‹ Caliban, suite de La tempêteChapitre 49 sur 70 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

définitif. Ce que j'ai fait n'est rien auprès de ce que je veux faire. Les recherches que j'ai commencées sur une science qui s'appellera Veuthanasie mettront l'homme au-dessus de la plus triste servitude, la servitude de la mort. L'homme ne sera jamais immortel ; mais finir n'est rien, quand on est sûr que l'œuvre à laquelle on s'est dévoué sera continuée; ce qui est honteux, c'est la souITrance, la laideur, l'alTaiblissement successif, la lâcheté qui fait disputer à la mort des bouts de chandelle quand on a été flambeau. Je trouverai un moyen pour que la mort soit accompagnée de volupté. Mais délivrons-nous de Caliban. Galiban règne à Milan. Va, écrase cet infâme, rassemble tous nos esprits. Ce que tu fis contre Alonzo était bien plus difficile. Disperser la première flotte du monde ou mettre en fuite une bande de chiens aboyants. Gomment comparer ces deux choses? Pars.

ARIEL

Je vais, mon maître. Avec les esprits qui vous

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sont soumis, j'espère bientôt avoir raison de ces misérables.

PROSPERO

Partez, esprits; maintenez ma supériorité sur un peuple imbécile. Écrasez la brute qui abuse, je ne dis pas de ma bonté, mais de mon oubli. Le misérable, vous l'avez vu toujours m'insultant. Ingratitude horrible ! Ce fils du diable et de la plus laide sorcière, je le trouvai animal ; ce n'était pas encore un homme. Je l'ai fait participer au langage et à la raison ; en retour, je n'ai jamais tiré de lui une bonne parole, et, aujourd'hui, c'est lui qui soulève mes sujets contre moi. Partez, brisez l'infâme. Rappelez-vous la tempête!

Son clair de trompeites dans l'air.

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