TRADUCTEUR
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$ AGRICULTURE , la première de toutes les fciences, puifque c’eft elle qui nous enfeigne la manière de multiplier toutes les plantes néceffaires à la nourriture du genre humain, après avoir été longtems méprifée & négligée , eft heureufement , depuis quelques années, rentrée dans tous
fes droits,
Les Rois, les Princes , les perfonnes les plus diftinguées dans toutes les claffes
de l’Etat, ne dédaignent plus de s’en oc-
x AVERTISSEMENT
cuper. Le Gouvernement en France , cherche depuis quelques années à exciter la plus grande émulation parmi les Agriculteurs, en leur promettant des encouragemens. Les Sociétés d'Agriculture fe font établies dans tout le Royaume. Celle de Paris a fourni à la Nation plufieurs excellens Ouvrages en ce genre. Les Mémoires qu’elle fait journellement imprimer , contiennent plufieurs extraits d’ouvrages Anglois. On fait que depuis longtems cette Nation excelle dans cet art, & l’on peut, fur cet objet, les prendre pour maitres , fans craindre d’être accufé
de tomber dans l’anglomanie atuelle,
La réputation qu’ils ont à cet égard, leur eft bien méritée ; le defir que j'ai
eu de connoitre tous leurs principes,
DU TRADUCTELUR. XJ m'a engagétäWaire plufieurs voyages dans ce pays, en différentes faifons, pour voir tous leurs procédés de culture fur chaque objet. J'y ai reconnu que l'origine de leurs talens vient de l'ingratitude d’une partie de leur fol, qui les a obligés à chercher , par des expériences multipliées , & lintrodu&tion de nouvelles plantes, les moyens d'en tirer un bon parti. J’ai été tout d’un coup frappé de l’idée qu'il fexoit honteux pour une Nation aufli inftruite , à tous égards, que la nôtre, d’ignorer les moyens que nos voifins emploient avec fuccès , tandis que lon propofe annuellement en France des effais incertains ; & J'ai cherché en conféquence à connoître leurs meilleurs auteurs en
agriculture.
Nous vivons dans un pays fertile, où
xÿ AVERTISSEMENT.
les terres ne rapportent paSfimoitié de ce qu'elles devroient faire, par la manière négligée de les cultiver. Les Cultivateurs attachés à leurs anciennes routines , n’ofent pas fe livrer à de nouveaux eflais qui ne leur font donnés que par des amateurs du bien public, qui ne les ont pas
faits eux-mêmes.
L'Ouvrage que je donne aujourd’hui au Public, n'a point cet inconvénient.
C’eft une traduétion littérale de l’Auteur le plus eftimé d'Angleterre : on n’y trouvera point de ces confeils fuperflus , dont l'exécution eft impraticable; on lira de fimples avis donnés par un Cultivateur expérimenté , qui les rapporte dans un ftyle peu fleuri ; ceux qui cherchent l’emphafe dans
leurs leêtures , ne la trouveront pas ici, Je