‹ Calendrier belgeChapitre 19 sur 38 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

Le mois de septembre qui a conservé le nom que lui valut la place qu'il occupait dans le calendrier de Romulus, bien qu'il soit depuis longtemps le neuvième mois de Tannée, s'appelle en flamand « herfstmaend » (mois de Taulomne), « havermaend » (mois de l'avoine), « gerstmaend » (mois de l'orge) et a pielmaend, speltenmaend » (mois de Tépeautre).

Charlemagne donna à ce mois les noms de « herivistmanoth » (mois de l'automne) et de « widemanoth » (mois de la sarclure). Cette dernière dénomination correspond à celle de « veodmonalh, » qui chez les Ânglo-Saxons désignait le mois d'août.

Le nom anglo-saxon de « hâlegmonath » mois sacré, se rapporte aux sacrifices qui avaient lieu en ce mois.

1«' septembre. -- (Sedumle^pAtum.) Saint Gilles; saint Egide.

Saint-Gilles est très-vénéré en Belgique. Dix-huit églises lui sont consacrées, plusieurs communes portent son nom, et quelques-uns des sanctuaires, qui lui sont dédiés, sont le but de nombreux pèlerinages, les fidèles y affluent de tous côtés pour invoquer l'intercession du saint contre le « cancer » ou « le mal de saint Gilles » (1).

On attribue au jour de sa fête une grande influence sur le temps : on prétend que s'il pleut le !•' septembre il pleuvra durant quarante jours (2).

 Anderlecht on célèbre la dédicace de l'église en souvenir de la première consécration du temple.

A plusieurs reprises on avait embelli et agrandi l'église, qui avait été bâtie au commencement du onzième siècle, mais en 1469 le chapitre résolut de la reconstruire entièrement. On mit immédiatement la main à cette grande entreprise et dès le 7 juillet 1482 l'église lut consacrée en l'honneur de Dieu, des saints Pierre et Paul et de saint Guidon, quoique la construction ne fût entièrement achevée qu'en 1827 (3).

 Bigard, village près de Bruxelles, dont l'église paroissiale est dédiée à saint Gilles, se faisait le jour de ce saint une procession

(1) En France on faisait autrefois passer un enfant malade du « mai de saint Gilles » dans la chemise de son père, et on portait ensuite cette chemise sur un fiutel du saint (Liebrecht, 0. J., p. 240).

(2) Coremans, p. 87.

(3) H.d.E. d. B.,t.Lp. 44-48.

solennelle (1) à laquelle assistaient ordinairement la gilde de Capelle-Saint-Ulric.

 Bruges commencent, le jour de « Sint-Gilleken, » les veillées qui ailleurs ne prennent leur commencement qu*à la Saint-Michel, au premier lundi d'octobre, à la Saint-Gai ou à la veille de la Saint- Martin. Le luminaire de Thiver s'allume pour la première fois et pour ouvrir dignement la longue période de Tannée pendant laquelle les ouvriers travaillent à la chandelle, les artisans ou artistes donnent un régal, que Ton appelle « Keersbegicting » arrosement de la chandelle. Autrefois la dame maîtresse donnait à cette occasion un repas, où Toie, entourée de lumières (lichtgans), jouait un rôle obligatoire (2). De nos jours les cabarets regorgent d'ouvriers qui se croient tenus à faire honneur à la dénomination bachique du jour, en lui donnant une acception par trop littérale. Aujourd'hui ce n'est qu'à Ypres, que la « Keersbegieting » donne encore lieu à une cérémonie qui est fort singulière.

On y place, le soir du premier lundi d'octobre, au milieu de la voie publique, une grande chandelle, autour de laquelle circulent en dansant des guirlandes de jeunes garçons et de jnunes filles. Tout en se tenant par la main, les danseurs^ et les danseuses font des évolutions en tous sens et présentent parfois, à la lumière des chandelles qui éclairent les groupes, les tableaux les plus ravissants.

Le proverbe picard :

A la Saint-Leu,

La lampe au cieu (clou).

nous atteste que dans le nord de la France le commencement des veillées est également fixé au 1" septembre.

