuse, à Tintercession de laquelle on attribuait la retraite inopinée de l'armée ennemie et k laquelle le peuple éleva un autel à Téglise des Récollets, est aujourd'hui dans l'ancienne cathédrale de Saint-Martin. Elle représente la Vierge debout, les pieds

(1) Ana, cab. S, p. 9-i4; Maria Fierio, door Th. Laoseos, Tperen. 4858.

entourés de palissades, el est eocore maintenant portée autour ^^«^ remparts à la procession qui se fait en son honneur (1).

Le magistrat la déclara patronne de la ville; mais, à Topposé la dévotion que les habitants d*Ypres ont euvers leur sainte prol trice, les paysans des environs n^aiment pas à aller à la ville « Tuindag, » parce qu'un prophète a prédit qu'un jour de kermc Ypres périrait (2).

Le dimanche après la fête de Notre-Dame-aux-Neiges la chapi de Motre-Dame-de-Bon-Secours, sur la Vieille-Montagne à Gn mont attire une affluence immense de pèlerins.

Le 42* abbé du célèbre monastère de Saint- Ad rien, à Gramme Martin le Brun, homme aussi pieux qu'instruit et qui rétabli; règle primitive de saint Benoit, déplacer dans cette chapelle ( petite statue de la sainte Vierge, faite du bois du même chêne avait longtemps abrité l'image miraculeuse de Notre-Dame-de -B Secours, à Péruwelz, et le grand nombre de guérisons miraculei qui s'y opéraient depuis cette époque, firent augmenter de joui jour le concours du peuple à ce sanctuaire de Marie (3).

ftoAC* -- {Amaranthus procutnbens.) Saint Gyriaque, patron de Budin près de Tirlemont, au diocèse de Malices.

A Mous, la confrérie du Cœur Immaculé de Marie, à Tég Sainte- Waudru, fête l'anniversaire de son installation, qui eut en ce jour l'an 184S (4).

(4) De Smet, M. d. M., p. 343-.U6 ; De Reume, p. 304-308. (3) CoremaDs, p. 442; K. e. L. 4840, p. 56. (3) DeSmeiM.d. M., p. 425.

9 aoAt. -- {Seneeio jaeobea,) Saint Romain.

A Lokeren se tenait ce jour une foire assez considérable, accordée à la ville par décret du 28 janvier 1613 (1).

Le mardi avant l'Assomption de la Vierge on proclamait à Tuni* versité de Louvain, le « primus. »

C'est le nom qu'on accordait, comme on le sait, au premier de la première a ligne » dans le concours général et annuel des quatre pédagogies du a chàleau, » du « Porc, » du a Lys » et du a Faucon, » dans lesquelles s'enseignait exclusivement la philosophie.

Il y avait trois lignes, chacune de douze places. Celui qui obtenait la trente-septième, s'appelait pn'mus academicus, primtLS post-linealû ou anti-medialium, parce qu'après avoir soustrait de tous les concurrents les 36 qui composaient les lignes, la première moitié du reste fermait les « post-liniales » ou anti-mediales. »

Le catalogue de tous les premiers depuis l'origine de l'université jusqu'à l'année 1797, a été publié, en 1834, par H. Bax, bachelier en théologie.

Il était établi par un usage, dont on ne pouvait pas fixer l'origine, qu'on célébrât le succès du « primus » dans la « pédagogie » ou collège qui avait eu l'honneur de compter le premier au nombre de ses étudiants.

Mais les fêtes que l'on donnait à cette occasion, étaient d'abord très-simples et peu coûteuses; ce n'est qu'insensiblement qu'elles devinrent plus brillantes et occasionnèrent des dépenses considérables.

La proclamation se faisait sans aucune solennité et .seulement en

(4) Van deo Bogaerd, t. III, 79.

vue d'en informer le premier lui-même ainsi que tous ses camarades qui étaient retournés dans leurs familles, d'en donner connaissance à ses parents^ aux corps et particuliers de son lieu natal, qu'il était d'usage de prévenir, et de laisser à l'administration du collège le temps de faire les préparatifs nécessaires.

