IS
silion violente à Femper^r Frédéric IL Né à Braxelles d'un orffevre qui demeurait, paralt-iU à la Gantersteeo, mais dont on ignore le nom, li se rendit en 1240, après s'être démis de sa dignité, en Brabant auprès du duc Henri IL Vers l'année 1258, il fut recteur de théologie à Paris; il mourut en 126S près de Bruxelles, dans l'abbaye de la Cambre, qui lui servit de refuge. Il fut enterré dans le chœur des prêtres, où l'on voyait sa tombe, élevée de quatre pieds an-dessus du sol. A l'endroit oti il demeurait, à la Cambre, un père récollet, François Vancutsem, éleva une chapelle en son honneur.
En souvenir des dons qu'il fit au monastère, le dimanche de Laetare, de grands pains, appelés pains de saint Boniface, étaient distribués aux pauvres. On avait conservé son calice dont on se servait pour administrer le sacrement de TEucharistie anx religieuses. Car, par sa dévotion et par ses vertus, Boniface avait acquis une grande réputation de sainteté. On solennisait sa fête en vertu d'une buile du pape ClémentXI, det'annéel702, qui le plaça au rang des bienheureux.
Le 2S juin 1600 ses restes mortels furent exhumés et placés dans une châsse de bois par Robert d'Ostebaere, abbé de Cambron et de Hautmont, que l'archevêque de Malines avait autorisé â cet effet. Cette «hâsse, qui est recouverte en écaille et garnie d'ornements en argent et en bronze doré, fut déposée en 1796 à l'église de Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles, d'où une partie de ces reliques ont été transportées, le 9 mai 1852, à l'église d'Ixelles qui avait été livrée au culte le l*' avril 1849, et dont le patron est saint Boniface (1).
Dans le pays flamand on croit que les arbres transplantés le 19 février sont sous la protection de « Sinte Vreke » (sainte Véronique) {2).
(1) H.d.E. d. B., t. m, 3I0-3H ; 287-288. :î) Coremans, p. 76.
»0 février*— (ryfi09/05«tim omphalodes.) Sainte Euchère; saint Éleothère/ en rhonneur duquel trois églises sont consacrées, est le patron de la Tille de Tournai.
SaiBlËleuthère naquit à Tournai deSorenus et de Blanda, fervents chrétiens. A peine eut-il achevé ses études (saint Médard avait été son condisciple et son ami), qu'il fut banni avec les autres fidèles par le commandant payen de la ville. Tous se retirèrent k Blandin, où Tévèque Théodore étant mort, Éleuthère fut choisi pour lui succéder. Quelques années plus tard, Éleuthère ressuscita, en présence de la foule étonnée, la fille même du commandant pei*sécuteur, enterrée depuis quelques jours. Le commandant se convertit, et Éleuthère rentra à Tournai avec les chrétiens bannis. Il y baptisa en une seule semaine plus de onze mille idolâtres et bâtit, en rhonneur de la Mère du Christ, une cathédrale magnifique. Mais IV p6tre de Tournai ne borna pas là ses travaux. Il prêcha, non sans succès, rÉvangile parmi les peuplades encore idolâtres de son vaste diocèse, combattit Tarianisme qui faisait de grands ravages dans son troupeau, et réunit un synode pour extirper la secte des acéphales. Furieux de voir à saint Éleuthère tant d*énergie, quelques sectaires se jetèrent sur lui, comme il sortait de Téglise de Notre-Dame, et le laissèrent pour mort sur la place. Le saint survécut cependant plus d*un mois à cet affreux attentat. Il mourut, le 20 février S3i, et ses restes sacrés furent inhumés à Blandin, dans Téglise des Saints- Apôtres (1).
(4) De Smet, M d. M , p. 3i0-3.
ut février. — [Crocuê versieolor). Saint Pépin; sainte Vitaline; saint Sévérien.
Saint Pépin de Landen mourut le 21 février 640 ou 647, à Lan* den. Il y vit probablement le jour, puisqu'il en porta le nom et qu'il y fut enterré ; mais plus tard, on ne sait k quelle époque, son corps fut transporté à Nivelles, où il repose près de Taulel de sainte Gertrude, sa fille, et où \ine même tombe réunit ses restes à ceux de sainte Itte, son épouse, et à ceux de sa nourrice.
