ACTE CINQUIÈME
souvenirs.,. Ce qui a été n'est plus. Je suis hcri-
tier des droits de Prospero ; je dois le défendre. Prospère est mon protégé. Il faut qu'il travaille à son aise, avec ses philosophes et ses artistes, sous mon patronage. Ses travaux seront la gloire de mon règne. J'en aurai ma part. Je l'exploite; c'est la loi de ce monde.
Il aporroit GoDzalo.
(A part.) Je ne peux gouverner qu'en ralliant autour de moi ceux qui ont la tradition du gouvernement. (So tournant vers Gonialo.) SeignCUr GoiïZalO,
salut. Je vous nomme membre de mon conseil d'État.
LE CIIOEUU.
Te prophelanim laudabilis numcrus.
GONZALO
Monseigneur, j'ai conseillé toute ma vie; je mourrai en conseillant. Je remercie Votre Altesse. (A part.) Ce diable d'homme me renverse. Pour juger, il faut attendre. Ces sortes de choses peuvent aller longtemps avant de devenir insupportables.
LE CUOEUR.
Te viarlyrum candidatus laudat exercitu^.
TUINCLLO, caché dans un coin.
Tout le monde se case. Ciel ! quelle sottise j'ai faite! Voilà Caliban, que j'ai berné, devenu toutpuissant. Désormais il ne faut plus berner personne ; on ne sait pas ce qui peut arriver. Partons. Mon état a cela de bon que la matière première ne manque jamais. Je trouverai du service ailleurs.
ZITELLA
Comme je vais bien danser sous le règne de ce délicieux Caliban !
LE CnUELK.
Judcr crederis esse venturus.
HtUcxiuns du PRIEUR DES CHARTREUX, assis dans s;i
stally et rOcitant son bréviaire.
Le monde, que j'ai bien fait de quitter, est une illusion éternelle, une comédie composée d'actes sans fin. Ce qui vient d'arriver prouve ce que j'avais entrevu et ce que personne ne voulait croire :