Le samedi suivant, on allait à la rencontre du primus jusqu'à deux ou trois lieues hors de Louvain, et on l'introduisait en cavalcade dans sa « pédagogie, » au son des trompettes et timballes, du carillon de la ville et de la cloche de la maison. Les bourgeois décoraient les rues par où ils passaient, et le collège lui-même était orné d'arcades et de verdure.

Le lendemain, dimanche^ dès neuf heures du malin, les élèves en philosophie^ tous uniformément habillés de blanc, avec des chapeaux ronds, garnis de rubans rouges (le blanc et le rouge ou l'argent et les gueules sont les couleurs de Louvain), précédés d'un nombreux orchestre, promenaient dans les cours le vainqueur qui s'appuyait majestueusement sur deux a gentilshommes philosophes » et le montraient à la foule attirée par le désir de le voir.

De temps à autre, ils l'introduisaient dans la grande salle pour y recevoir les félicitations des personnes les plus considérables de la ville de l'un et de l'autre sexe, ainsi que des membres de l'université qui s'y succédaient sans interruption de neuf heures à midi et de trois à six heures.

Le il primus » dînait ce jour-là au collège, avec ceux de ses parents et connaissances qui Tavaienl ramené à Louvain. Après les vêpres, le régent le conduisait à la chapelle et y entonnait le Te Deutn en actions de grâce, tandis que le primus restait agenouillé sur le premier degré, en face de l'autel et entre deux de ses professeurs. Le soir, les philosophes avaient un petit repas et du vin. Au dessert, le premier, accompagné de ses parents et des chefs du collège, entrait au réfectoire, où deux chantres, accompagnés par des instruments de musique, entonnaient quelques chansons latines.

Puis on buvait à la santé du premier, et la salie retentissait d*acclamations.

Après le souper, il y avait bal. Les rafraîchissements ne consistaient qu'en thé, café et limonade.

Le lendemain, le primus allait après dtner en carrosse, et accompagné du bedeau de la Faculté, lequel portait la parole, invitait au repas solennel les personnes dont le régent du collège lui avait remis la liste. Le grand jour, le jour du triomphe était le mardi.

Vers onze heures, la cavalcade conduisait le primus à Técole des des arts, appelée « Viens » ou « Vicum, » Les philosophes, le plumet sur Toreille, Temblème de leurs pédagogies au chapeau, une baguette blanche à la main et précédés par des musiciens, ouvraient la marche.

Le primus les suivait entre deux de ses professeurs. Après lui marchaient le régent du collège, le recteur magnifique, la plupart des membres de Tuniversilé, les parents du vainqueur et les personnes invitées.

Arrivés à Técole des arts, chacun se plaçait selon son rang, c'està-dire ordine birretationis» Le primus s'asseyait dans un fauteuil et lui seul avait un tapis sous les pieds.

Là, au milieu d'une assemblée nombreuse, le doyen de la Faculté des arts prononçait un discours, qui finissait toujours par l'éloge du premier.

Le chancelier de l'université proposait ensuite au primus quelque question de philosophie, disait quelques mots sur la réponse du candidat, et lui conférait, ainsi qu'à ses condisciples, le titre de licencié et de mattre ès-arts.

Ce n'était qu'alors qu'on proclamait le résultat du concours. La liste des « promus, » revue par les régents des quatre pédagogies, signée par le plus ancien professeur de chacune d'elles et scellée par le chancelier, passait sous les yeux des assistants, et après avoir éié dûment reconnue, était lue publiquement par l'un dos bedeaux.

Aussitôt que le nom du primas était pronoDcé, le bedeau s'arrêtait, et Torcbeslre, placé dans un appartement voisin, jouait Tair composé exprès pour le chant en Thonneur du héros de la fête.

