Le comte de Louvain avec toute sa suite à cheval
75. Un char de triomphe avec la comtesse entourée des sept familles patriciennes et des Peetermans de Louvain.
76. Le magistral composé des huit chef-doyens des drapiers avec leurs secrétaires et leurs concierges « knapen; » les deux concierges du la ville; les greffiers ou clercs du registre; les quatre receveurs; les six secrétaires de la ville; les deux pensionnaires; les dix-neuf jurés du conseil; les sept échevins; le maïeur avec sa « brak » (1) rouge marchait entre les deux bourgmestres ; enfin les sergents du maïeur.
77. Le cortège était fermé par un grand dragon avec Sainte-Marguerite et Saint-George.
Cette manière de faire la procession fut en vogue jusqu'en 1681. Depuis il n'y eut plus que les serments avec Saint Christophe, Cucufas et les diables qui en fissent encore partie. L'université et les magistrats raccompagnaient également.
Mais le 10 mai 1786 Joseph II ajanl défendu sévèrement les processions avec des images et de la musique, ni les serments, ni les métiers ne purent plus mettre leurs costumes.
Lors de la révolution brabançonne on abandonna cette défense et la procession eut lieu comme depuis 1681, avec cette différence cependant que les concierges des serments portaient seuls des costumes à l'espagnole.
Pendant la révolution française et depuis 179S il n'y eut plus aucune espèce de procession, et elle resta oubliée jusqu'en 1831.
Tous les objets, chars de triomphe, statues, etc., ont été vendus le 24 juillet 1779. La tête du géant qui passait pour un chef-d'œuvre fut conservée à l'hôtel de ville jusqu'au jour où les Jacobins la brûlèrent avec une partie des archives et des anciennes armures et bannières des serments. La tète de Megara existe encore (2).
Une procession également célèbre par les géants qui y figurent,
(4) Ornement en drap écarlate que le maïeur portait sur ses épaulées, espèce d'écharpe.
(î)Piot, ^6-23.
est celle qui sort le même jour à Welteren dans la Flandre orientale.
A Saint-Nicolas, dans le pays de Waes, le premier dimanche de septembre les ouvriers des fabriques commencent une espèce de kermesse k laquelle ils consacrent tout ce qui reste d'argent dans leur grande caisse de prévoyance dont le compte annuel se rend vers la fin d'août.
Cette caisse commune a été fondée pour subvenir aux besoins des ouvriers et de leurs familles en cas de maladies ou de mort. Chaque ouvrier y contribue en proportion de ses gages et y paye, en outre, les amendes imposées pour toute infraction aux règlements qu'ils se sont donnés eux-mêmes.
S'il n'y a eu durant l'année que peu de maladies, l'encaisse suffit souvent pour fournir à toutes les dépenses qu'exigent huit jours d'amusement et des festivités.
tt septembre. -— {Agaricuê catnpestris.) Saint Bertin, abbé ; saint Laureot^Justinien.
Saint Bertin, abbé de Sithiu, un des fondateurs de cette maison célèbre, qui porta depuis lors son nom, est patron de deux paroisses situées dans le diocèse de Bruges (1).
O septembre. — (Apargia aulumnalis.) Saint DoDatiea ; Saint Zacharie.
A Namur, le mardi après le premier dimanche de septembre la confrérie de Notre-Dame de Hal se rend à Téglise de Saint-Loup pour y prendre Timage de Notre-Dame de Hal et la reconduire processionnellement dans réglii>e paroissiale de Notre-Dame.
Celte confrérie, érigée dans Téglise des Récollets, envoie tous les ans, une députation à Hal le vendredi qui précède le premier dimanche de septembre.
Avant le départ, on porte processionnellement l'image de Notre- Dame de Hal à Téglise de Saint-Loup où elle reste jusqu'au retour des pèlerins. Avant la révolution la procession qui accompagnait jadis rimage se dirigeait d'abord vers l'église des Dominicains.
L'image était précédée d'un des plus beaux habits de la dite Vierge, porté en guise de gonfalon par une jeune personne parée avec le plus grand luxe à la mode régnante; à ses côtés étaient deux autres demoiselles tenant chacune un coin de cet habit pour qu'il parût étendu et bien déployé. Deux jeunes cavaliers, montés sur des chevaux de parade et portant chacun un étendard précédaient les jeunes fijles; le reste du cortège était magnifique à l'-avenant.
On entrait dans l'église des Dominicains pour y déposer l'image de la Vierge; puis les jeunes filles montaient en voiture avec deux Pères Récollets, pour se rendre à Hal.
Le dimanche la procession de Namur étaient reçue en cérémonie par le clergé de Hal qui la conduisait à l'église de Notre-Dame, où l'on faisait offrande de l'habit ù la Vierge, en se rédimant tout de suite après par une aumône; l'un des Récollets de Namur faisait ensuite un sermon. Après la cérémonie on retournait à Namur, où le cortège se formait de nouveau depuis les Dominicains jusqu'aux Récollets.
y septembre. — [Aster solidaginoides). Saint Cloud ; saint Hilduard ; saint Madelbert; sainte Reine; veille de la Nativité de Notre-Dame; instituée vers 7Î2 par Grégoire II.
Saint Cloud, que Ton invoque contre les clous, est à Lîége et en quelques autres villes le patron des couteliers (1).