Le jour de la translation, un grand cortège de personnes portant des flambeaux accompagna ses restes mortels depuis Landen jusqu'à Nivelles et dans tout ce long trajet, le vent, quoiqu'il fût très-impétueux, n'éteignit pas, dit-on, un seul de ces cierges. C'est pourquoi ce bienheureux prince y est honoré comme un saint, quoiqu'il ne soit pas encore canonisé, et chaque année aux processions des Rogations, sa ch4sse est portée avec celle de sainte Itte ou Iduberge, son épouse, et de sainte Gertrude, sa fille. On attribue à Pépin la fondation du sanctuaire de Marie qui subsiste encore à Landen (1).
Itft février* — {Beliis perennis.) Chaire de saint Pierre à Antioche, fête instituée en mémoire du siège pontifical, que le vicaire de Jésus-Christ établit d*abord à Àntioche, la dernière année du règne de Tibère.
C'est la plus ancienne et la plus importante fête de saint Pierre. Nous la trouvons déjà indiquée dans la liste composée en 354 à
(4) Bovy, IJ, 262-3; Gazet, p. 305-6; Van Alkemade, II, 493-4; B. M., p. 38.
Rome. Elle se célèbre le jour môme où dans les premiers temps du christianisme on chômait Tanniversaire de Tenterrement des saints Pierre et Paul, et par la coïncidence de quelques solennités païennes qui avaient lieu vers la naême époque, elle devînt bientôt très-populaire.
Caries usages qui se pratiquent encore main tenant ce jour-là dans différentes contrées de l'Allemagne et des Pays-Bas, sont évidemment d'origine païenne. N'ayant pu réussir à les abolir, TÉglise chercha à les christianiser peu à peu, en substituant ta fête de la chaire de saint Pierre à celle de la « parenté chérie » qui se célébrait le 22 du sprokkelmaend. C'est pourquoi dans les documents du moyen-àge ce jour est ordinairement désigné par son nom primitif de a cara cognatio ».
Comme te nom Tindique, cette fête se chômait en l'honneur des parents ou amis décédés. On se rassemblait aux pieds de leurs tombeaux on y renouvelait chaque année te repas funèbre ou le «dadsisas (1). » A Torigine ce repas, qui terminait tes funérailles, avait lieu le troisième, le septième et te trentième jour après le décès, mais Charlemagne borna ces repas à un seul banquet qui devait se donner le jour môme de l'enterrement, usage qui s'est maintenu jusqu'à nos jours dans presque tous les villages de la Belgique.
Les « trentaines, » qui se pratiquent encore sous le nom de « dertigste, » et les messes appelées en Flandre « derde en sevenste, » troisièmes et septièmes, nous rappellent Tancienne cérémonie du « dadsisas, » tandis que la croyance, d'après laquelle on réjouit les âmes du purgatoire en bénissant ce jour les racines et les fruits dont an veut faire usage, se rattache probablement à la fôte de la parenté chérie (2).
(1) On ne sait pas au juste ce que signifie ce nom. M. Coremans croit, que « dad • remplace « dod » et que a sisas » et « sisa » se disent pour « siso. » « Dadsisas • serait donc chant de mort. En Dalmatie, les Morlaques appellent leurs repas de mort « daca, » mot dont on ne connaît pas non plus la vraie origine.
(2) Schayes.L. P. fi.,1,3H-l2; Raepsaet,p.26; Coremans, p. 44J5, 110..
Gomme le printemps de Tancienne année dans le nord leutonique commençait au 32 février, ce jour est resté un grand jour de sort pour le temps. On aime que ce jour soit clair : cela fait espérer qu'il ne gèlera pas en mai.
S*il gèle la nuit avant la chaire de S. Pierre, le froid ne cessera pas avant quarante jours.
S*il ne gèle pas ce jour, il ne gèlera plus du tout (1).
»3 révrier. — {Pruniu armeniaca,) Saint Pierre Damien, évèque; sainte Léonore ; saint Antigooe.
Le premier dimanche du carême qui commence la semaine appelée « gansche vastenweek, » semaine de carême entière , est en Belgique le jour de carnaval par excellence. C'est pourquoi les flamands le nomment « de groote vastenavond, » le grand carnaval ou « g^kkernyenzondag, » dimanche des folies. Toutes les troupes de masques et toutes les cavalcades, qui dans les grandes villes ont parcouru les rues le lundi ou mardi gras, font encore une fois le tour de la ville, toutes les salles de bal sont rouvertes, toutes les réjouissances du carnaval se répètent ce jour-là.