A Dinant, le jour de Saint-Gilles fut pendant longtemps le jour du renouvellement des vingt-et-un jurés, qui composaient le magis-

[î) Coremans, p. 34.

tral ; réleclion annuelle se transféra' ensuite au 22 janvier et plus lard encore au 8 mars.

 Hamme, près de Termonde, les enfants ont la coutume d*habiller ce jour-là une grande poupée, la munissent d'un petit sac et la promènent solennellement par toutes les rues du \illage, et s'arrêtent devant chaque maison en demandant Taumône u pour le pauvre saint Gilles (1). »

A Termonde on célèbre la fête patronale de Téglise paroissiale de Saint-Gilles, fondée par « Mâchtildis vrouwe van Dendermonde. »

C'était d'abord un hôpital dédié à saint Gilles, il s'y joignit plus tard un couvent de l'ordre de Citaux, qui dans la suite fut transféré à Zwyvick, village qui prit dès lors le nom de « Saint-Gilles-lez- Termonde » et fut élevé au rang de paroisse (2).

Dans la même ville, la gilde de Saint-Gilles ou de l'arc, qui en 1846 se réunit avec le serment de Saint-Sébastien et en adopta le nom, célébrait en ce jour sa fête patronale.

Charles V lui accorda, l'an 1846, de nouveaux privilèges et abolit les anciens (3).

1^ septembre* ^{Solidago virgaurea) SaiDt Etienne, roi; saint Lazare ; sainte Marguerite de Louvain.

La bienheureuse Marguerite naquit à Louvain vers le commencement du treizième siècle de parents de moyenne condition en fait de fortune , mais riches en vertus, -lesquels l'envoyèrent dans sa

(1) Wodana, p. 203.

(2)Mae6tertiu8, p.405.

(3 Maestertius, p. 37-86.

jeunesse servir chez un certain Amande leur cousin qui tenait une auberge dans la ville et se faisait un devoir de religion d*y recevoir particulièrement les pauvres pèlerins. Marguerite ne s'aquittait pas seulement avec la plus scrupuleuse fidélité de tous les devoirs de son service, mais se faisait encore un plaisir de témoigner sa charité envers les pèlerins. Ayant fait vœu de chasteté perpétuelle, elle eut un très-grand soin d'éviter tout ce qui aurait pu nuire à sa vertu, ce qui lui lit donner le nom de « Fière-Marguerite » qui lui est resté jusqu'aujourd'hui.

Amand et sa femme s'étant proposé d'embrasser la vie monastique, vendirent tous leurs biens. Aussitôt Marguerite résolut de prendre l'habit de l'ordre de Saint-Bernard ; mais quelques scélérats, sachant qu'il y avait dans l'auberge de l'argent provenant des biens qui avaient été vendus, se travestirent en pèlerins, et vinrent demander l'hospitalité pour une nuit seulement. Amand ne pouvant s'empêcher d'exécuter encore cet acte de charité, quoiqu'il eût résolu de se retirer le lendemain au monastère de Villers, leur accorda ce qu'ils demandaient et envoya Marguerite chercher du vin dans une cruche de bois que l'on conserve encore aujourd'hui à Louvain ; à peine fût-elle sortie que les scélérats assassinèrent leurs hôtes. Maguerite de retour au logis, fut d'abord assaillie par les assassins et entraînée hors de la ville avec tout ce qu'ils avaient pu piller danjs la maison; après avoir partagé leur butin ils délibérèrent sur le sort de la jeune fille. Un des scélérats moins cruel que les autres voulut l'épouser pour lui conserver la vie, mais Marguerite aima mieux périr que de rompre son vœu. On lui coupa la gorge et on jeta son cadavre dans la Dyle le 2 septembre tSSS. Mais le corps de la martyre n'alla pas au fond de l'eau et flotta contre le courant de la rivière jusque dans la ville même, accompagné d'une lumière céleste et de chants mélodieux. Le bruit de ce miracle se répandit bientôt dans Louvain ; le chapitre de Saint-Pierre, accompagné du duc, de la duchesse, de toute la noblesse et du magistrat vint

enlever le précieux dépôt qu'ils transportèrent processionnellement dans la collégiale de Saint-Pierre. On le mit d'abord dans un cercueil de bois qu'on plaça dans une petite chapelle sise en dehors de Téglise, derrière le chœur. Mais comme la dévotion envers la sainte augmenta considérablement vers la lin du dix-septième siècle, on voulut satisfaire au désir du peuple, en faisant dorer la châsse et en l'exposant aux yeux des fidèles; c'est pourquoi en 1732 on jugea k propos de fermer l'entrée de la petite chapelle, et on la renferma dans l'enceinte de l'église que l'on perça à cet effet.