Puis le bedeau achevait de lire toute la liste des promus ; cela foit, on retournait, dans le même ordre qu'on était venu, au collège où Ton trouvait un festin splendide.

Le primus était placé à la droite du recteur magnifique.

Au dessert, les musiciens entraient dans la salle et y jouaient au moins durant une heure et demie. On distribuait à tous les convives un poème de circonstance que récitait un des philosophes. Puis les chantres avaient leur tour. Sur le signal du recteur, on portait la santé du primus. La deuxième et dernière santé était celle de son collège.

Le soir, les philosophes étaient traités comme le dimanche précédent. Ils se réunissaient aussi dans un bal, d*où les élèves en droit et en médecine étaient formellement exclus.

Quant au retour du primus dans Tendroit qu'il habitait, le jour dépendait des dispositions prises par le magistrat de ce lieu et par les parents du primus pour sa réception. Mais à Louvain, les cérémonies du départ étaient les mêmes que celles de l'entrée. On sortait également de la ville en cavalcade.

La réception dans l'endroit de son domicile variait suivant la nHinifi.c€nce des magistrats, la fortune et l'importance des familles. Les arcs de triomphe, les chronogrammes, la présentation du vin d'honneur, un ou plusieurs repas, en formaient constamment le fonds. Quelquefois on frappait une médaille en mémoire de cet événement (1).

(i; DeUeiffenberg Un Primus de Louvain, p. 22-30. M. d. s etd. a.Gand,4834.

lO août* — {Impatiens baisama.) Saiut Laurent.

Le saint patron des cuisinières est on ne peut plus populaire en Belgique. La ville de Virtonle vénère conanae sien, le village de Saint Laurent, près d'Eecloo, a adopté son nom, et soixante églises sont consacrées en son honneur. Mais les fêtes de ce saint sont presque exclusivement des fêtes civiles ou populaires, et là Saint-Laurent passe pour être un jour de sort, surtout pour le lin et le vin. Aussi aime-t-on à ôter en ce jour les feuilles superflues à la vigne, afin de hâter la maturité des raisins (1), et s'il se trouve déjà des raisins mûrs, on s'attend à une belle récolte.

A Bruxelles, l'usage de fêler la Saint-Laurent par la plantation d'un mai, « Meyboom, » à la jonction de la rue des Sables et de la rue du Marais, s'est conservé jusqu'à nos jours dans le quartier qui en a pris le nom de « Meyboom. » La cavalcade, qui se fait à cette occasion, et à laquelle on a essayé, il y a quelques années, de rendre son ancien lustre, est le dernier vestige de l'existence de la gilde de Saint-Laurent.

Cette gilde dont la fondation, d'après la légende, remonte à Tan 1213, et qui existait assurément avant l'année 1298, fut réunie par Jean III au grand serment; son oratoire, regardé comme le plus ancien de toute la ville, et à côté duquel il existait déjà antérieurement à l'an 1300 un hospice où les pèlerins et les étrangers étaient admis gratuitement pendant trois jours, devint la propriété du grand serment. Ses membres étaient tenus d'y venir ofi^rir une torche de cire, le jour de la fête patronale.

La chapelle et l'hospice ont disparu, en l'an VIII, pour faire place

(0 Goremans, p. 99.

à une brasserie; mais les habitants du voisinage continuent toujours à planter, le jour de la fête du saint, un mai qu*ils pouvaient faire prendre dans la forêt de Soignies. En cas d*oubli des Bruxellois, les Louvanistes, à ce que Ton assure, seraient en droit de venir diriger Tantique cérémonie.

L*importance que le peuple attache à la plantation de Tarbre de mai semble attester, que cette coutume rappelle le souvenir d'un fait historique (1), peut-être celui du combat de 1213, si fatal aux Gantois.

1 1 août* — {Aster chinensis.] Saiat Géry.

