ACTE quatrième
la résurrection. Car, si les corps se décomposaient comme tu crois, chaque homme n'aurait pas un corps à lui ; il en aurait plusieurs dans le cours de sa vie, et celui qu'il a eu disparaîtrait entièrement. Et le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne serait pas au ciel à la droite de son Père ; il serait dispersé à l'heure qu'il est dans la création, et il se pourrait qu'il y eut dans l'eau, dans la mer, dans les fleuves, dans les bois, dans l'air, des partics du corps conçu dans le sein de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit et auxquelles la divinité est jointe.
h J'omets ce que tu dis, d'après des témoins d g nés de foi, que ton impiété a révoltés, savoir que l'homme peut et doit mourir sans douleur, ce qui est absolument contraire à la sentence prononcée par Dieu, d'après laquelle l'homme doit souffrir, si'il ne souffrait pas en effet, c'est qu'il n'aurait pas péché, ce qui renverserait les dogmes essentiels de l'enfer, du purgatoire, du péché originel. Mais, comme, cette erreur, tu l'as soutenue moins
opiniàirémcnt que les autres, la très-sainte inquisition veut bien surseoir à te poursuivre de ce clief, te requérant, quant aux autres, de nie suivre pour être constitué prisonnier dans les prisons du Saint- Office, alin qu'il soit procédé contre loi par rigoureux examen. »
rROSPEIîOy aprc*:i un moment de silence général.
C'est à présent que je vois bien clairement que je suis vaincu.
BONACCORSO.
Prince, le peuple a défait ta souveraineté ; mais il l'a fait homme libre. Ce moine ne peut rien contre toi. (.s., tournant vers le moine.) Tout cc que lu as dit, moine, est nul et non avenu. La république do Milan repousse ton tribunal infâme. Ce sont tes pareils qui brûlèrent nos mères, nos grand'mères. Fils do patarins, nous te haïssons. Ose aller à 3Ii!an, si tu veux augmenter le nombre de ceux que vous appelez martyrs. A bas l'inquisition !