‹ Calendriers d'un bourgeois du Quartier LatinChapitre 24 sur 46 · On lit ce qui suit dans un journal · texte numérisé non relu

On lit ce qui suit dans un journal

« On a beaucoup parlé, ces jours-ci, des améliorations de la buvette de la bibliothèque des avocats.

« CettjB buvette a une annexe modeste, car c'est un simple tonneau entouré de feuillage, rempli d'un coco limpide que confectionne l'appariteur du conseil de l'ordre des avocats, Léon, le gardien fidèle des saines traditions du barreau.

« A ce tonneau peuvent seuls boire les avocats inscrits au tableau : Léon est là qui veille et le défend contre les soifs étrangères.

« C'est ainsi que, il y a quelques années, un avocat d'Oran, qui était venu plaider à Paris, ayant voulu goûter le coco de ses confrères parisiens, s'attira du farouche appariteur cette semonce méritée :

« T- Mon maître, je ne puis vous laisser boire, car c'est là le coco du barreau de Paris.

« L'histoire est authentique. (Oh ! combien!). >'

fist-il possible de croire que ce brave et bon Léon ait pu empêcher de boire un avocat aussi altéré que l'est sans contredit un avocat du barreau d'Oran. Il n'est pas capable d'une pareille inhumanité.

Il y a là une vengeance de journaliste-reporter

auquel Léon a refusé de laisser boire le délicieux coco judiciaire.

15. — Un fils de M. Camot s'est marié, hier, à Saint-Pierre-de-Chaillot, avec M"' Chiris, la fllle du sénateur des Alpes-Maritimes. Ce mariage était affiché dès avant l'assassinat. A la cérémonie, simplement les parents, les époux et les témoins qui se rendirent ensuite au Panthéon, devant le tombeau du père de famille, si fatalement disparu.

Les visites aux caveaux avaient été interrompues pour Taccomplissement de ce pieux devoir. Mais ensuite ils furent réouverts au public ; une foule immense s'y précipita. Le tombeau du Président a été mis en face de celui de Lazare Camot, son grand-père.

Page 1