Saint Hilduard, exilé par les intrigues d*une faction puissante de son diocèse, situé en France, se réfugia à Rome, et y reçut de saint Pierre dans une révélation Tordre d'évangéliser les cantons encore idolâtres de la Flandre. Il n'hésita point à accepter cette mission et partit en 733 pour la Flandre avec deux disciples. On lui indiqua non loin des bords de TEscaut le canton où se trouvait déjà le village de Ticlivinum qu'on nomme aujourd'hui Dickelvenne, comme entièrement payen ; après des peines infinies ce saint apôtre convertit le seigneur et tous les habitants de cette partie du comté d'AIost. Le seigneur, d'après le conseil du saint évèque, fonda un monastère, où il prit l'habit religieux et où il vécut depuis lors dans toutes les austérités de la pénitence. Saint Hilduard gouverna lui-même jusqu'à sa mort ce monastère (2).
Il bâtit dans le voisinage un couvent de femmes, dont il confia la direction à sainte Christine. Bien que sa fête soit marquée au 29 décembre, on la célèbre dans le diocèse de Gand le 7 septembre, jour de la translation de ses reliques à Termonde, où le saint évêque devint patron secondaire du chapitre de Notre- Dame (3).
La chambre de rhétorique « de Leeuwerck, » l'alouette, à Ter-
(^) Saignes, 1, f5*.
(2) Le couvent fut transféré, dans le douaième siècle, à Grammont, où il prit plus tard le nom d'abbaye de Saint- Adrien.
(3) DeSmet,M. d. M., p. 320-2 ; De Smel, p. 404-2.
monde, qui honorait saint Hilduard comme son patron, chômait ^a fètc très-solennellement. Cette association, dont les chartes ont été perdues à l'époque des troubles, prétendait tirer son origine de l'ancien serment des escrimeurs (Schermers-gilde) qui avait été supprimé (1).
En Brabant et dans le pays de Limbourg on considère saint Hilduard comme le patron des noyers. C'est pourquoi on aime d'abattre les noix pendant la semaine qui précède ou qui suit le jour de sa fête (2).
Saint Madelbert est très-vénéré à Celles, village du doyenné de Waremme dans le diocèse de Liège, dont l'église paroissiale lui est consacrée.
Sainte Reine, dont le nom était autrefois écrit et prononcé « sainte Rogne, » est invoquée contre la rogne (3).
A Louvain, la célèbre Université, dont l'érection fut autorisée par un bref du pape Martin V, en date du 9 décembre 142S, fête Tanniversaire de son installation soFenneHe qui eut lieu le 7 septembre, l'an 1426. Celte docte académie qui a toujours compté de grands savants au nombre de ses professeurs, s'est illustrée de tout temps par la multitude de sommités littéraires qui y ont puisé leur science. Chaque nouveau docteur, immédiatement après sa promotion, devait aller déposer ses hommages au pied de ht Vierge dans la collégiale de saint Pierre ; cet usage s'est conservé jusqu'aujourd'hui, ainsi, que l'ancien serment conçu en ces termes : « Je promets aussi de défendre de tout mon pouvoir le culte et l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie, patronne de celte Université (4). »
(4) Maestertias, p. 38.
(î) Coremans, p. 87.
H «eptembre. — {AUer ame//tis.] Fêle de la Nativité de la Vierge.
A part la Nativité de saint Jean-Baptiste. TÉglise ne célèbre que celle de Jésus-Christ et celle de sa mère, le nom de « Natalices » ou « nativité » (Natalitio sanctorum) donné à la fêle des saints désigne ordinairement le jour de leur mort.
Ce ne fut que vers la fin du septième siècle que le pape Sergius I, étendit à toute Téglise catholique la fêle de la Nativité de la Vierge qui se célébrait déjà depuis trois siècles dans TAnjou.
Parmi le grand nombre de sanctuaires de Marie pour qui ce jour est la fête principale de l'année, il faut citer Notre-Dame dite « Ara lunae, » inaugurée à Arlon, en 1654, dans Téglise des Capucins (1); Notre-Dame de la PoUerie à Bruges, où se vénère la plus ancienne image miraculeuse de la ville, le premier miracle s*étant opéré en 1009 (2); Notre-dame de Deynsbeke, près de Sotteghem, dont nous aurons encore Toccasion de parler; Notre-Dame au Cerisier à Edelaer (3) ; enfin Notre-Dame de Nazareth, à deux lieues et demie de Gand, où le concours des pèlerins, surtout pendant la quinzaine solennelle qui commençait le 8 septembre, était autrefois si grand qu'il pouvait être comparé à celui que Ton remarque à Hal dans les plus grandes solennités (4).
A Bruxelles, la confrérie de la « Vierge de Lorelle, » érigée canoniquement en 1648, et dont personne ne pouvait être membre, à moins d'avoir fait le voyage de Lorette, faisait autrefois, le jour de la Nativité de la Vierge, une procession dans laquelle les confrères
(I) De Reume, p. 48-;0.
(S) DeSmet, M.d. M., p. 444-U6.
(3) V. 7 mai.
^ (4) De Reume, p. U-n.
portaient en nain une petite bannière en papier avec Teifigie de la chapelle de Lorette (I).
Une autre confrérie de la même ville, érigée à Téglise de Saint- Nicolas sous le titre de Notre-Dame de la Paix, célèbre le môme jour sa fête principale.
Dans la chapelle dite « au Bois » ou « h Maison Haute » (de Ca pelle in den bosch genaemt het Hooghuys), près de Wolverthem en Brabant on célèbre Tinstallation de Timage miraculeuse de la Vierge. Un chien auquel cette petite statue était jadis attachée, parut vers Tan t682 entouré de lumière. L'événement fit du bruit, un grand concours de monde afBua vers cet endroit; des miracles s'y opérèrent et bientôt, avec le produit des offrandes des pèlerins, on put y bâtir une chapelle, le 3 juillet 1695, la statuette de la Vierge fut portée procession nellement de Téglise de Wolverthem dans la chapelle qui n*était pas encore achevée. Lors des troubles de la guerre elle fut replacée dans Téglise paroissiale ; on ne Tinstalla définitivement dans la chapelle, qui était alors couverte, que le jour de la Nativité de Notre-Dame.