Dans le pays wallon ce dimanche n'est pas seulement le dernier jour du carnaval, mais aussi le jour où l'on allume partout des feux de joie, comme au nord de la France et en beaucoup de contrées de l'Allemagne. C'est le a jour du grand feu, » bien que ce nom, selon les localités, se rattache tantôt au premier, tantôt au second dimanche du carême.
Dans les Ardennes on dit que te jour du grand feu il faut voir sept feux, si le village doit être garanti de l'incendie. C'est pourquoi
{{] Tuinman Voorteekenen, p. 6; Coremans, p. 77.
huit à quinze jours d'avance les enfants vont de ferme en ferme pour quêter de la paille et d autres matériaux combustibles. Le jour venu, on coupe encore des broussailles, surtout du genièvre et du genêt, et le soir de grands bûchers brûlent sur toutes les hauteurs. Si la Meuse a assez fortement gelé, on aime à allumer aussi des feux sur la glace. Les jeunes gens et les enfants dansent en chantant autour de ces feux et sautent à la fin à travers les charbons, soit pour procurer la fertilité de la terre soit pour faire de bons mariages dans Tannée.
A Liège le jour du grand feu donne encore lieu aune autre particularité. Les enfants mariés invitent ce jour les parents à dîner et en retour, le dimanche d*après, ce sont les parents qui donnent à dîner à leurs enfants. Mais tandis que les enfants servent un dîner préparé à leur guise, les parents ne donnent que du pain, des légumes et de la bière, et point de vin, point de gâteaux.
A Huy, où le jour du grand feu est le deuxième dimanche du carême, le même usage s'est maintenu. Les enfants invitent les parents qui, à ce qu'on dit, « vont manger le pain des enfants » et invitent, k leur tour, à Lsetare les enfants, qui « vont manger alors le pain de leur père et de leur mère. »
Dans les villages situés sur la Meuse entre Huy et Liège on dit qu'il faut manger, le jour du grand feu, sept espèces de pain. C'est pourquoi on va visiter tous ses amis et toutes ses connaissances en mangeant à chaque visite un morceau de pain.
Dans les pays à fromage, on invite ses parents et ses amis, et on les régale avec différentes sortes de fromage.
Ces usages nous expliquent les noms de « Kaeszondag, » dimanche de fromage, et de a Broodzondag, m dimanche de pain, qui désignent le dimanche Invocavit ou Quadragésime, et se rattachent peut-être à l'Évangile de ce jour, qui nous enseigne comment le démon tenta le Seigneur (I).
(4) Ck)remans, p. 410-4Î.
Au Marché, hameau près de Spa, qui tire son nom du privilège accordé au bourg de Theux par Ërard de La Marck, qui y établit un marché public, les habitants brûlèrent le jour des grands feux, rimagede a Saint-Pàn. » Le saint, dont le nom en liégeois veut dire a sans pain, » était un des patrons de la chapelle qui s*élevait autrefois sur la place du marché, mais son nom ayant paru aux habitants du lieu une injure faite à leur opulence, ils expulsèrent saint Pân de leur église, et conservèrent pour unique patron saint- Nicolas (1).
Dans la partie flamande de la Belgique, les feux du premier dimanche du carême ne s^allument plus que dans quelques localités.
A Maeseyck et dans beaucoup de villages du pays de Limbourg, durant la soirée de ce jour, les enfants parcourent les rues en tenant des torches ou des bâtons enveloppés de paille qu'ils ont allumés, et font ensuite dans les champs de petits feux de paille autour desquels ils dansent.
En Brabant, une coutume analogue à celle-ci existait encore, il y a cinquante ans. Des femmes et des hommes masqués en femmes, se rendaient aux champs avec des flambeaux allumés, et y dansaient en chantant diverses chansons burlesques. C'était une espèce de farce de carnaval qui, disait-on, avait pour but de chasser le (c méchant semeur » (d'après la belle parabole de TËvangile de ce jour) (2).
