SCÈNE II
PROSPERO, ARIEL, puis UN GARDE.
Dans le cabinet do Prospero. — Fourneaux, alambics, cornues, récipients plongés dans des bains de mercure, sous chacun desquels on entend un léger crépitement.
rilOSPERO.
Ainsi, mon Ariel, tu veux m'être toujours fidèle. Vingt fois je t'ai dit : « Tu vas être libre, Ariel. » Je te garde toujours.
ARIEL, visible.
Gomme il vous plaira, seigneur. Que ferais-je de ma liberté, si ce n'est de m'absorber dans les éléments dont vous m'avez tiré. C'est par vous que j'existe. Je vous aime, et j'aime ce que vous faites.
Le frémissement des esprits sous les récipients produit un accord presque imperceptible. Air à composer par Gounod.
PROSPERO
Ce que je fais, mon gentil ami, je l'ignore moi-