Les petites bannières et les jetons distribués aux fidèles devaient porter d*un côté l'image de la Vierge, de l'autre celle de saint Norbert. (Sentence datée du 12 mars 1706) (2).
A Rollebeke on célèbre avec beaucoup de solennité la neuvaine de la Nativité de Notre-Dame.
L'image miraculeuse de la Vierge fut d'abord, comme beaucoup d'autres, attachée à un arbre de la forêt voisine de la paroisse : elle était connue comme la protectrice de tous ceux qui venaient lui exposer leurs besoins.
Vers le commencement du dix-septième siècle, on y construisit une chapelle et on pratiqua dans le bois un chemin assez large pour
a ) Scbayes, p. 205 ; De Reume, p. 320-4 . (2) H. d. E. d. B..t.II, 32Î-3.
qu'on pût porter la sainte image dans la procession annuelle, qui avait lieu le jour de la Nativité.
Les nombreuses bénédictions qu'on y obtenait par l'intercession de Marie augmentèrent de jour en jour la dévotion des fidèles; en 1630, on bâtit près de la chapelle une église paroissiale sous le nom même de la Nativité de Notre-Dame.
Les chapelles de Hollebeke, de Linzelles et de Dadizeele, paroisses qui sont distantes de trois lieues l'une de l'autre, étaient également fréquentées par les pèlerins; le peuple, qui les visitait alternativement, appelait ce triple pèlerinage la dévotion des trois Maries.
Sous le règne de Joseph II, la chapelle de la Vierge, à Hollebeke, fut annexée à l'église; mais la dévotion des fidèles ne s'affaiblit point. Les parents y implorent particulièrement le secours de Marie pour les enfants qui souffrent par suite d'hernies ou de maladies intestinales (1).
A Lebbeke, près de Termonde, a lieu une procession solennelle où l'on porte la statue de Notre-Dame; les habitants les plus considérables de la ville de Termonde se disputent l'honneur d'être parmi les porteurs. Après le grand jubilé, célébré en 1767, on institua une neuvaine qui commence le 8, et finit le 17 septembre.
C'était à l'occasion de cette procession que la chambre de rhétorique qui existait jadis à Lebbeke,. représentait presqu'annuellement différentes pièces ou a spelen. » en vers, soit à cheval soit sur des tréteaux (2).
A Lombeek-Notre-Dame, commune située à trois lieues et demie de Bruxelles et qui doit son nom à une statue miraculeuse de la Vierge, honorée dans l'église paroissiale, la fête de la Nativité attire de nombreux pèlerins.
(4) De Smet, M. d. M , p. 322-324.
(2) De Smet, p. 49-30; O.-L.-V. van Lebbeke by DeadermODde, V Anlwerpeo ; Maestertius, p. 428
Celte statue est aussi célèbre par son antiquité que par ses miracles. La tradition assure que la Vierge traça elle-mèuie le plan de Téglise où son image est honorée; et que Jean de Lombeek ayant formé le dessein de faire construire ce sanctuaire, mais ne sachant où prendre les matériaux nécessaires, trouva sur l'indication de Marie une carrière qui se referma aussitôt après Tachèvement de Tédifice,
Pendant les guerres, ajoute la légende, la statue vénérée fut transportée à Hal, et à celle occasion les habitants de celte ville obtinrent, que leur procession précéderait celle de Lombeek, dont Tépoque fut fixée au 8 septembre; ils promirent en retour qu'ils donneraient lous les ans une robe à la statue de Notre-Dame de Lombeek (1).
A Gand c'est surtout au sanctuaire de Notre-Dame aux Rayons ou de la Couronne d'Étoiles (O.-L.-V. 1er Radien ou van bel Slerren Kransken) que Ton trouve pendant l'octave de la Nativité de la Vierge la plus grande affluence de pèlerins.
La confrérie qui possède l'image miraculeuse honorée sous le nom de Notre-Dame aux Rayons, est sans doute la plus ancienne de toutes les associations pieuses qui ont été érigées sous ce nom dans les deux Flandres. Elle existe depuis le commencement du treizième siècle dans la magnifique cathédrale de Gand, qui n'était alors que l'église paroissiale de Saint Jean-Baptiste; plusieurs indulgences tant plénières que partielles, lui ont été accordées (2).
A Malines, la célèbre confrérie de Notre-Dame des Sept-Douleurs avait autrefois Thabiiude de donner tous les ans le jour de la naissance de Marie un banquet fraternel.
Dix proviseurs devaient seuls servir à table. La salle était décorée d'une statue de la Vierge, devant laquelle, après le repas, on chantait
M) DeReume, p. 48-61 ; H d.E d. B , t I, 566-272. 4 (î) Do Smet, M d. M., p. 258-9.
en fléchissant le genoa le « Salve Regina ». Cet antiphone fini, le président de la confrérie congédiait les confrères en disant : m Ite domi fratres; satis haustum est. Ite sodales! » (Allez-vous-en, mes frères; on a assez bu; allez-vous-en, convives) (1).
A Mons, la confrérie érigée au quinzième siècle dans l'église de Saint Nicolas-en-Havré sous l'invocation de Notre-Dame du Mont- Serrât, célébrait son jour de fête, fixé à la Nativité, par une procession solennelle, suivie d'une octave en l'honneur de la Vierge (2).