Saint Géry, patron de Braine-le-Comte, de Genappe et de vingttrois autres paroisses, a donné son nom à deux villages, dont Tun est sitné au doyenné de Perwez, dans le diocèse deMalines, et Tautre appelé Solre-Saint-Géry se trouve dans le doyenné de Beaumont, au diocèse de Tournai. Ce saint, mort vers Tan 622, est regardé comme Tapôtre de Bruxelles, et Wichmans le range parmi les propagateurs les plus zélés du culte de Marie en Belgique (2).

(1) Vraiiters,N. h. s. 1. a. s. d. B.,p.3-5; H.d. 1 Y. d.fi., t. III, sSl. (9)B. M.,p. 466.

19 août. — (5u/ic/iu«paiu<(m.) Sainle Claire; sainlPIorimood; sainte Qilaire.

Sainte Claire, qui fonda en 1312 à Assise, sa patrie, Tordre dit des Ciarisses ou de Sainte-Claire, dont on ne trouve plus en Belgique que deux couvents, Tun à Tongres et Taulre à Tournai, est invoquée contre le mal d'yeux.

Dans Téglise de l'ancienne abbaye de Saint-Ghislain se célèbre encore actuellement Tobit du célèbre chevalier Gilles de Chin, mort en H37, et enterré dans le couvent. Ce chevalier, seigneur de Berlaimont et chambellan de Baudouin IV, comte de Hainaut, tua, d'après la tradition, le terrible dragon qui désolait, au commencement du douzième siècle, le territoire du village de Wasmes. On montre encore de nos jours sur le penchant d*une des deux collines sur lesquelles est bâti le prétendu repaire du monstre épouvantable le village de Wasmes, et la tète qui se trouve conservée à la bibliothèque publique de Hons, est également attribuée à ce dragon. Aussi voyait-on autrefois au portail de l'église de Wasmes deux tableaux, donc l'un représentait le chevalier Gilles de Chin armé, vêtu de sa cotte et combattant un dragon ; l'autre figurait le même chevalier priant à genoux devant Notre-Dame. Mais ces peintures, remonUMit au commencement du quinzième siècle, ont disparu comme le tombeau du chevalier, et il ne reste pour tout monument du fameux combat qu'un très-mauvais tableau moderne qui le représente.

De même il n'existe aucun titre qui institue l'obit. La seule pièce sur laquelle on se base pour le célébrer est un martyrologe manuscrit appartenant à l'église de Saint-Ghislain, lequel contient sur un feuillet final, entre autres mentions de même espèce, cette note: Le

12 août obit de Gilles de Chin(l). Néanmoins, on dit à Mons.àTanniversaire de la mort de ce chevalier, également une messe pour le repos de son âme (3).

A Liège, les blanchisseuses et repasseuses^ célébraient autrefois la fête de Sainte-Claire, leur patronne.

13 août. — {Senecio paludatus) Saint Hippolyle-.

Le saint évéque, en Thonneur duquel Téglise de Thiaumont, près d*Arlon, dans le diocèse de Namur, est consacrée, est au nombre des premiers saints dont TÉglise a célébré la fête. Nous trouvons déjà son jour dans la liste des fêtes dites de Rome, laquelle date de Tan 354, et ne contient que vingt-quatre jours de fête (3).

La chapelle de Webbekheim, près de Diest, connue sous le nom de a Onze Lieve Vrouw ten hoogen Wyngaerd » (Nostra Domina ad altam vineam) et érigée en 1333, par une confrérie qui existait déjà à cette époque à Diest en l'honneur de la Vierge, célèbre ce jour la fête de sa dédicace (4).

(1) Recherches historiques sur GiUes, seigneur de Gbin et le dragon. Mods, 4825 p. 46 — Wolf,N. S.,p.677-8.

(2) Légendes et traditions de la Belgique deM. de Ploenoies, traduit paV L Pire. Cologne, 4848, p. 2il.

(3) Piper Vergleicbender Kalender fOr 4855, p. S4.

