‹ Caliban, suite de La tempête, drame philosphiqueChapitre 68 sur 74 · SECOND HOMME DU PEUPLE · texte numérisé non relu

SECOND HOMME DU PEUPLE

Eh ! oui.

Le cortège entre. Le son des trompettes éclate sous les voûtes. On se dirige vers le chœur. Caliban s'assied sur un siège audessus duquel est écrit Sedes duch. Les trompettes se taisent. L'orgue éclate comme une tcmp<Ho. Caliban re^'Oit les hommages de l'assistance. L'orgue seule prie.

PIUËRB DES OUGUES.

Eternel, toi que rien n'attriste ni ne trouble, n'irrite ni ne console, être pur et saint, lumière cristalline qui traverses sans te souiller le monde des corps, et sers de base immuable à la mobilité

sans fin, nous te louons de tout notre souffle, nous te proclamons juste, parfait et bon. Ceux qui croient, ceux qui espèrent, ceux qui aiment, sont les seuls qui ne se trompent pas. Les apparences de ce monde sont vaines. Tu hais le mal, et c'est là son châtiment. Tu vois les pleurs de tes serviteurs, lu les comptes, et cela suffit; car il n'y a lien de réel que le sentiment que tu as des choses. Dans ton vaste sein, ô abîme, tout s'embrasse et se concilie. Tu es harmonie, joie, paix, raison, délices durant l'éternité. Heureux qui chante tes louanges dans la longueur des jours !

LK LÉGAT DU PAPE, sapprochant do Galiban.

Le père commun de tous les fidèles complimente paternellement Votre Altesse. Votre Altesse sait sûrement que la sainte Eglise romaine, toujours éprouvée durant les jours de sa milice, et en butte aux assauts de l'enfer, souffre beaucoup en ce moment des efforts très-pervers que font les Sarrasins de Lucera pour l'empêcher de chanter

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