A Grammont, le grand carnaval est la principale fête ; la kermesse même n'est que secondaire. Vers midi la foule, accourue dès le matin, se porte au marché, d'où part une musique bruyante. Les tireurs, Tare ou l'arbalète à la main, se rangent autour de leur bannière, qui flotte au-dessus de leurs tètes. Enfin on l'élève et le
(4) BoTy, II, 60.
(5) Goremans, p. 403.
peuple s'achemine vers la vieille montagne ou a OuJenberg » où est bâtie la chapelle de la Vierge. Le magistrat , le bourgmestre en tète, suit, ainsi que le clergé, le cortège des tireurs. On s*agenouille, le prêtre entonne la litanie de Lorette, le peuple répond en chœur : Ora pro nobis !
Puis la cérémonie religieuse terminée, le clergé et les fonctionnaires de la ville se rangent en demi cercle devant la chapelle. Le héraut de la ville ou Tapparileur du conseil s*approche pour offrir à chacun d'entre eux un verre de vin. Le peuple rit aux éclats. Tous les yeux sont fixés sur le curé, qui doit donner le signal pour boire. Le curé hésite; dans son verre nage un petit poisson qu'il doit avaler, selon une ancienne coutume, en même temps que le vin. Ce n'est pas là chose facile; enfin il réussit à vider son verre d'un trait, et tous les buveurs suivent son exemple.
Le peuple pousse des cris d'allégresse, la musique recommence, de grands paniers remplis de gâteaux appelés « mastellen » et de harengs sont apportés, le curé a le privilège d'y puiser le premier. Il jette au peuple, ce qu'il a pris, les magistrats en font autant, tous les gâteaux et harengs y passent, le peuple se précipite pour se les arracher, chacun veut emporter quelque morceau, attaché à son chapeau. Enfin le bourgmestre donne le signal du retour et le drapeau marche en tète suivi par la musique, les tireurs, les magistrats et le clergé. Le peuple ferme la marche en chantant; de retour à la ville les jeunes gens vont à la danse.
Pour terminer la fête on allume, à l'entrée de la nuit, sur la vieille montagne un grand tonneau goudronné attaché à un haut pieu et plus de cent feux allumés sur toutes les hauteurs des environs répondent à ce signal.
Quant à l'origine de cette coutume bizarre, qui s'appelle « tonneken-brand », et dont on trouve la première mention dans les comptes de la ville de l'année 1398 (qui font partie des « Archives du royaume » à Bruxelles), les opinions sont partagées.
Les uns prétendent que la fête se célèbre en mémoire d*une heureuse délivrance d*un long siège; les autres n*y voient qu*une allusion à rÉvangile où Jésus rassasie cinq mille hommes (1).
A Ypres on nomme ce jour « borrelle-sondagb, » parce que jadis les enfants, des torches ou a borrelle » en main, parcouraient les rues en criant : « borrelle, borrelle, steeckt het vier in de belle, » flambeau, flambeau, allumez le feu dans Fenfer.
On dit qu'ils voulaient ainsi représenter les Juifs qui, avec des torches, allèrent chercher le Seigneur au jardin des Oliviers; de même en s*assepnt tranquillement, avec leurs flambeaux allumés, devant les portes, ils semblent éclairer le Christ dans sa marche vers la prison.
Le nom de a borrelle sondagh » nous rappelle celui de « dimanche des bourres, » par lequel on désigne dans le département des Ardennes le même jour, qui ailleurs, se nomme « dimanche des brandons » ou « des bordes. » Toutes ces dénominations tirent leur origine des torches ou des feux qu'on allume ce jour. Des analogies que Ton trouve entre les usages de cette fête existant en France et ceux qui régnent en Belgique, il résulte sinon la preuve, du moins la présomption très-fondée, que le nom de «behourdich-zondag» ou « bc^ hourdic-zondag » qui, dans les documents du Hainaut et de Namur, aussi bien que dans les documents flamands du moyen-âge, désigne souvent soit le premier, soit le deuxième dimanche du carême, n'a pas d'autre signification.