Les gens du peuple attaqués de maux d'yeux, vont se laver dans la Dyle, persuadés que ses eaux ont été sanctifiées par sainte Marguerite (1)»

3 septembre. ~ {Inula dt/senlerica,) Saint Remacle, patron des villes de Marche, Spa, Stavelot et Verviers, auquel vingt-huit églises sont consacrées ; saint Âriste ; sainte Reine ; sainte Séraphie.

Saint Remacle, qui est considéré comme l'apôtre des Ardennes, appartenait à une noble famille du Berri. Entré jeune dans la vie monastique, il fut d'abord chargé d'administrer l'abbaye de Solignac, que saint Eloi venait d'établir dans un de ses domaines, près de Limoges. Au bout de quelques années Sigebert III, roi d'Austrasie, l'appela k sa cour, et en signe de la haute estime qu'il éprouvait pour le pieux moine, qui n'avait pas encore trente ans, il lui confia l'administration d'un monastère récemment établi par lui à

(1) Het leven, doodt ende wooderheden van de salige fiere Margareta van LoYen, Loven. — Piot, p. 56-57.

Cugnon. L'élu s*y rendit et il en fut le premier abbé. Pendant les quelques années qu il séjourna à Cugnon, saint Remacle se construisit, dans le creux d'un rocher, un oratoire où il se rendit fréquemment pour prier. C'est encore aujourd'hui un but de pèlerinage pour les habitants des villages environnants, et il est célèbre par les miracles qu'on dit y avoir été opérés.

Après avoir administré pendant trois ou quatre ans, le monastère deCugDon, Remacle, dont la réputation de sainteté necessait de s'accroître, fut appelé à remplacer saint Âmand, sur le siège épiscopal de Tongres. Quelques années plus tard, probablement en 648, Sigebert fonda les abbayes de Malmédy et de Stavelot, et Remacle en fut encore le premier abbé, quoiqu'il n'obtint que vers l'année 660 d'abandonner son siège épiscopal et de se retirer dans son abbaye de Stavelot. Il y donna l'exemple de toutes les vertus chrétiennes et y mourut dans un âge peu avancé, vers l'an 677.

Ses restes mortels y sont conservés dans une châsse ou fierté, œuvre d'orfèvrerie qui paraît remonter au onzième siècle (1).

Parmi les propogateurs de la foi évangélique, il en est peu dont Teiistence ait été mieux remplie que celle de Remacle; partout, où ce saint apôtre des Ardennes a passé, son nom s'attache à des localités. Il y a toute une série de légendes et de traditions qui depuis la Semoy où le Saint commença ses travaux apostoliques jusqu'à Stavelot où il termine sa pénible carrière, perpétuent le souvenir du séjour qu'il fit en Ardenne.

C'est d'abord la grotte dans la montagne du Pay, près du village de Cugnon qui porte le nom du Saint. On raconte qu'il y possédait une vache qui allait au pâturage avec la « herde. » L*usage imposait à tous ceux qui avaient une pièce dans le troupeau commun l'obligation de fournir à tour de rôle la « mareinde » ou la pitance du pâtre ; le Saint quand venait son tour, se contentait d'attacher sa

coutribution à la corne de sa vache et Tintelligent animal ne manquait jamais de la remettre à destination (i).

Un rocher près de Cugnon porte également le nom du Saint.

L*oratoire que saint Remacle se construisit sur les bords de la Warchenne devint le monastère de Malmédy. Un autre qu'il érigea à un endroit qui lui fut indiqué comme un repaire ou étable (stabulum) de bètes fauves, donna naissance à la célèbre abbaye de Stavelot, qui après une existence de plus de onze cents ans fut détruite pendant la révolution française. Le Saint, dit Tillustre Notger, un de ses biographes, conserva à cet oratoire son ancien nom, se proposant de le transformer en une étable de fidèles.

