ACTE QUATRIÈME
ni jouir, ni même s'amuser; nous leur apprenons à vivre et ils nous méprisent. Caliban n'a pas fait autre chose. Caliban, monseigneur, vaut bien Casliglione ou del Dongo.
BONACCORSO.
Oui, Caliban a du talent à sa manière.
PROSPERO
J'use de ma permission de rire tout mon soûl, quand je vous entends parler sérieusement de cet
ivrogne.
BONACCORSO.
Ivrogne, il Test, monseigneur ; mais cela ne définit pas un homme. On ne réussit pas sans quelque chose. Il est trop facile de gâter une affaire quelconque pour qu'il n'y ait aucun mérite à ne pas la rater.
PROSPBRO.
Allons ! passe pour la capacité de Caliban, pour
la modération de Caliban, pour le talent de Caliban. Bientôt on va me parler de la générosité de Caliban.
JJONACCORSO.
Eh ! c'est juslement là que j'en voulais venir. Voire Altesse doit choisir entre l'exil et le paisible séjour de cette chartreuse, où elle travaille pour l'éternité. Le peuple est toujours désarmé par la victoire. Votre Altesse n'a pas d'ennemis personnels.
raospGRO.
Eh ! pardon, j'ai Caliban. Ce misérable me doit tout. Quand je le pris à mon service, je lui appris la parole, croée par Dieu ; il ne s'en est jamais s^rvi (jue j)our m'outrager. La parole aryenne n'est pour lui qu'un inslrument de fraude et de faux principes. Il haïssait mes livres, où il savait (ju'était le secret de ma supériorité. Il alla jusqu'à enseigner à mes ennemis la manière de me tuer. Élevé peu à peu dans ma maison, il est arrivé à