En effet Deibler, fils, succède à son père
5. — La Société des chemins de fer d'Orléans a la permission de reporter sa première gare jusqu'aux terrains de l'ancienne Cour des comptes. Pour aller, de la grande gare actuelle, à cette nouvelle gare, elle fait le long de la Seine une ligne souterraine qui bouleverse tout le sol. Aujourd'hui, à 4 heures, je passais rue du Bac; beaucoup de monde stationnait pour regarder la grande maison qui forme le coin du quai d'Orsay et de la rue du Bac, au-dessous de laquelle la Compagnie travaille ferme. Une superbe crevasse se formait tout doucement au deuxième étage; je me sauvai bien vite, tout en admirant la
1 Peu de temps après il trouva ôkïilelûeiit à se marier foit bien.
singulière curiosité des Parisiens accourant pour mieux voir s'affaisser la maison... sur eux... probablement.
7. — Hier, on fût obligé d'étayer la maison de la rue du Bac. Il s'en fallut de peu qu'elle ne tombât. C'est la fameuse maison où se trouvait le restaurant d'où M"»^ N. s'échappa, déguisée en dodu marmiton, pour dépister son mari qui la surveillait du dehors*,
14. — ' On a eu des nouvelles du petit Deibler, qui A témjfisièê goti Viedx j^èrè. Il vient d'opérer S Troyes d'ùtiè façon très feàtifefâis'érité: Go Mt qti'll feët an ttiètiei".
17. — Le Coriàeii lïiunidiplàLi vient de décider èéci : chaque année* six médailles de douze dèiitâ francs seront distribuées aux architectes qui auront élevé les maisons les pltis éiëgaritës. tlri bott point au Conseil municipal.
i2 Février i8&&. — Aujourd'hui, Dimâchcffaé grâè, giiëtre furibonde entre ptômenéùrè qui se croisent sdr !es boiilevâtds en èe jetartt dés èonfétli, Oéfe petits f'Ônds de papier rerçus dans les yeux caitsèfit, fc[dftiid ils sont sales, pout* avdir été ràmâ^àés pàf iéttk^ de gratidës douleurs attix paupières. J'en siis è(u:éîqué chose de rarintéé dértiière. Etf outré, îiiâis teci est gracieux, dé longs' et mîhcéS i*u]!>uiï8' fle papiers intiltict)ïorès sont jetée dë^ fêïiêti^ès kHt lés atbrei. L'effet en est très curieux à ôâirsef des di^éï^sës couleurs de ces rtientls sierpèrits ^'oW afyjjeîle îëN
t ^alst »M^ Bote en eM^' à'Âlpïsmsè' Dtfitdet:
peûHfh. fe'esfc le jour d«s Aifants cbstùméfe. Beaucoup sont m offioie:^é<^ et vofas régaWent fièrement en è^tiîbdtit Sed nfouâtaches; ootlëes sur leurs petites frimousses. On leur crie : Vive l'armée ! Mais d'autres èohi en l'dbéS roùgës ôrhèe^ d'hermine; pdttr iaire faorinëiiH k fcîôùr de 6'àsà'atîôri, fevôMMè fi Di^ë^ftlé. Héiaà ! làt diVigîÔri i^àrtout è't en tôtites èhofees.
il. - Nouvelle terrible cfuë la ville ab^brétid iôut âti màtiii avec stîipëur; Félix Fâure est nîbrt d'apoplëicié foudroyante, Kier, i^^^h ^ àix héixteè dii sdlr, siit* lë canapé de soîi sàioii. Un prêtre eût feépeilafilnt le lernps dé lui donner l'àbsoliitiôrî în èxthfiliL OShs la jpùrnée, le ^r^sîderil avait pfécisêmerii teçii k vJétie de Farciievêque Ae t'aris qui étàîl resté trois quài'is 4'hëure avec lui ; lin nmssiér de servipe âVkit rtiéftie ait : « Èiëiî sûr îl confesse le Président. »
À six heures du soir^ celui-ci, commença k sôiinrir; on n'osa pa^ prévenir immédiatement (je .ne sais pas pourquoi),. M""® et M"® Lucie Paure. Enfin on les prévint et le Prèsic^ent mourut, en tenari t,. serf éës dans ses mains, celles de sa femme et de sa fille.