11 est vrai que le mot provençal de « behourdiz » (« behordeis, bohordeis, bouhordeis, » en bas-latin « behordium, ») signifie, dans le principe, combat, course de lances ou de bâtons, et que les Provençaux ont donné au premier dimanche du carême le nom de a jour
ii) Belgisch Muséum. Geot, 4837, 1. 1, 476 sq.; Légendes et Traditions de la Belgique, par M. de PloeoDies. Traduit par L. Pire. Cologne, 4848, p. %3i sq. (2) Ana, cah. I, p. 9.
du bouhourdis, bouhourdûch, ou bourdich, )> à cause de la coutume qu*ils avaient autrefois, de jouter au bâton ou à la lance (1), usage que nous retrouvons en Belgique dans les joutes ou tournois qui avaient lieu au même jour k Halines et à Lille (2). Mais aussi bien qu*à Lyon les rameaux verts, auxquels on attache des gâteaux et des oublies, le premier dimanche du carême, s'appellent à présent « brandons, » les -*- « bouhours » ou bâtons pour s*entreheurter (« bouhourder, behourder ») ont pris à Valenciennes une autre acception, et désignent maintenant les torches de filasse trempées dans du goudron, que les enfants y allumaient, il y a peu d*années, le soir du premier dimanche du carême. Cet usage est parfaitement analogue à celui qui existe encore au même jour dans le pays de Limbourg, et il est possible qu*il ait valu au premier dimanche du carême le nom de « behourdich zondag. »
A Bruges, où chaque dimanche du carême se signale par une espèce de fête ou de « kermesse, » qui a lieu dans l'un ou Tautre des quartiers de la ville, le premier dimanche du carême s'appelle (« duUis » ou « sottiskermis. » Cette fête, qui est suivie des kermesses appelées « beggynekermis, potteriekermis et sint Salvatorkermis, » est la plus fréquentée, la plus joyeuse et la plus bruyante de toutes, ce qui lui a donné son nom de « kermesse des sots ou des fous. »
Quant à Torigine des feux qui s'allument le premier dimanche du carême, on a presque la certitude, qu'ils sont les vestiges d'une ancienne fête païenne en l'honneur de Thor ou Donar. A l'entrée du
(4) M. le baron de Reiffeoberg a expliqué ce mot par le thiois : « behoorten >• ou « behoorden, » père du mot français « heurter, » et qui convenait très-bien à cette espèce de tournois primitif {*).
(2) La fête bien connue du Roi de TÉpinette à Lille se célébrait chaque année le premier dimanche du carême.
(*} Coremaos, p. 10S.
printemps, on implorait la bénédiction de ce Dieu du printemps pour garantir les champs et les semailles de tout malheur. C'est pourquoi les campagnards limbourgeois n'ont pas tout-à-fait tort lorsqu'ils affirment que ces feux s'allument pour l'ouverture des travaux champêtres.
Le premier et le deuxième dimanche du carême, on fait en Belgique une collecte à toutes les messes et à tous les offices pour l'Université catholique de Louvain.
ft^ fé^rîer» -- [Osmunda regalis.) Saint Elbelbert: tiaiot Muthia»; saint Modeste.
Les jours de la première semaine du carême ont presque tous des noms particuliers.
Le lundi s'appelle » blauwen maendag » lundi bleu (1) , dénomination que Ion attribue à la coutume de tendre ce jour les églises en bleu ou en gris, et qui, en Allemagne, désigne le lundi du carnaval. Étant le lendemain du grand carnaval ou « groote Vastelavond, a le lundi bleu est un jour d'amusement populaire par excel-
(OQuelqoes auteurs expHqneat ce nom par « lundi ioutile », le mot « blauw » eo flamaDd aussi bien que « bleu • eo français ayant la signification de « nul, vide, m signification qui s'est conservée dans les phrases o eene blauwe uitvlugt ; bbuwe blœmpjes, • etc. « faire des coups bleus, des contes bleus. *>
D'autres croient que le mot dérive soit du vieux « blueten, » se réjouir, « blisse • (gaieté] soit de l'anglais « plough-monday, • parce qu'en dififérentes villes de TAUemagne on promenait^ le lundi bleu, une charrue, tout comme en Angleterre au « plough-monday. o
lenceet c*est de là qu*est venue l'habitude désastreuse de « la saint lundi » ou de « faire le lundi bleu » (« blauwen maendag bouden »).