Lès <( murs du diable » près de Pepinster sont également en rapport avec la vie de saint Remacle.

Le fameux cénobite étant parvenu à extirper les restes du paganisme dans la vallée de Pepinster, le diable en conçut tant de dépit que par une nuit il se mit à l'ouvrage et construisit, avec les cailloux de la rivière, un mur qui, en arrêtant le cours des eaux, devait noyer en partie le marquisat de Franchimont. Les habitants alarmés prièrent saint Hermès, l'un des patrons du chef-lieu, de venir à leur aide. Le saint les exauça et d'un seul mot culbuta le mur, mais dans son centre seulement. Le reste, formant une sorte de rempart des deux côtés de la vallée de Pepinster demeura debout et porte encore de nos jours le nom de « murs du diable » (2).

Le a pas saint Remacle », qui est une empreinte de pied, que l'on attribue à saint Remacle, se montre encore aujourd'hui nonseulement à Spa, mais aussi sur un rocher aux bords de l'Âmblève près de Targnon. Celui de Spa est très-célèbre. Les femmes qui n'ont pas d'enfants font une neuvaine et se rendent chaque jour à la fontaine de Groesbeeck, où elles boivent un verre d'eau en posant un pied dans la cavité qui se trouve dans la roche et que Ton

(?) Bovy, H, 48-9. WoU, N. S., p. 28$.

prétend être l'empreinte du pied de Saint Remacle. Car la légende raconte que le fervent ap6tre s*endormit un jour aux environs de Spa en récitant ses prières accoutumées. Pour Ten punir Dieu laissa s'enfoncer un pied du saint dans la roche. Celui-ci se sentit tellement contrit de son péché et l'expia par tant de pénitences que le Tout- Puissant accorda ^ cette empreinte la vertu miraculeuse de rendre fécondes les femmes stériles (1).

4 •eptembre. — (SoponanVn ofi^cinalis.) Sainte Rosalie; sainte Candide;

sainte Ide.

Il n'y a que trois églises consacrées k sainte Rosalie.

Le premier dimanche de septembre, les dentellières de la rue de Schaerbeek, à Bruxelles, ainsi que plusieurs associations d'ouvriers se réunissent annuellement pour offrir un manteau et des cierges à Notre-Dame de Hal. Un corps de musique accompagne la procession jusqu'à l'estaminet qui porte le nom de « la Tète de mouton » et donne une aubade à chaque église devant laquelle passe le cortège. Les ouvriers sont souvent déguisés, les dentellières sont en habits de fête.

A Hal on trouve un repas servi dans une grange, on y passe la nuit et on rentre le lendemain à Bruxelles dans le même ordre. A la « Tête de mouton, » où la musique attend le retour de la procession, on allume des torches et l'on va de là jusqu'à la Grand'Place, où le cortège se dissout.

(1)G.d. V. e. A.,I,4Î43; - Bovy, 11,80; Wolf, N. S , p S2T.

Le dimanche après la fête dé la Décollation de saint Jean-Baptiste donnait autrefois lieu à la grande et solennelle procession de Notre- Dame-de-la-Fontaine. Cette procession était organisée à Chièvres dans le Hainaut, par la confrérie de Notre-Dame-de-la-Fontaine « de la Chandelle, » érigée dans la chapelle même de la Fontaine. Cette confrérie à laquelle le pape Grégoire XIII accorda, le 20 avril 1581, de nombreuses indulgences, se composait de « sept bandes savoir : de gens d*église, de laboureurs, viniers, bouchers, tanneurs, drapiers et toiiiers. » Tous les ans Tune de ces bandes était tenue à tour de rôle de présider à cette procession. Quatre confrères jurés députés choisissaient un roi. Celui-ci orné d'une couronne, d'un sceptre et d'une robe magnifique, ayant à ses côtés six autres confrères \ètus avec le même luxe et suivi de toute sa bande, devait marcher à la tête du cortège (1).

A Hal, on célèbre la kermesse le premier dimanche de septembre.