A Montenaeken, commune de la province de Liège, la petite chapelle de Steps, aujourd'hui presque ruinée attirait anciennement, le 8 septembre, un immense concours de fidèles. On s'y rendait pour y invoquer l'intercession de « Notre-Dame de Sleps » ou « de Montenaeken », dont la statue fut transportée, en 1467, dans l'église cathédrale de Liège. C'était à cette image miraculeuse que les Liégeois attribuaient la victoire éclatante qu'ils remportèrent, en 1213, au milieu de la plaine où s'élève le sanctuaire antique dédié à Notre-Dame de la Nativité » (3).
A Namur, la collégiale de Notre-Dame avait anciennement, en ce jour, une grande fête avec exposition de reliques.
Parmi les sanctuaires du Pays de Waes celui de Nieukerke est le plus fréquenté pendant l'octave de la Nativité.
L'image miraculeuse , qu'on y vénère est communément appelée l'image de Notre-Dame au Bois, ou a 0. L. V. ten Bossche, » apparemment parce qu'elle a d'abord été attachée à quelque arbre.
La chapelle où elle fot placée postérieurement, parait avoir été antérieure à la paroisse même, qui ne fut érigée que vers la fin du treizième siècle : elle exista jusqu'à l'invasion française. Depuis, la sainte image repose dans l'église paroissiale, dédiée elle-même à la
(4) Van Alkemade, t. U, 4$.
(i) De Reume, p. 386-7.
(3) De Reume, p. 354-&
Mère de Dieu ; rarement il se passe une semaine sans que beaucoup de pèlerins y viennent implorer le secours de Marie.
Un autre sanctuaire très-célèbre de la Vierge que le Pays de Waes possédait au moyen-âge n'existe plus. Il était situé dans les environs de tieldrecht près d'un lieu, d'abord sauvage et inculte, nommé Hulsterloo, d'où lui vint le nom de Notre-Dame d'Hulsterloo. Si l'on en croit une tradition, l'image miraculeuse qu'on y vénérait, avait d'abord été honorée à Arras; mais comme les habitants avaient entièrement négligé son culte, elle avait été transportée par les anges à cette extrémité du Piays de Waes. Les comtes deFlandre ayant donné le domaine à l'abbaye de Tronchiennes, celle-ci y fit bâtir un prieuré et le pèlerinage d'Hulsterloo devint de plus en plus fameux. Mais le prieuré et le sanctuaire furent dévastés par les iconoclastes, et ni l'un ni l'autre ne se releva de ses ruines (1).
À Solteghem se fait, l'un des jours de l'octave de la Nativité de Notre-Dame, une procession solennelle en mémorre de l'épidémie dont la ville eut à souffrir, en 1742, et dont elle fut délivrée par l'intercession de Notre-Dame de Deynsbeke.
Cette statue, faite d'après la tradition d'un fragment de la Vierge d'Afflighem, brisée par les iconoclastes, se vénère depuis 1780 sous le nom de « Consolatrice des affligés » â l'église de Deynsbeke, près de Sotleghem; elle est particulièrement invoquée contre les fièvres malignes et les maladies épidémiques.
Une confrérie a été érigée en son honneur; les membres jouissent de grandes indulgences accordées en 1753, par le pape Benoît XIV (2).
A Tongerloo, dans la plus connue des abbayes Norbertines en Belgique, abbaye qui fut érigée m l'honneur de la Viei^, vers 1130, par Gilbert, riche propriétaire de la Taxandric; avait lieu le
(\) De Smet, M. d. M , p. î80-3as.
(t) DeReume, p. 475-6.
même jour une procession magnifique qui attirait jadis toute la population des environs (1>.
A Vilvorde se faisait en ce jour la grande procession ou Tommegang de la ville.
9 septembre» — (Solidago canadensis,) Saint Orner; saiot Adrien ; saint Pierre Claver; saint Gorgone.
Le 9 septembre, la population de Marche-lez-Écaussînes se rend encore annuellement en procession à Familleureux, où le clergé célèbre une messe d'actions de grâce en mémoire d'une peste dont les habitants furent délivrés par Tinlercession de la Vierge; la statue de Marie est portée dans la procession.
Cette statue de Familleureux est vénérée sous le nom de Notre- Dame de Miséricorde, en souvenir sans doute de la légende suivante, dont un tableau sculpté, dans l'église de la commune retrace le souvenir.
La commune de Familleureux, qui fait partie du canton de Senefife et de l'arrondissement de Charleroi, porta d'abord le nom de Reux, mais depuis qu'en 1244 Nicolas de Familleur était seigneur de Reux, on ne la désigna plus autrement que sous le nom de Familleureux. Or, un des seigneurs de ce village, Wautier de Bousies, dit Fier-à-Bras de Yertaing, avait organisé dans ses domaines des réjouissances et des jeux publics auxquels il avait invité les habitants des localités environnantes. Au milieu de la fête les hommes de Houdeng insultèrent le seigneur, qui les régalait. Dans sa colère Fier-à-Bras résolut do tirer une vengeance éclatante de
celte insulle, et fit tout disposer pour une expédition contre le village de Houdeng, dont il voulait exterminer les habitants.
De leur côté les coupables prévoyant le châtiment qui leur était réservé, se rendirent à Familleureux pour implorer leur grâce. Lorsque Fier-à-Bras apprit qu'ils étaient devant la porte du château, dont ils sollicitaient humblement rentrée, il saisit ses armes, et, suivi de son fidèle lévrier il marcha contre les malheureux habitants de Houdeng. Déjà malgré leurs supplications et leurs cris il avait tué ceux qui se trouvaient à sa portée quand tout-à-coup l'image de la Vierge se dressa devant lui et le sépara de ceux qu'il voulait frapper. A cette vue, Fier-à-Bras, dont le casque venait d'être enlevé par une main invisible, sentit sa colère se dissiper et un besoin de pardon succéda à son désir de vengeance.
