‹ Caliban, suite de La tempêteChapitre 26 sur 70 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

JACIxMO.

Je comprends ; mais je suis superstitieux, et je ne peux me figurer qu'aucun être ne s'occupe de nous.

Des messagers du dehors se montreut dans le jardin et disent quelques mots aux difTérenls invités.

BEVILACQUA

Au lieu de danser, il vaudrait peut-être mieux s'armer.

ORLANDO

Prospero sera probablement le dernier averti.

ERGOLE.

C'est d'ordinaire ainsi.

RTjGGIERO.

II ne faut pas se monter la tète. On prend l'habitude de tout, même de la fièvre. Les États usés sortent des plus grands maux par la débilité de leur tempérament, de même que les gens affaiblis résistent à une atmosphère méphitique mieux

que les hommes vigoureux, ayant déjà pris l'accoutumance de ne respirer qu'à moitié.

Le groupe des artistes entre.

ANGIOLINO.

Je vous ai déjà dit que l'artiste et tous ceux qui réjouissent le cœur de l'humanité vivent d'aumônes. Leur part est la meilleure : leurs services sont de ceux qui ne se payent pas.

JACOMINO.

Un peu de fortune est pourtant bien agréable.

JACINTO

Tu ne tiens pas compte d'une chose, c'est que nous nous amusons en même temps que nous travaillons. La besogne pour laquelle on nous paye, nous la ferions pour rien, pour notre plaisir.

JACOMINO.

Moi, j'ai vécu des mois dans une soupente.

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