SCENE V
Les Mêmes, moins CHEREA, ANNIUS et SABINUS,
ClauiUus a disparu à la fin de Timprëcation.
CALIGULA, debout et chancelant.
Messaline!
MESSALINE
Que veut mon Empereur auguste?
Messaline, leur mort était-elle pas juste? Dis-moi?
MESSALINE
Jamais trépas ne fut mieux mérité.
N'importe, de leur vœu je suis épouvanté! On dit, quand nous poursuit une telle menace, Qu'il faut sacrifier sur l'heure à notre place. Celui de nos parens qui nous touche le plus. Si j'essayais...
MESSALINE
Comment?
Où donc cstClaudius?...
MAGASIN THÉÂTRAL
MESSALINE
Que bien plutôt César efface dans l'ivresse Ce souvenir fatal dont la crainte le presse.
Non... je veux Claudius... le vin est impuissan A me désaltérer... Qu'on me verse du sang.
MESSALINE
Claudius n'est plus là !
Qu'on le trouve, et qu'il meure.
MESSALINE
Eh bien! soit, il mourra, plus tard... Mais voicil'heure Où, les cheveux trempés des larmes de la Nuit, Le Sommeil, fils des Dieux, sur la terre conduit Ces mensonges si doux auxquels on aime à croire, Et qui sortent pour toi par la porte d'ivoire. Cesse de te soustraire à son charm'e puissant, Dors, mon noble Empereur.
CALIGULA, tombant sur le lit.
Du sang! du sang! du sang!
LE CORYPHÉE, rt la tête du lit V a ferme la paupière, c doit succéder la nuit :
Que s'éteigne toute lumière, Que s'évanouisse tout hruit!... A travers ces arcades sombres, Enfans aux folles passions, Disparaissez comme des ombres, Fuyez comme des visions.
Allez, que le caprice emporte Chaque arae selon son désir.
Et que, close après vous, la porte Ne se rouvre plus qu'au plaisir.
Tous disparaissent. Les lideaux retombent.
VVVV WV WVVW WWVVX VVWX \1
César Au joi