Le tableau qui perpétue cette scène, était fixé jadis non loin de la tribune du seigneur de la localité; il est maintenant placé à gauche de l'autel de la Vierge. Une inscription en caractères gothiques qui se lit sous le tableau, dit :
(S'fdt il rememorance bel ofence que ceulr be «^oubaing (Usaient fait a SWong. glerairaô be ajertalng en cette toille et maiôon bu ÇamiKcuroelÔ.
L'ancienne église était bâtie près de la ferme de Courrières, et relevait de l'abbaye de Bonne-Espérance; mais en 1812 on supprima l'antique édifice et on érigea en église la chapelle construite près du château et dédiée à Notre-Dame de Familleureux, dont le culte s'étendait de jour en jour. C'était surtout dans des maladies contagieuses, que le concours des dévols augmentait au sanctuaire de Familleureux; les miracles nombreux, qui s'opéraient, dit-on, dans cette chapelle, en firent un lieu de pèlerinage très- fréquenté.
La confrérie de la Vierge établie à Familleureux, est trèsancienne et très-nombreuse. Dans un registre de 168S ou trouve une longue nomenclature des villages qui y étaient aggrégés et dont les
— fo3 —
habitants faisaient le pèlorinage de Familleureux les jours de fètc de la Vierge.
On montre encore incrustée à Tinlérieur de la chapelle de la Vierge dans Téglise de Marche-lez-Écaussines une pierre sculpl»^3 représentant le pèlerinage à N.-D. de Familleureux (1).
A Meerbeek près de Ninove on célèbre ce jour-là la fête des saintes None et Celse» vierges qui reposent avec sainte Berlinde dans Téglise de ce village (2).
« Sint Omaers putteken, » le petit puits de saint Orner est encore aujourd'hui le but de nombreux pèlerinages. Un noble seigneur Âdelfried (dont la commune d'AIveringhe, anciennement « Adelfridingahem, » la villa d'Adelfried, emprunta son nom) et les premiers fidèles des environs de Fumes y furent baptisés par saint Omer, évoque de Thérouane et missionnaire à Fumes, en 663. Le jour où selon la tradition cette conversion eut lieu, le clergé d'Alveringhen vient bénir les eaux de la fontaine, et chaque famille emporte de cette eau pour en distribuer à ses malades, ^ son bétail et pour en arroser sa maison (3).
Dans les environs de Tongres et de Maeseyck, tout le monde va le jour après la Nativité de la Vierge à la rencontre des pèlerins qui reviennent de Kevelaer. Les enfants, à pied ou portés sur les bras de leurs mères, ont chacun k la main un grand cierge allumé et bien décoré, qui est donné en offrande à Téglise. A son tour le curé invite tous les enfants à une petite fête qui a toujours lieu le jeudi suivant; on leur sert d'abord du café avec du biscuit anisé ou « krombroodjen, puis du riz au lait ou « rystpap » qu'ils mangent en se servant de cuillers en argent comme les anges au paradis, selon la croyance populaire.
[i) DeReume, p. 123-6.
(2) Gazet, p. 328.
(3) A. d. 1. S. d E. de Bruges, 4:850, p. iOO; H. Vandevelde, p. U.
lO •eptembre* —[Croeus autumnalis.) Saint-Nicolas de Tolentino.
A Gand on mange pour se préserver de la fièvre des petits pains bénits appelés « sint Nikiaes van Tolentino broodjen, » pains de saint Nicolas de Tolentino. On en porte même sur soi pour se préserver des sortilèges et surtout des « maren » (1).
Le troisième samedi avant la saint Miehel s^appelle a Gulden zaterdag, » samedi d'or (3).
Le samedi, avant le jour du nom de Marie, une grande partie des habitants de Bruxelles illuminaient autrefois leurs maisons. L'église du Sablon restait ouverte depuis sept jusqu'à onze heures du soir, et attirait une foule de monde. L'archevêque de Maiiues, eu égard aux abus qui résultaient de cette dernière coutume, la supprima en 1768. Depuis lors les habitants de Bruxelles cessèrent d'illuminer leurs maisons ;^ il n'y eut guère que les bouchers qui continuèrent opiniâtrement à illuminer la boucherie avec des lanternes de papier ornées de figures grotesques (3).
(4) Les « maren » (en anglais « nightmare» ; en français « cauchemar *; en allemand « matire, alp »; en polonais « mora •; en tchèque « mOra •), sont trèsrédoatés des populations flamandes. Elles se jettent sur Thommeendormi et cherchent à Tôtouffer. On a soin en Flandre de ne pas placer ses sabots de trarers devant le lit avant de se coucher, de crainte d'être monté « bereden » par la « mare. »
(2) Coremans, p. 68.
(3) Schayes, p< %05.
1 1 •eptembre* — [Colchicum variegatum). S^Ani EmilieD; taioU Prote et Hyacinthe ; sainte Vindicienne.
Le dimanche qui suit la fête de la Nativité de Notre-Dame, Téglise célèbre celle du « Saint nom de Marie (1). »
Le second dimanche de septembre, la confrérie de Notre-Dame de Hal ou « des Paradyzes » (du paradis), à Hat dont le pape Eugène IV confirma Téreclion en 1434 et que plusieurs autres pontifes ont favorisée de diverses indulgences, célèbre sa fête par une messe solennelle suivie d*une procession, dans laquelle on porte rimage miraculeuse de Notre-Dame ; puis les membres se réunissent dans un repas dont les plats sont prescrits par les statuts.
Le dimanche après la Nativité de la Vierge est le jour de fête de Wavre-Sainte-Catberine près de Malines, où l'image miraculeuse de Notre-Dame attire chaque année un grand concours de fidèles.