(4) Diest, t. J, 124.

141 aoAt« — [Zinnia elgans.) Saiot Eusèbe.

Veille de rAssomption, déjà mentionnée par le pape Nicolas I, en8S8. La légende dit que, près de la ville de Soissons, on entendit, ce jour, les anges qui chantaient cette antienne :

« Félix namque es sacra Yirgo Maria et omni laude dignissima, quia ex te ortus est sol justitiae, Christus Deus noster, » car vous êtes heureuse, sainte Vierge Marie, et on ne peut plus digne de toute louange, puisque c*estde vous qu*est né le soleil de la justice. Christ, Notre-Seigneur (1)!

Le dimanche avant le 15 aoûl se tient à Rupelmonde une foire, autrefois très-célèbre, et déjà mentionnée dans des chartes de 1303, quoique le décret de Louis de Nevers, qui Taccorda, ne date que de l'an 1330. Le privilège fut confirmé en 1387 et 1423. Philippe de Bourgogne, sur la demande de la ville, transféra la foire au dimanche avant Tancien jour de foire.

Une autre foire qui se tenait le dimanche après TAssomption, fut accordée par le même décret de 1330 (2).

Itt août* — (Ciematis viialba.) L'Assomptioo O-L -V. Hemelvaerl, appelée aussi O.-L.-V. van Half-oegsl (mi-août).

Cette fête, instituée par TÉglise pour célébrer l'enlèvement miraculeux de la sainte Vierge au ciel, nous vient, selon saint Bernard,

(4) Thom. Concept., I. 2, part. 7.

(«) Van den Bogaert, t. III, 243-4.

du lemps des apôtres mêmes, et s'est conservée par tradition. Selon quelques chroniqueurs, elle ne fut pas chômée avant 813; selon d'autres encore, elle fut célébrée d'abord le 18 janvier. Jusqu'à ce que, cédant aux instances de l'empereur Maurice, le pape transféra cette solennité au 15 du mois d'août.

Dans toute la Belgique cette fête est célébrée avec la plus grande pompe. Le culte de Marie est ici aussi ancien que le christianisme, et ce n'est pas à tort qu'on désigne ce royaume « la terre de Marie, » tant y est grande la dévotion envers la sainte Vierge. Quatre cent vingt-sept églises lui sont dédiées, et il n'y a pas de village où l'on ne trouve une chapelle consacrée en son honneur. Un grand nombre des sanctuaires où se vénèrent des images de la mère de Dieu comptent parmi les pèlerinages les plus fréquentés du pays.

Les villes et bourgs d'Anvers, d'Aerschot, de Binche, de Ciney, de Jlal, de Deynze, de Dinant, de Florefife, de Ghistelles, de Herstal, de Huy, de Maeseyck, de Menin, de Merchlem, de Mons, de Namur, de Nieuport, de Ninove, d*Ostende, de Rochefort, de Rupelmonde, de Spa, de Termonde, de Theux, de Tongres, de Tournai, de Tronchiennes et de Vilvorde, se sont placés sous la protection particulière de Notre-Dame ; beaucoup de gildes ou serments, de chambres de rhétorique et de métiers l'honorent comme leur patronne, et beaucoup de lieux et d'édifices lui doivent leurs noms.

En Brabant surtout, où le culte de Marie était de tout temps plus fervent encore qu'en toute autre province des Pays-Bas, on ne trouve pas de ville qui ne possède une rue portant le nom de Notre-Dame, ni un couvent, hospice ou hôpital qui ne lui soit dédié. Les anciens Brabançons donnaient même à leurs maisons le nom de la sainte Vierge, selon le dicton bien connu :

Dit huys sy Godt bequaem.

Dose Lieve Vrouwe is synen naem.