Le prêtre avait été rencontré par un domestique de rElysée qui le pria de venir au plus vite. Après avoir gôniié ràbsplutîôn, il récîia lès pHèi^èé ieà agonisants. Èiëèitôt arriva uii Dômihicairi, le Père feuillette,' àttii de la famille, qui se, rendit à la petite éhapellë de TËlysée où on avait allumé les cierges. Lés serviteurs de TElysée le suivirent, et tous ensemble prièrent pour rftme Ou Président pendant Tagonie même, è'ést-à-dire pèridaiit M derrière lutte de la nature èttntre là mort. Les docteurs, appelés précipitafnmêht, 6nt déclaré que le Président avait succombé à une attaque d'apopleMe foudrôyante et le soir même le prê'AÎd^M dti Conseil âd^eàsaît &\$k ptètèts ta dépêche
suivante : Tai là douleur de vous annoncer le décès de Monsieur le président de' la République^ survenu^ à dix heures du soir, à la suite d'une attaque d'apoplexie.
Même jour ^ i 7 Février, — Au Sénat, M. Loubet, président, annonça que le lendemain, à Versailles, le Congrès se réunirait pour la nomination du président de la République. En effet le président du Sénat a seul le droit de convocation. Quand il se leva pour faire cette communication , de chaleureux applaudissements éclatèrent sur presque tous les bancs. Il en fut encore de même quand il quitta son fauteuil... C'étaient des applaudissements significatifs. Le bruit s'en répandit dans le Quartier, les étudiants allèrent devant le petit Luxembourg où demeure M. Loubet, et ils firent une manifestation qui ne ressemblait pas à celle du Sénat, en criant : « Panama ! Panama .' » M. Loubet passe, en effet (dans Topinion de certaines personnes), pour avoir fait tout son possible afin d'étouffer l'affaire de Panama. D'autres disent : « ce qu'il a pu faire, il ne l'a fait que dans l'intérêt tout à fait supérieur du repos public. » En tout cas, personne ne dit qu'il ait mis quelque chose dans sa poche.
18. — Au premier tour de scrutin M. Loubet fut nommé président de la République par le Congrès réuni à Versailles ; mais, à son retour à Paris, il fut accueilli par les cris nombreux : A bas Loubet!
19. — La Faculté de droit vient de perdre son doyen, M. Garsonnet, d'une façon bien malheureuse. Veuf depuis vingt-quatre ans, il avait contracté, depuis quelques jours, une nouvelle union et avait voulu la célébrer par un voyage de noce, dont il revenait. Il quitta Bruxelles le soir ; en gare de Feignies (Nord);.
il descendit pour aller aux W.-C ; iriais il tomba dans Fescalier d'une cave dont la porte était malheureusement restée ouverte. Son crâne portant sur une des marches de Fescalier se fendit misérablement *.
20. -^ Les obsèques de M. Garsonnet ont eu lieu ce matin à Sain t-Etienne-du-M ont. La grande porte de TEcole de droit était tapissée de draperies noires. Le cercueil, dépassant Tencadremènt de la porte, était couvert d'une grande gerbe de fleurs qu'y vinrent déposer les élèves de l'infortuné professeur.
Au Père-Lachaisé un jeune homme dit un touchant adieu au nom de tous les étudiants,
— Le petit Luxembourg est devenu pour quelques jours la résidence du chef de l'Etat. M. Loubet a jugé qu'il était de bon goût de ne pas mettre trop d'empressement à le quitter. De nombreux agents stationnent dans la rue de Vaugirard et dans la rue Garancière. Le grand portail, ouvert, laisse apercevoir une grande cour d'honneur, bordée de bâtiments qui se prolongent jusqu'à un mur surmonté de balustres. Derrière ce mur les grands arbres du Luxembourg balancent leurs feuillages.
— Au Palais, nombreuses condamnations contre des jeunes gens qui» le 17 février, insultèrent les agents, crièrent rues de Vaugirard et de Médicis : A bas Loubet! Panama 1 Panama! Un étudiant en pharmacie, qui marchait en tête de la bande, attrapa quinze jours de prison.
1 La Compagnie du Nord donna une indemnité de cinquante mille francs à la yeuYe et une autre de cent mille à la flllo de M. Garsoimet.
^ Dàii^ ià dMinte de (i^otiBleS; 1« ôbl'ps de M. Fàùre Sera pôfié directement à N6t^è-mfhè âàtts cortège ; telle est la noté offidiellé êmëhéë dû GtinseJI des ministres, flôrit Mi Duï)uy est pf^'êSldè/it.
22. ■— J'ai payé,' à nioh pétit-fils Maroei, du nougat de Montélimar en Thonneur de M. Loubét, àvoôat à Momtélimar, et président de la République. M. Loubèt est né dans une petite ville deè environs de Montélimar. Sa vieille mère^ Agée de quatre-vingts ans environ, n'est pas' très satisfaite de rélévalioD de son fils. Elle a bien raison, la bonne dame !