Ce n'est qu'en 1739 que commença la dévotion à cette statuette qui était fixée à un arbre, dans un endroit dit a de Dry Roeden, » les Trois Verges. On l'invoquait contre les fièvres avec tant de zèle, qu'en l'année 1749, le montant des offrandes dépassait 450 florins. En 1747, le fermier Jean Janssens obtint l'autorisation de bâtir, pour cette image de la Vierge, une chapelle, où les novices du couvent des Jésuites de Malines enseignaient autrefois le catéchisme (2)<
Le même jour a lieu une procession solennelle au « Bois-Seigneur- Isaac » en souvenir d'un miracle qui s'y opéra le S juin 140S (3).
[i) Historié van O.-L.-V. van Halle, p. 58-9.
(2) H.d.E.d.B., t. II, 669-670.
(3) Histoire originelle du Saint-Sang de Miracle arrivée au Bois-Seigneur- Isaac, par J. Bernard. Bruxelles, 4789.
15^ «eptembre* — {Passiflora peltata.) Saint Guy ou Guidon ; saint Quirice
Saint Quirice, enfant qui souffrit le martyre avec sa mère sainte Julitte, est patron de Seneflfe, dans Tévêché deTournay ; saint Guidon est très-vénéré en Brabant.
Il naquit vers Tan 980 à Berehem-Saintc-Agalhe, suivant quelques-uns, à Anderlecht suivant l'opinion la plus répandue. D'après une tradition accréditée parmi les vieillards, il y a deux siècles, il vit le jour dans une maison située près du couvent des Minimes, et appelée : « Sinle-Wyen gelege, » dont la porte avait toujours été décorée de sa statue en pierre.
La pauvreté de sa famille força Guidon à s'engager au service d'un laboureur. Il partageait avec ses parents le produit de son travail, et le temps que d'autres passaient dans le repos, il l'employait à élever son âme vers Dieu. Un jour qu'il avait quitté sa charrue pour se mettre en prières, un ange vint prendre sa place. Le maître du saint, au comble de l'admiration, vit bientôt s'opérer d'autres prodiges. Guidon ramasse de la terre, et sous ses doigts cette terre se change en pain; son bâton lui échappe dos mains, so fixe dans le sol, se couvre à l'instant de fouilles et devient un chêne immense ; le chêne de saint Guidon (Sinte-Wydon-Eik) a été abattu en 1633, parce qu'il mourait de vieillesse, et remplacé par un autre arbre qui existe encore sur le bord du chemin d'Andorlechtà Ittcrbeck.
Devenu homme. Guidon conçut le pi'ojet de fuir le monde. Il orra longtemps avant de trouver un lieu où il pût vivre dans la solitude. Arrivé au hameau de Laeken, il consentit, à la prière du prêtre du lieu, à y rester comme sacristain. Il se dévoua tout entier à ses nouvelles fonctions ; grâce à ses soins, l'autel était toujours paré do fleurs, l'église resplendissante de propreté, bien qu'il ne se nlù'hat
en rien de sa première austérité. Mais ni ses veilles, ni ses jeûnes, ni son inépuisable charité ne le mirent à Tabri des pièges du tentateur.
Un marchand qui habitait «le château voisin, appelé Bruxelles, u sut lui persuader d'employer dans le commerce son petit pécule, on lui représentant que, devenu plus riche, il pourrait donner plus largement aux pauvres. Mais le ciel ne favorisa pas les deux associés. Le bateau qui portait leurs marchandises s'abima dans la Senne, et Guidon, qui, au grand élonnement de tous, avait voulu accompagner l'équipage, revint dépouillé et repentant. Peu de temps après, il partît pour visiter la Terre-Sainte.
A Rome, il rencontra le doyen d'Anderlecht, Wonedulphe, qui le connaissait de réputation, mais à qui sa longue barbe, ses traits altérés par la fatigue et la faim, le rendirent d'abord méconnaissable, lisse revirent avec joie, et partirent ensemble pour Jérusalem. Pendant le retour le doyen mourut, et de nombreux miracles s'opérèrent sur son tombeau. Déjà, avant son départ, Wonedulphe avait mérité les faveurs du ciel; un jour selon la tradition, ses serviteurs, en allant ensemencer un champ, le virent couvert d'épis et de fleurs. Le lieu, situé dans la plaine de Scheut, près du chemin dit « des mendiants, » conserva le nom de « champ de miracle, » a den akker van mirakel en hetmirakuleus bunder. » Au seizième siècle, on le citait pour son extrême fertilité, et les passants se plaisaient à y arracher des épis. Quelques personnes prétendaient que c'était là que dos anges avaient aidé Guidon dans son travail. C'est pourquoi ou l'appelait aussi « le bonnier de Saint-Guidon, Sinter-Wyden-bunder. ager Sancti Guidonis. »
L'empressement que Guidon mit à regagner le Brabant épuisa ses forces, auxquelles un flux de sang porta une nouvelle atteinte. Il arriva à Anderlecht presque sans vie, après une absence de sept années. Accueilli dans une pauvre chaumière, il raconta les incidents de son voyage, entre autres les derniers moments de Wono-
dulphe. A la nouvelle des récits du pèlerin, les clercs ou chanoines accoururent auprès de lui, et le vicaire ou vice-doyen ne douta plus de sa bonne foi, lorsque saint Guidon lui eut montré Tanneau de Wonedulphe. On s'empressa de porter le malade au monastère, mais aucun soin ne put le sauver; il mourut le 12 septembre 1012. Au moment où il quittait la terre, une lumière éclatante entoura tout-kcoup le moribond et une voix venant du ciel prononça ces paroles : « Que notre bien-aimé vienne partager la couronne de la béatitude éternelle, puisqu'il a conservé la foi. » Aussitôt on accourut, mais il était trop tard, Guidon venait de rendre Tâme.