Et partout ils plaçaient de petites statues de leur sainte patronne :

aux froDtODS ou par-dessus les portes des édifices publics et de leurs maisons particulières, aux carrefours, sur les ponts et les digues, à quelques arbres signalés. Les républicains français ont renversé ces images, et après la Restauration, les habitants n*en ont rétabli qu*une petite partie. Mais les nombreuses niches vides et les dénominations : « O.-L.-V. brug; O.-L.-V. dyk; O.-L.-V. van der Linde, aen den 01m, aen den Eik » (le pont de N.-D. ; la digue de N.-D. ; N.-D. au Tilleul, à l'orme, au chêne), nous rappellent la pieuse coutume des habitants de Brabant.

Rien de plus naturel que de voir rivaliser les provinces de la Belgique en célébrant avec les plus grandes solennités TAssomption, la plus grande fête de la sainte Vierge, bien que dans plusieurs villes les kermesses aient été transférées au dimanche suivant.

A Bruges, où Ton voyait autrefois tant de monuments extérieurs de la dévotion envers la Vierge, qu'Aeneas Sylvius lui donna le nom de 0 ville de Marie », les enfants font à TAssomption, de même qu'à la Saint-Pierre, de petits parterres dans les rues, afin de demander quelques cents aux passants.

A Courtrai, ils élèvent de petits autels dans toutes les rues pour atteindre le même but.

A Gand, on décore ce jour les images de Marie de rubans, de couronnes de fleurs et de verdure et de petits dra[)eaux; on illumine le soir toutes les rues où se trouvent des statuettes de Notre-Dame.

A Ruremonde, la veille de l'Assomption, des troupes de neuf filles et de sept garçons se renflaient séparément devant toutes les images de la Vierge placées au coin des rues, pour y chanter des cantiques flamands en son honneur (1).

Dans le pays de Limbourg il est d'usage de faire bénir en ce jour de grosses touffes de fleurs champêtres, appelées « kruidwis, » bouquets d'herbes, qui doivent se composer de neuf sortes de fleurs,

(i) Schayes, p. Î06.

entre autres de « vossenstaert » (vulpin), de « donderkruid n (conise), de <c varen » (fougère) et de « notentakjes » (branches de noyer). C'est pourquoi l'Assomption s'y appelle aussi « O.-L.-V. Kruidwyding, » Notre-Dame de la bénédiction des herbes. Ces fleurs se conservent dans chaque ménage et à l'approche d'un oi-age on en jette quelques-unes dans le feu de Tàtre; la fumée monte dans la cheminée, tandis qu'on récite à genoux le commencement de l'évangile de saint Jean, afin de préserver la maison de tout malheur (1).

Parmi le grand nombre de sanctuaires où se vénèrent des images miraculeuses de la Vierge et dont il n'est pas fait mention ailleurs dans ce calendrier, il faut citer :

N.-D. d'Anvers, dite « op 'tstaeksken » (sur la branche) ;

N.-D. d'Argenteau, près de Liège; N.-D. d'Arlon; N.-D d'Assebrouk ;

N.-D. de Basse-Wawre, N.-D. de Bon-Conseil, de Bon-Succès, du Suffrage, de Bois-le-Duc, de Miséricorde, de Paix, des Vicloires, au Chant d'Oiseau, au Rouge, et N.-D. la Noire à Bruxelles ;

N.-D. Consolatrice des Affligés, à Buggenhout et à Baugnies ;

N.-D. du Rempart, à Charleroi ;

N.-D. de Cortenbosch ;

N.-D. de Dadizeele;

N.-D. de Bonne-Volonté, à Duffel;

N.-D. d'Eessen;

N.-D. ter Stoepe, à Ertvelde ;

N.-D. aux Murs, à Erembodegem ;

N.-D. des Esclaves volontaires, à Gand (2) ;

N.-D. de Jesse, à Hasselt ;

N.-D. de Bonne-Odeur, à Hoeylaert;

N.-D. du Pérou, à Leuze, près de Namur;

(4) De Bokkeryders, door Ecrevisse. Brussel, 485^, p. Î09. y («) De Smet, M d. M., p. 436, 403", 94, 260.