Les députalions, envoyées par les confréries de Notre-Dame de Hal érigées à Bruxelles, à Ath, à Condé, à Namur, à Crépin, à Quiévrain, à Braine-le-Château, à Guissignies et à Santen arrivent dès le samedi soir, celles de la grande gilde de Bruxelles et de la confrérie érigée en 1699 k Saint-Nicolas, au pays de Waes, le dimanche matin,celle de Braine-Lalleud» de Bellingen, Pepingen, Lerbeek et d'autres paroisses, dans l'octave de la Nativité de Notre-Dame.

Le clergé et les membres du magistrat de la ville allaient autrefois au-devant de chacune de ces députations, pour la saluer et l'accompagner à l'église où l'on disait quelques prières et où l'on chantait des vêpres.

Le lendemain chaque députation faisait célébrer une messe, et offrait à l'image de la Vierge une robe ou une somme d'argent équivalente. De son côté la ville lui servait un régal.

La confrérie de Valencienues, érigée en 1421 , offrait annuellement

(0 DeReume, p. 464-2. — Viochant, Annales du Haioaut, t. III, 436.

une robe précieuse et un cierge de cinq ou six livres, orné d'un écusson à Timage de Notre-Dame et aux armes de Valenciennes.

Dans la procession solennelle qui a lieu le jour de la kermesse, la statue miraculeuse fait le tour de toute la ville et des faubourgs; les membres des différentes députations ont le privilège de la porter tour-à-lour(l).

La kermesse de Louvain avait lieu le même jour. On fait remonter l'origine de cette kermesse à la victoire remportée en 898, sur les Normands, victoire à laquelle on attribue également la fondation de la ville. On célébrait par des fêtes pompeuses l'extermination des barbares, et c'est au jour anniversaire de la bataille que la calvacade « ommegang, » si célèbre pendant le moyen âge, faisait le tour de la ville. Ajoutée à la procession en 1490, elle fut accompagnée du vénérable.

Voici les détails de cette procession tels M. Piot les donne dans son excellente Histoire de la ville de Louvain :

1. Un char de triomphe sur lequel se trouvait la Pucelle de Louvain accompagnée de dix jeunes filles représentant les dix métiers primitifs de la ville. Ce char était entouré d'une cavalcade.

2. Les métiers avec leurs enseignes ou « keersen (2); » chaque métier était précédé de son concierge « knaep » tenant une verge rougeen main. Les métiers marchaient dans Tordre suivant : les maréchaux, les maçons, les charpentiers, les bouchers, les poissonniers, les tanneurs, les cordonniers, les savetiers, les meuniers, les boulangers, les brasseurs, les couvreurs de tuiles, les tonneliers, les

(4) Historié van 0. L. V. van Halle, p. 61-62 ; De Reume, p. 435.

(2) Par « keers » oo compreDait une perche artistement travaiUée et ornée à laquelle étaient suspendus les instruments et les produits d'un métier ; c'est ainsi que les maçons y suspendaient un équerre, une truelle, compas, etc., les cordonniers y pendaient des souliers, les jardiniers avaient une chapelle dans laquelle étaient Adam et Eve avec le serpent tenant une pomme dans la gueule. On y voyait suspendus des asperges, des carottes, des pommes de terre, etc.

cordiers, les tailleurs, les cbaussetiers « kousmakers, » le grand métier, les tondeurs de draps « droogscbeerders, » les fripiers, les merciers, les corroyeurs, les marchands en graisse « vettewariers, » plus tard « vetpolten, » les couvreurs en p^iille, les jardiniers, les marchands de vin « wynlaverniers, » et en dernier lieu les barbiers.

3. Saint Michel avec le diable. Le diable avait la tète verte surmontée d'une paire de cornes ; aux reins il avait des grelots qu'il agitait continuellement.

4. Un second char de triomphe sur lequel était Adam et Eve chassés du Paradis par un ange.

Suivaient les personnages les plus marquants de la Bible, pour autant qu'ils eussent quelque rapport avec la Vierge. Chaque métier avait ses personnages k costumer : c'est ainsi que les bouchers devaient habiller :

5. Sara, épouse d'Abraham. C'était une vieille femme assise, ayant trois pains blancs dans la main gauche. De l'autre main elle tenait un écrit. Près d'elle marchait Abraham, tenant d'une main une épée et de l'autre un écrit. A sa droite se trouvait Isaac, son fils, portant une botte de bois. Après ces deux personnages arrivaient deux domestiques conduisant un àne équipé. Devant Sara marchait une égyptienne nommée Agar, portant sur ses épaules du pain et de l'eau ; dans la main droite elle tenait un écrit. Du même côté marchait un ange avec un écrit, de l'autre son jeune fils Ismaël (1).