Dès le douzième siècle, on essaya en Belgique, de combattre la coutume du lundi bleu, comme païenne, impie et désordonnée. Les méfaits commis ce jour-là se punissaient plus sévèrement que ceux qui étaient commis un autre jour; les moines faisaient des prêches particuliers aux compagnons de métiers pour les faire renoncer aux lundis bleus, aussi nommés « vryen-maendagen, 0 lundis libres, ou « pufmaendagen, » lundis de plaisir, mais tous ces efforts n'eurent qu*un faible succès, puisque Thabitude de faire le lundi continue à subsister (1).
Le mardi s'appelle « broederlyke-tuchtiging-dinsdag » mardi du châtiment fraternel, d*après TÉvangile du jour. Les maîtres d'écoles, en plusieurs endroits, pour être d'accord avec les exigences du jour, punissaient ceux de leurs élèves qui, pendant l'année, s'étaient montrés les plus dignes de cette distinction.
Le jeudi tire son nom de « cananiterin-donderdag, >/ jeudi de la cananéenne, également de FÉvangile. C'était autrefois une espèce de fête des dames, qui avait quelque analogie avec la veille des dames, bien que les cadeaux fussent de petite valeur.
Le vendredi est nommé « Wynboer-vrydag, » vendredi des vignerons, encore d'après l'Évangile du jour. C'était jadis un jour de fête pour les vignerons (2).
Au dix-septième siècle se tenait dans l'hôtel de ville deBruxelles, pendant la première semaine du carême, une foire appelée a la foire aux verres » ou « le marché aux glaces du grand carême (« glazemerct van den grooten vastelavond))). Elle existait déjà en 1635. On n'y allait que de nuit; les salles du palais étaient remplies de toutes sortes de marchandises, et les dames de la cour, assises dans ks
(4) Coremans, p. 47.
(2) Coremans, A. b., p. 49-50; 58; 63.
boutiques et parées à Tavantage, jouaient des pièces d'orfèvreries et autres bijoux à la façon qui se pratiquait à la foire de Saint- Germain » (1).
I^U février* {Amygdalas persica . Saiot Matbias, en l'honneur daquel six églises sont consacrées.
Cette fête est un grand jour de sort pour les hommes. Si on pose sur Teau contenue dans un vase des deniers creux, celui dont le denier ira le premier à fond doit mourir le premier.
Si, la nuit, on jette un soulier en arrière par dessus sa tète, et que la pointe se dirige vers la porte de rappartement,onle quittera bientôt soit pouraller rejoindre ses ancêtres, soit au moins pour déloger.
Si saint Hathias trouve de la glace, il la brise; s'il n'en trouve pas, il en fait (2).
S'il gèle pendant la nuit, le froid ne cessera pas avant quarante jours. C'est pourquoi en quelques localités on place la nuit dans le vestibule un pot d'eau pour voir si l'eau gèlera ou non (3).
Dans le pays de Limbourg on dit : « sint Matthys werpt den eersten steen in 't ys, » saint Ma tbias jette la première pierre dans la glace (4), pour désigner le commencement du dégel qui, avant la réforme du calendrier, avait ordinairement lieu vers cette époque. Aussi était-il d'usage en différentes villes de transporter, le jour de saint Mathias, les neiges et les glaces hors des portes, sur des chariots condui ts par des gens masqués qui faisaient mille tours aux jeunes filles (5).
(4} Wauters, H. d. B., 111,48; Revue de Bruxelles, 4844, octobre, (i) Coremans, p. 77.
(3) Tuinfnan Voorteekmen, 6.
(4) Ttftnmon, 1, 94.
(5) Coremans, p. 45.