— La cuisinière de ma sœur est aussi dès environs de Montélimar. Elle ne permet pas qu'on dise du mal de M. Loubet; « jamais, dit-elle, jamais M. Loubette n'a plaidé une mauvaise affaire. »
23. — Port heureusement le gouvernemerit n'a pas persisté dans ses intentions. Félix Faure sei^a porté en grande pompe à Notre-Dame. Le coftège s^y rendra par les quais. Un député et protesté contre l'appel du prêtre auprès de M. Félix Faure. M. Le Gafl, directeur du cabinet du Président, a fait répondre que M. le Président lui-môme avait, par deux fois, deihandé un prêtre.
24. — Obsèques solennelles. -;- M. Loubet marchait derrière le corbillard, entre M. Franck-Chauveau, Vice-présidènt du Sénat, et BU. Deschatiel, président de la Chambre.
Même jour, vendredi 24 Février. — En voilà de l'imprévu ! du tout à fait inattendu! Au moment où, après les obsèques, le général fïogel rentrait à la caserne de Reuilly avec ses troupes, Déricmtèdè s'est
jeté h \A tèl& de mti dheirâ) en le ëtrppliaiit; de mttfblièr sur rBîlysée pour mettre à bas Je PtéSldëtit, la Chambre et le Sénat qui Tavaient nomiiié. « Général, disàlt-il, la République parlementaire tu^la Fraritte. » Le géiiéral ne Têcotitsl pas, et se 6oi1teiïta, du bojijt de £k)n épée, dé montrer k ceux qui le suivaient,' la porte de la caserne de Reuilly; Déroulède coritinuatit sa manifestfiLtion^ le général lef fit mettre daùs une (îhambre de la caserne, et envoya chercher le commissaire de police.
Jeudi 2 Mars 1899. — J'ai vu,- tantôt, M. Lôubet qui se rendait en voiture à TElysée piotir s'y installét». C'est pour lui un moment impressionnant ; on le dit gros, court, mais en voiture il n'est pas mal ; il a une belle tête, avec une barbe bien plantée.
8. — M. Pallières, sénateur, ancien avocat à Néràc (Lot-et-Garonrie), vient d'être nommé président du Sénat à la place de M. Loubet. Encore un avocat ! Eùcore un cadet de Gascogne î C'est le cousin de M**" Fallières, ëvêque de Saint-Brieuc.
10. — Il était une fois une' vieille fée, Eàther, mendiante attitrée du quartier latin. Elle vient de mourir ; elle a ï^ehdu son Ame à Dieu dans Ht. grènîèr de cette rue Serpente, pleine de tables d'hôte, dofit elle savourait les croûtes. Dané une rett'aîte saùfbsainte^ ménagée entre sa chemièe et son corsage, to a troiivé deux paquets de billets de babqùe de 44.000 francs chacun, soit : 88.000 francs. Laifiéthode tarie clïè2 les dames ; les unes émpl6ient le coton,' lés autres les billets de banque, ce qtii est sans doute moins doux mais réellement plus corsé. On disait: « Voyez-vous: ta vieille Esther comtne elte a de beaux
restes. Elle a encore une poitrine qui rappelle celle de la Vénus de Mile î »
16. — On a, pendant quelques jours, parié de porter au Panthéon le cercueil de Turgot, qu'on avait cherché et retrouvé sous les dalles de la chapelle de l'hospice des Incurables (aujourd'hui hospice Laënnec), mais la famille s'y est énergiquement refusé parce que Turgot est enterré à côté de son père, ancien prévôt des marchands.
La famille de Turgot est représentée aujourd'hui par les descendants d'Etienne Turgot, le seul de ses frères qui ait laissé une postérité.
21. — Hier, obsèques de M. le vicomte et de M°* la vicomtesse de Ghézelles, morts de Tinfluenza à trois heures de distance. Tout le monde est malade dans ma maison ; pour ma part, je suis fortement pris. Il y a huit jours, très bien portant, je me promenais par un temps brumeux. Je sentis, tout à. coup, comme une faiblesse douloureuse dans les mollets ; je rentrai péniblement chez moi, et depuis ce temps j'ai une grippe-influenza épouvantable.
On prétend que l'épidémie, qui règne le long de mon boulevard Saint-Germain, provient des travaux souterrains exécutés pour le détournement .de la Bièvre. On la déplace, en effet, à cause du chemin de fer d'Orléans, qui va suivre les dessous des quais jusqu'à l'ancien emplacement de la Cour des comptes. A côté de chez moi j'ai un trou béant, ouvert depuis trois mois dans la chaussée, juste devant lie square Saint-Germain-des-Prés, et souvent, pendant la nuit, j'entends des coups qui me font tressauter.