SCÈNE m
Les Mêmes, CHEREA.
Ah! te voilà, tribun?
CHEREA.
Oui, César, c'est mon tour, Cette nuit, au palais de veiller jusqu'au jour, Et je viens demander à mon auguste maître Le mot d'ordre.
Bacchus et Cupidon.
CHEREA.
Peut-être Le divin Empereur a-t-il encor pour moi D'autres commandemens?
Oui, prends ce verre etboi.
Et vous qui, le front ceint de pampres et d'acanthes. Nous versez ce doux vin, ômcs belles bacchantes. Vous, nymphes de Cérès, dont les corbeilles d'or Nous oifrent de vos champs le nourrissant trésor; Vous enfin, compagnons de Flore et de Zéphyre, Qui du printemps pour nous avez pillé l'empire, Tandis que nous buvons, effeuillez sous vos doigts Les roses de Pœstum qui fleurissent deux fois, Et bercez notre ivresse à la molle harmonie De vos chants cadencés au mode d'Ionie.' MEssALiNE, à (Icmi-voix à Cherea.
Le sort, mon Cherea, par la main nous conduit.
CHEREA.
Que dis-tu?
MESSALINE
Tout est prêt.
CHEREA.
Pour quand ?
MESSALINE
Pour cette nuit.
CHEREA.
Ton espérance alors n'a point été trompée?
MESSALINE
Non. Et tout maintenant dépend de ton épée.
CHEREA,
Maisces deux compagnons qui, secondant mon bras, M'avaient été promis?
MESSALINE
Attends, tu les auras.