Dans l'ancien monastère, qui servit depuis d'habitation au doyen, on montrait encore au dix-septième siècle la chambre où le saint avait expiré.
L'oubli ne tarda pas à effacer l'éclat que la sdinte vie du pauvre paysan avait répandu sur ses derniers moments. Sa tombe cessa d'être respectée ; mais un jour, un cheval, qui Tavait heurtée de son sabot, fut frappé de mort à l'instant. Onulphe, le seigneur du village, voyant dans cet événement une marque de la colère divine, fit entourer d'une haie la sépulture du saint. Les deux serfs qu'il avait chargés de ce travail, se prirent à rire et s'écrièrent : « Voilà un bel ouvrage; emprisonner un vieillard mort depuis longtemps. Craint-on qu'il ne veuille s'enfuir? » Une mort subite les punit de cette parole inconsidérée.
Alors la dévotion recommença. En 1054, on éleva sur le tombeau de saint Guidon, et contre les murs de l'église, un oratoire dédié à la Vierge. Mais les nnirs de l'église menaçant de s'écrouler, les habitants d'Anderlecht, de concert avec le clergé du lieu, résolurent d'en bâtir une plus grande. Pour exécuter ce projet il fallait détruire l'oratoire. Ne sachant où placer les ossements de Guidon, on s'adressa à l'évèque de Cambrai, Gérard, qui ordonna de les déposer « au milieu de l'église, dans un lieu décemment orné » jusqu'à ce que le bâtiment fût entièrement reconstruit. Après un jeûne solennel de
trois jours, on exhuma les restes vénérés, et on les lava dans une fontaine qui conserva depuis des propriétés surnaturelles. Elle sortait de terre à l'endroit qu'occupe le centre de l'église actuelle, et où on plaça plus tard le tombeau du saint, avec l'inscription suivante : « Hic confessons Sancti jacet unda Guidonis — quâ fuit ablatus a praesule canonisatus. » Aujourd'hui la a source de Saint- Guidon » (Sinte-Wydens borre) jaillit à mi-côte du versant septentrional du plateau d'Anderlecht au lieu dit a den Weldenberch. » On y lit sur un pierre bleue : Sanctus Guido. — 0(ra). P(ro). N(obis).1786.
De nombreuxdévots, transformés en ouvriers infatigables, aidèrent à la construction du nouveau temple. Parmi eux il y en eut un, nommé Tancrade, qui recouvra la vue par l'intercession du bienheureux. A peine guéri, il se bâta de regagner son lieu natal, au-delà de la Dendre, « sans avoir demandé au saint l'autorisation de partir, ni reçu la bénédiction des clercs. » Il redevint aussitôt aveugle, mais ayant visité une seconde fois le sanctuaire d'Anderlecht, il revit la lumière, et prouva sa reconnaissance en travaillant toute sa vie à l'achèvement de l'église. Cette grande entreprise terminée, l'évoque Odard ou Odon procéda, le 34 juin 1112, à l'élévation des restesde Guidon, que l'église a mis au rang des bienheureux et que les campagnards regardent comme le patron de leurs écuries et de leurs étables.
13 septembre. — [Crocus sativus) Shini Amat; saint Maurille; saint Frédéric ; saint Materne.
Saint Frédéric est le patron de Vlierzele, paroisse du doyenné d'Alost dans l'évèché de Gand, dont il fut le curé.
Saint Materne, que trois paroisses de l'évèché de Namur honorent comme patron, et dont la fête se célèbre communément le 14 de ce mois, est le premier apôtre des Dinanlois et le fondateur d*un très-grand nombre de sanctuaires. Ce fut lui qui modela de ses propres mains la fameuse statue de la Vierge à Walcourt et fit bâtir les églises ou oratoires sous Tinvocation de Notre-Dame à Ciney, à Dinant,à Huy, à Namur, à Tongres, etc.
Néanmoins, on ne sait pas encore exactement Tépoque de son apostolat. Quelques auteurs le font disciple de saint Pierre et fils do la veuve de Naïm, d'autres assurent qu*il vivait au commencement du deuxième siècle, enfin une troisième opinion, accréditée par les Bollandistes reporte les travaux évangéliques de saint Materne au commencement du quatrième siècle et prétend que ce saint évêque de Tongres mourut en 328.
La fête qui se célébrait à la collégiale de Namur en Thonneur du fondateur de celte première église de la ville attirait autrefois, le 14 septembre de chaque année, un grand concours de pèlerins qui y affluaient de tous côtés pour visiter Téglise souterraine connue sous le nom de<cGrotte de Saint-Materne,))Où était conservé Fancien autel consacré par le saint lui-même.
1 4 septembre. ~ {Passiflora eoerulea.) Saint Materne; Fôle de TExaltation de la sainte Croix.
Cette fête « H. Kruisverheffing, » fut établie en mémoire d'un événement historique.
La vraie croix avait été enlevée par les Persans dans le temple de Jérusalem, elle leur fut reprise en 628 et replacée Tannée sui-
vante par Tempereur Héraclius dans l'église de la Résurrection.
Dès Tan 1092, Tournai célèbre en ce jour, par une procession solennelle, la délivrance d'une aifreuse maladie appelée feu ardent, qui cessa par Tenlremise de la Vierge (1).
Instituée par Tévèque Radbod II, cette procession devint si célèbre que souvent elle était suivie de plus de cent mille étrangers de tout âge et des deux sexes, et qu'on faisait trois processions le même jour : à minuit, à quatre heures du matin pour ceux de Gand, et à sept heures. Philippe de Valois (VI) ordonna en 1330 que « ceux qui y assisteraient pendant neuf jours, ne pourraient être arrêtés, ni molestés en personne, ni en biens. »
La veille de la procession, la Confrérie des Damoiseaux (2), composée de jeunes gens des premières familles bourgeoises, et suivie du corps des doyens, en manteaux noirs et rabats, se mettait en marche vers quatre heures de l'après-midi, pour aller à la cathé-
(1) Cornet, p. 156.
