‹ Calendrier du fermier; ou, Instruction, mois par mois, sur toutes les opérations d'agriculture qui doivent se faire dans une fermeChapitre 8 sur 48 · DEN E AU TER · texte numérisé non relu

DEN E AU TER

vaux des befliaux, occupent agréablement; & fi tout cela eft admuuftré avec prudence , on peut en retirer les plus grands avantages , fans rifquer d’être entrainé dans des dépenfes dangereufes.

Le plus grand mérite d’une exploitation. agricole fur toute autre, eft de pouvoir la commencer avec peu de fonds. Quelle branche de commerce peut-on entreprendre, fans faire une aflociation ou avoir cent à cent-vingt mille livres d’avance ? tandis qu'un jeune fermier qui a de l’ordre & de l’inteligence , peut prendre une ferme de cent acres, avec dix à douze mille livres d’avance , la bien exploiter, & vivre agréablement, en retirant un profit annuel de 3 à 4000 liv., c’eft-à-dire, de 30 à 40 pour 100 de fon argent.

Il eft vrai que lorfque je calcule fur un tel profit, j'entends qu’il fuivra un meilleur ordre de culture que la routine ordinaire , qui ne lui rapporteroit pas à beaucoup près autant que sil tire parti de fes terres par l’introduétion de la culture de diverfes plantes utiles. Non que je veuille jamais engager un cultivateur , &t furtout un fermier, à fe perdre dans les eflais de nouveaux fyflèmes , ou de plantes étrangères qui n’appartiennent qu'aux jardins, mais feulement lui confeiller de choifir le genre de plantes ou racines qui conviennent mieux à fon fol, & qui le mettront à même d’entretenir dans une ferme de peu d’étendue une quantité

À iv

de befliaux auffi confidérable que dans une grande,

En général, tout laboureur doit fe mettre dans la tête qu'il y a plus de profit à bien cultiver une petite quantité de terres, que d’en faire valoir une plus grande, à laquelle on ne peut pas donner les lsbours & engrais néceffaires.

La luzerne , les choux , les carottes &t les pommes de terre peuvent entrer dans prefque toutes les cultures, excepté quelques fols qui leur font peu propres. Ces plantes font de la plus grande reflource dans une petite ferme, & mettent, comme je lai dit plus haut , le fermier à portée de nourrir autant de beftiaux que dans une grande ; mais comme ces plantes demandent que les terres où on les feme foient bien fumées , ce fera furtout un très-grand avantage pour une petite ferme, d’être fituée près d’une grande ville, où on peut acheter du fumier de toute efpece , parce qu’alors tout le tems qui n’eft pas deftiné aux labours & aux récoltes, doit l’être à aller chercher du funier en menant vendre des denrées au marché.

Pour prouver le profit que le fermier feroit par cette conduite , fuppofons une petite ferme de cinquante acres (1) où il y aura quatre chevaux,

(x) L’acre anglois eft de cent foixante perches de feize pieds, le pied de onze pouces de France.

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