‹ Caliban, suite de La tempête, drame philosphiqueChapitre 60 sur 74 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

vienne réel ; il faut transformer nos esprits en poudres, en gaz. N'est-ce pas, Lionardo ?

LIONARDO

Oui, mon maître.

SIMPLICON, à part.

L'instruction intégrale et obligatoire remédierait à tout.

KEVILACQLA.

Mais, seigneur, il s'agit pour le moment de nous défendre.

ORLANDO

Il s'agit de défendre les droits de la vie noble et de la beauté. Voilà Imperia, par exemple.

L'état social légitime est celui qui met aux pieds d'Imperia les perles, les diamants et l'or, puisque ces matières précieuses n'ont d'autre objet que de la parer. La beauté jouira-t-elle de tous ses privilèges sous le règne de Caliban ?

t CALIBAN.

rnospERo.

Fiez-vous à Imperia pour se défendre. Quant à vous, défendez-vous, messieurs ; la supériorité de Thomme sur l'homme est finie, en attendant qu'elle recommence. ?îos vieux prestiges sont frappés à mort. Ma science, c'est-à-dire ma force, n'atteint pas le peuple. Que chacun se pour\^oie. Avec le temps, cela changera. Nos moyens de domination sont brisés dans nos mains ; il faut attendre qu'on en ait inventé d'autres, d'autres que le peuple ne puisse appliquer.

Arrivent Bouaccorso et quelques prud'hommes Je Milan. BONACCORSO.

Nos respects h Votre Altesse. Elle n'a jamais voulu que le bien ; elle le voudra encore aujourd'hui. Qu'elle cède. Le nouveau gouvernement paraît bien intentionné ; Caliban est déjà le centre du parti modéré.

PROSPERO

Je céderai tout, excepté le droit de rire.

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