{î) Les damoiseaux de la Confrérie de Notre-Dame relevaient « la fierté » qu'ils portaient à la procession, d'une belle et riche couverture qu'ils renouvelaient chaque année et qu'ils laissaient à MM. du chapitre. Mais ce don annuel devenant trop onéreux, ils entreprirent , du consentement avec le chapitre, en 45t0, de faire fabriquer une couverture en images d'argent qui servirait toujours. Chacun donna une image de son patron en argent massif, dont on couvrit la fierté. — Cette riche enveloppe dura jusqu'à la première invasion des Français en Belgique.
Les damoiseaux, dont la compagnie qui était dans l'origine de soixante-dix hommes fut réduite à soixante, et qui ne manquaient jamais d'assister tous à la procession, étaient très-soigneux sur le chapitre de leur toilette qui consistait en robes de drap brodé, blanches, violettes, vertes, écarlates, rayées, semées de fleurs de soie ou d'autres ornements. Tous les dix ans ils renouvelaient leur costume et adoptaient une couleur quelconque avec des broderies dififérentes, tantôt en soie, tantôt en or ou en argent.
Lorsqu'ils marchaient en corps ils portaient toujours une verge blanche et un chaperon de roses ou d'autres fleurs ; chacun devait avoir une médaille de N.-D., représentant un soleil passant sur la lune, toute d'or, du poids d'une once.
drale rendre hommage à la Vierge, dans la chapelle de la Croisée ; ils allaient tous en ordre baiser la sainte vraie croix que MM. du chapitre y déposaient dans un reliquaire d'argent. Ils y faisaient chacun une offrande qu'ils tiraient d une petite bourse de soie cramoisie suspendue par un ruban à la boutonnière de leur habit.
Des quatre compagnies bourgeoises, celle des canonniers (1) avait seule l'honneur de prendre part à la cérémonie; chacun d'eux venait en son rang baiser la croix et faire son offrande. Après quoi le cortège se rendait dans le même ordre à rHôtel-de-Ville.
Le lendemain, après les trois processions, on faisait le « Deposuit » (2) et on se livrait au plaisir de la table (3).
(4) Lorsque le 24 août 1566, Reubs à la tête de quatre cents gueux entra dans réglise de Notre-Dame pendant qu'on chantait les matines, ce furent les cauonniers seuls qui parieur bravoure sauvèrent Téglise et chassèrent les gueux hors de la ville. En récompense le chapitregratifia cette compagnied'un présent annuel de vin et d'argent et du privilège d'entrer dans l'église la veille de la procession communale et le lendemain avec leur roi, leur connétable, leur capitaine sous les armes, enseigne déployée et tambour battant, à la suite des doyens.
(5) Dans les confréries, outre l'image du patron, placée ordinairement au-dessus de l'autel ou dans quelque niche et qu'il est impossible de transporter, il y en avait une seconde de moindre dimension que chacun des confrères était tenu, à son tour, de conserver chez lui pendant un an ; chaque année, au retour de la fête, cette image était déposée sur la table des trésoriers ou receveurs de la confrérie dans la nef de l'église ou même dans le vestibule ; afin qu'elle ne fut pas portée rustiquement par les rues, on avait un bâton orné et embelli selon le goût du temps, au bout duquel on rélevait au magnificat des vêpres lorsqu'on récitait le verset « Deposuit poteutes de sede ». Celui qui avait rapporlé le bâton sortait de charge et à ses paroles « et exaltavit humiles • on mettait en place celui qui devait garder l'image et le b&ton durant l'année.
Cet usage du « deposuit » est très-ancien : Tévêque de Paris, Eudes de Sully, n'osant l'abolir tout à fait, se contenta de lui assigner certaines bornes et de prescrire que le verset deposuit serait dit tout au plus cinq fois.
(3) Clément,t. II, U9-158.
1 tf septembre. — {Colchicum byzanlicum). Saint Nicomède ; saint Nicèle; saint Eleotbère, octave de la Nativité de la sainte Vierge.
Cette octave fut instituée en 1243 par Innocent IV après son élection, en accomplissement d'un vœu. A Toccasion de quelques différends qui survinrent lors de l'élection de ce successeur de Célestin IV, à cause des brigues de l'empereur Frédéric II, les cardinaux eurent recours k Notre-Dame, et s'obligèrent par vœu d'ajouter une octave à la fête de sa Nativité dès qu'elle leur aurait donné un pape (1).
I e eeptembre. [Aster tripolum]. Saint Corneille, pape; sainte Euphémie,
saint Eleothère.
Saint Corneille, auquel onze églises sont consacrées, est invoqué par le peuple contre les convulsions. C'est surtout à Âelbeke, village situé dans le doyenné de Menin, que se rend la foule des pèlerins pour obtenir la protection du saint dans l'église qui porte son nom.
A Mons, les tailleurs l'ont pris pour patron, mais ils chôment le jour de sa fête le 14 du mois.
A Tournai, on célèbre la fête de saint Ëleuthère, patron de la ville, à l'église de Notre-Dame; on y admire encore à côté du maître-autel la châsse ou « fierté » de ce saint, magnifique ouvrage d'orfèvrerie que l'on attribue à saint Ëloi; argentier du roi Dagobert. Trois églises du diocèse de Narour sont dédiées à saint Éleuthère.
(ï) Arnoldus Wionius. lib. 5. Ligni vitae, p. 22.