6. Les vanniers a meerslieden » avaient pour leur compte les personnages suivant : Rebecca, épouse d'Isaac, assise sur un chameau et parée comme une jeune fille. D'une main elle tenait une cruche à eau en argent, de l'autre un écrit. Après Rebecca venait sa

(0 Genèse, ch. 15, v. i-9, ch. 24-22.

nourrice, accompagnée de trois ou quatre jeunes filles, portant des vases d'argent et des ustensiles de ménage (1).

7. Les tailleurs devaient costumer Léa, épouse de Jacob. C'était une femme horrible^ aux yeux chassieux ; elle portait des melons. Derrière elle marchaient ses six fils Raben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zabulon, et sa fille unique Dina. Celle-ci était suivie de Zilpha, portant dans ses bras Cad et Âzar (3).

8. Les cordonniers avaient pour leur part la belle Rachel, femme de Jacob, tenant en main une idole ; venaient ensuite ses deux fils Joseph et Benjamin, suivis de la servante Bilha, conduisant ses deux enfants Dan et Nephthali (3).

9. Thamar, la bru de Juda armée d'un bâton auquel était suspendue une bague en or. Venait ensuite un berger portant une brebis sur le dos. Il avait sur le front un écrit et en portait un second dans la main. Six campagnards, hommes et femmes, le suivaient portant également chacun un écrit. Ces personnages étaient équipés par les bouchers qui vendaient de la viande de mouton (4).

10. Les chaussettiers costumaient Asenath, épouse de Joseph. Elle était vêtue à Tégyptienne, comme une demoiselle de bon ton; ses deux enfants Manasses et Ephraîm la suivaient (5).

11. Marie, sœur de Moïse et prophélesse, qui jouait du tambourin. A sa suite venaient un grand nombre de femmes juives battant également du tambour. C'étaient les couvreurs en tuiles qui costumaient ces personnages bruyants (6).

12. Therlies, femme de Moïse. C'était une négresse costumée en reine, ayant en main une bague garnie de pierreries. Elle était suivie

(l)Gen.,ch. 24.

(2)Gen.,ch.29-35.

(3)Gen.,ch. 30-35.

(4) Geo., oh. 38.

(5)Gen.,ch. 4^, V. 45.

(6) Gen , ch. 4^. v. 50-51.

de quelques nègres et négresses, ses domestiques (1). Ce groupe était à la charge des poissonniers (2).

13. Sépbora épouse de Moïse, devant elle se trouvait un petit enfant nu, couché sur un coussin; elle le circoncisait au moyen d'une paire de ciseaux. Tout près se trouvait une épée nue, et derrière elle se tenait Moïse portant les deux tables des dix commandements et une verge. A ses côtés marchait un enfant nommé Gerson, suivi de cinq ou six autres enfants (3). 11^ étaient habillés par les barbiers.

14. Raâi (Rahal), la cabaretière et femme de Salomon, tenant d'une main uu écheveau de fil de soie et de l'autre un paquet d'étoupes ; elle était suivie de deux hommes représentant les espions de Jéricho porteurs d'écrileaux; suivaient quatre hommes armés, dont le chef portait un écrit (4). C'étaient les boulangers qui étaient charges d'équiper ces personnages.

15. Âxa (Housa) montée sur un mulet, bien vêtue et ayant en main une fontaine et un écrit; elle était accompagnée de Caleph (Calep), son père et d'un jeune homme armé et portant un écrit. Suivaient deux domestiques (5). C'étaient les épiciers (vetpotten) qui avaient la charge de ces costumes.

16. Le grand métier avait pour son compte: Débora, femme de Lappidoth; habillée en prophètesse, elle portait d'une main un livre ot de l'autre un sceptre. De la selle du cheval qu'elle montait, sortait un palmier qui ombrageait sa tète. Des veuves, des orphelins et autres personnes la suivaient en lui adressant des pétitions (6).

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