Les sociétés nommées « Kalandbroers, Kalendebroedcrs » ou « fratres Kalendarii, » qui reconnaissaient saint Mathias pour leur principal patron, célébraient celle journée très-pompeusement. Ces confréries, connues dans les diverses contrées de la Basse- Allemagne, se composaient â*eçclésiastiques et de séculiers, mariés ou non; les femmes môme n'en étaient pas exclues. Leur but élail de prier en commun, de décider quels jours de fête devaient être particulièrement célébrés et avec quelles solennités (ad festa et sacra singulis mensibus ordinanda) enfin de se réunir afin de s'adonner à des amusements honnêtes. L'association, qui reconnaissait une parfaite égalité de rangs à ses membres, s'occupait de fixer la somme d'aumônes à accorder aux pauvres qu'elle jugeait dignes de pareils dons. La réception des membres, parmi lesquels se trouvaient toujours six ou douze ecclésiastiques, se faisait à la majorité des voix. Chaque confrérie avait sesdoyens et camériers qui réglaient ce qui se rattachait aux affaires financières et à l'observation des règlements, approuvés ordinairement par les évoques des diocèses respectifs. Tous les membres s'assemblaient le premier de chaque mois pour régler les affaires de la société et pour assister à un repas commun. C'est ce qui a donné lieu h la dénomination de « calandgilde » ou « broederschapderkalenderbroederen. »
Personne ne sait au juste quand ces associations prirent naissance. Elles se disaient très-anciennes et leurs repas communs rappellent les agapes des premiers chrétiens, qui, malgré les défenses formelles et réitérées de plusieurs conciles, continuèrent à subsister jusqu'à la fin du septième siècle. Toutefois, on a cherché à prouver qu'elles ne dateut que du treizième siècle, lors de l'institution du rosaire par saint Dominique, et que le couvent d'Ottberg, sur le territoire de l'abbaye deCorvey, enWestphalie, fut leur berceau, d'où elles se seraient étendues dans les Pays-Bas et sur une grande partie de l'Europe. Ce qui est certain, c'est que différents papes et empereurs leur avaient témoigné de la bienveillance, et que
— iSl —
les rois de France leur permirent de s'établir dans leur royaume. Au commencement du seizième siècle encore, les « Kalenderbroederen » ou « Kalandbroers » étaient bien vus partout et avaient acquis d'importantes possessions. Mais, peu de temps après, il s'éleva contre eux des accusations de tout genre. Les protestants prétendirent que les Kalandbroers s'adonnaient à la débauche. Le bras séculier ne tarda pas à sévir contre eux ; leurs confréries furent dissoutes et leurs biens confisqués au profit de l'État. Même dans les pays catholiques, cet exemple trouva des imitateurs; il n'y eut que quelques associations fondées sur des principes analogues, par exemple les chapitres de sainte Marie à Tirlemont, à Léau, etc., qui ne furent pas abolies. Ces chapitres qui remontent au treizième siècle, sont les premiers, en Belgique, parmi lesquels on trouve, outre des ecclésiastiques, des frères séculiers, mariés ou non ; cependant, on n'y acceptait pas de personnes mariées en secondes noces. Si l'on eu croit la tradition, chaque frère devait s'engager par serment à ne pas déclarer le montant des revenus de l'association.
En 1794, les dernières de ces associations semi-ecclésiastiques disparurent, mais à Tirlemont on raconte encore de nos jours des récits fabuleux qui se rattachent au chapitre de sainte Marie, dont les membres étaient appelés par le peuple « hinnen priesters. » Les phrases flamandes « hy geeft eenen grooten kaland » (il donne un grand banquet), ou « hy kalandert reeds de gansche week » (il fait déjà la vie pendant toute la semaine), que l'on entend souvent dans la bouche des classes inférieures, pourraient bien être le dernier souvenir des anciens kalandbroers (1).
(1) Coremans, p. U3-425; Telieri dissert, de Fratribus Kalendariis; Yân Alkemade, 1, 302-3.
t^O février. (Vinca minor.) Saint Alexandre ; saint Nestor.
Saint Alexandre est patron de Theux, près de Spa, et de Xhendelosse, près de Verviers, deux paroisses qui, l'une et l'autre, appartiennent à Tévêché de Liège.
^> révrier. — [Pulmanaria officinaUs.) Saint Euchaire ; sainte Honorine;
saint Léandre.
A Bruges, les sociétaires de saiot Sébastien tirent à la cible, chaque mercredi du carême, pour des craquelins. Celui qui atteint le premier le petit cercle noir, est tenu de donner, au tir subséquent, au moins quatre craquelins de grandeur ordinaire.
La Société donne, à chaque tîr, le grand craquelin et dix petits (1).
!^9 février. — (Crocui vernus.) Saint Aily ; sainte Ermine ; saint Oswald; saint Romain.
A Courtrai» se faisait autrefois une procession en mémoire de la délivrancede la ville menacée par des Écossais, en 1580; mais Gourtrai ayant reçu une garnison écossaise en 1707, cette procession cessa d'avoir lieu (2).
(4) Constitution et Règlement de la Société royale de Saint-Sébastien è Bruges Bruges, 4846.
(t) Schayes, p. 45*.