N.-D. de Saiol-Rémy, à Liège ;

N.-D. de Grâce, à Lierre ;

N.-D. des Remèdes, à Malines ;

N.-D. de Miséricorde, à Marchienne-au-Ponl;

N.-D. de Messine, en Flandre occidentale ;

N.-D. de Mont-Sarral, du Pilier, de Hon, à Mons ;

N.-D. Auxiliatrice, à Namur;

N.-D. au Rameau blanc, à Renaix ;

N.-D. de Sainl-Willebrord, à Anvers;

N.-D. au Bois de Steenberg, en Brabant.

N -D. d'Afflighem, à Termonde, N.-D. au Tilleul el N.-D. de THermitage, près de Termonde (1).

N.-D. du Lac, à Tirlemonl;

N.-D. de la Tombe, près de Tournai ;

N.-D. de Stienbecq, à Tubize, en Brabant;

N.-D. des Affligés, à Villers-la-Ville, en Brabant ;

N.-D. du Parc, à Wynkel (1).

N.-D. des Sept Douleurs, à Zèle.

Les églises de N.-D. des Aveugles et de la Potterie, à Bruges; de N.-D. de Finisterre, à Bruxelles; de N.-D. à Gaverland, de N.-D. à Isenberge (1), de N.-D. dlttre, près de Nivelles; de N.-D. du Moulineau, à Ghlin, près de Mons; de N.-D. Consolatrice, à Stalle célèbrent le jour de TAssomption, la fête principale de Tannée.

A Huy, de temps immémorial, a lieu en ce jour, tous les sept ans, une fête très-solennelle, abolie en 1788 et rétablie depuis 1816.

La veille de l'Assomption on va en procession chercher la statue de N.-D. de la Sarthe, on la conduit k Téglise de Notre-Dame où, pendant huit jours, elle reste exposée à la vénération des fidèles. Le lendemain se fait une grande procession suivie d'une foule innombrable. Durant cinq jours ont lieu des réjouissances publiques

(I) De Smel, M. d. M., p. 405, 302.

et Toctave finit, on reconduit processionnellement Timage de N.-D. de la Sarthe à son sanctuaire.

A Malines, tous les vingt-cinq ans, se célèbre un jubilé en Thonneur de N.-D. d'Hanswyck.

A Diest, la chambre de rhétorique du Lis (de Lelie-kamer) dont N.-D. est la patronne, célèbre ce jour sa fêle.

On ne connaît pas au juste la date de son institution, mais en 1441 les membres de cette chambre représentèrent a het Taefelspel van Murmuratie » de même que le « spel van Bolgy Lust » et plusieurs autres pièces; chaque année les confrères accompagnaient la procession de TAssomption et ils recevaient en récompense « een half pont marken en 11 grypen Diesters » « met 4 aemen hier van 8 gulden laeten te volgen, sonder accyns. »

Chaque membre de la chambre était tenu d*assister tous les jours de fête de Notre-Dame à la messe, que la chambre faisait célébrer en l'honneur de sa patronne dans l'église de Saint-Sulpice.

La chambre avait un chef-homme (hoofdman) élu à vie par la confrérie entière, un prince (prinse) choisi tous les deux ans parmi les membres de la chambre, deux doyens, dont chaque année le plus ancien fut remplacé par un autre que choisissait la confrérie, un prévôt (proost), élu à vie, de même que le secrétaire et le trésorier. Le dernier était astreint à rendre aux chefs le compte annuel dans la première quinzaine après la fête de la chambre.

Sa devise portait : Reyn Blœme.

La Lelie-kamer remporta le 2« prix au a Landjuweel » tenu le 16 juin 1532 à Bruxelles par la chambre dite « Couronne de Marie, » et donna de sa part en 1S41, au mois d'août, un landjuweel.

