‹ Caliban, suite de La tempête, drame philosphiqueChapitre 23 sur 74 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

G A LIBAN, CACHÉ; GONZALO, ORLANDO, ERCOLE, GRIFFONETTO, RUGGIERO, R1NALD0,BALDUCCI, BEVILACQUA, WAGNER, SIMPLICON, LIONARDO, TRIN- CULO, JACINTO, GA5PAR0NE, IMPERIA, ZITELLA, ANGIOLINO, JAGOMINO, BUï-

TADEO, JEUNES GENS, SEIGNEURS, MUSICIENS, MESSAGERS, BOURGEOIS DB MILAN, COURTISANES.

Le palais est brillammcat illuminé. Perron décoré de géants, se détachant en noir au milieu dos lumières. Hautes fenêtres ouvertes, par lesquelles on voit les lustres de Tintérieur. Longues galeries entourées extérieurement d'arbres exotiques. Troupes de musiciens établis sous les bosquets. Des compagnies de gentiUliommes vont et viennent. Quelques courtisanes servent de centre à des groupes d'admirateurs. Des bourgeois de Milan se promènent en costume plus simple. — Orlando et Ercole passent en so donnant le bras.

ORLAxNDO.

Je vous le dis, seigneur Ercole, le duc se perd et nous perd avec lui.

ACTJE DEUXIÈME. 17

ERCOLE

Voilà quatre ou cinq mille ans, dit-on, et peutêtre y a-t-il bien plus longtemps, que le monde est en train de se perdre, et pourtant il va toujours. Tout ici-bas tombe et se relève; la roue de fortune a pour habitude de tourner sans cesse.

ORLANDO

Oui , mais aussi combien s'y rompent le cou ! Le duc est un savant, un philosophe ; ces gens-là doivent rester dans leur bouge. Je crains que nous ne voyions la révolution du mépris.

EUCOLE.

Ah ! pas mal ! Les hommes, en effet, ne respectent que celui qui les lue. Quand le hasard leur donne pour souverain un sage, ils disent : « Fi donc ! quelle honte ! »

Ils passent.— Entrent en scène Griffonetto, Kuggicro et quelques autro^i.

GRI FFONETTO.

On verra sortir de la boue des monstres comme on n'en a pas connu jusqu'ici.

RIGGIEAO.

Je ne croîs pas aux monstres. Je n'en ai jainaîs vu.

GUIFFONETTO.

Et Caliban?

Pi i: G G 1 K îl o.

Eh bien, Caliban était un monstre pendant qu'il était dans Tîle magique. Maintenant, celte grande école de canaille populaire qui s'appelle Milan Ta bien formé. Il n'est plus qu'ivrogne et paresseux. Avec un pot de vin, on le tient en repos tout un jour. Ali ! qu'on civilise les monstres h bon marché!

Krvi.-'.i' »>t nrl;inl> uni roj-iinl c»? gri.-upy. ORL.V.NDO.

Et les scélérats, vous ne comptez pas avec eux?

A t (l G I E Pi 0.

II n'y a pas de scélérats.

'Iiius {'clatCDt de rire.

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