Au grand Landjuweel de la chambre « de Violet » à Anvers, tenu au mois d'août 1861, les confrères du Lis y firent leur entrée au nombre de 28, à cheval, magnifiquement habillés (1). Ils remportèrent le premier prix pour le meilleur esbattement.

(4) 95 maDDen te peerde, met taneyte casacken, groene hoeyeo, die sluyers

La querelle avec la chambre des OEillets sar la représenlalion de la première pièce à la kermesse de la ville, en 4660, fut terminée par le magistrat qui ne donna de préférence ni à Tune ni à l'autre des deux chambres.

Ce n*est qu*en 1796 que la chambre du Lis fut supprimée ; mais, la paix rétablie, les membres se réunirent de nouveau, sans pourtant renouveler le but de la première fondation de la société. Elle n*est ù présent qu*une des sociétés les plus considérables de la ville, sans autre but que celui de se divertir (1).

A Merchtem, près de Bruxelles, se célèbre le môme jour la fête locale connue par le prodige que Cantimpré nous en raconte. Au treizième siècle elle était célébrée par des spectacles et des jeux qui attiraient un grand concours de monde. Un joueur de flûte surtout y brillait par son habileté et excitait les jeunes gens à se livrer au plaisir de la danse. Un jour, le ciel se couvrit tout à coup de nuages, et la foule se dispersa; seul, le musicien regagnait son logis, tout en continuant à jouer, lorsque la foudre tomba sur lui et retendit mort. Alors deux chiens noirs se jetèrent sur son corps, le déchirèrent et s*enfuirent en emportant un de ses bras. Selon la tradition, cela arriva devant la brasserie appelée autrefois « de Fortuin, » à la fortune, près et au nord de Téglise. Les amis du musicien portèrent ses restes au cimetière et les inhumèrent de force, bien que le curé, nommé Guillaume, s'y fût opiniâtrement opposé. Mais le lendemain, en ouvrant la tombe, on la trouva vide : le démon avait emporté le corps du joueur de flûte.

Cet événement ne fit qu'augmenter encore Taffluence du peuple à la fête de Merchtem.

Jadis on ouvrait ce jour-là Téglise à trois heures du matin, et

ende wambuysen root, plumagien ende cransen gheel ende wit, eoussen zweri met witte leerskens, 8 wagens overdekt met taneyt lâken, den sot hadde een catte, seggheode : Siet waerse ceyct.

(4^Diest,I,n4-i65.

"pendant neuf jours, un grand nombre de pèlerins parcouraient, à pieds nus, le chemin que suit la procession. Le dixième jour, la fêle de la chapelle de Ter-Spelt terminait les réjouissances. Comme celles-ci donnaient très-souvent lieu à des désordres et à des querelles peu compatibles avec le respect que doit inspirer la célébration d'une grande fête religieuse, les habitants demandèrent k révêque Robert de Croy la permission de la transférer au dimanche qui suitle jour de Saint-Pierre-ès-Liens ; mais, après avoir obtenu cette faveur, ils furent forcés d'en réclamer Tannulation ; elle n'avait pas eu le résultat désiré (30 juillet 1534). La procession constituait alors un véritable ommegang ou cavalcade et Ton y jouait des mystères, c'est-à-dire des petits drames religieux (1).

l€l août* — {Amaryllis Belladonna.) Saint Roch ; saint Joachim, pèred«

Marie.

Saint Roch, dont on invoque la protection contre la peste, appelée d'après lui « le mal de saint Roch, » est très-vénéré en Belgique. Trente-cinq églises lui sont dédiées, et de nombreuses confréries sont érigées sous son nom.

La Saint-Roch, en lune favorable, est considérée par les cultivateurs comme un très-bon jour pour l'ensemencement (2) ; ils le fêtent partout.

Dans plusieurs villes se font de§ processions en Thonneur du saint. Les fabricants de tabac à Bruges, les fripiers k Mons, les

(2) Ck>reman8, p. 86.

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