LE PROCES
□'avait pas perdu l'espoir de ramener la chrétienté entière à L'Évangile primitif, cl il poursuivait • noble chimère avec un entrain chevaleresque. Il avait essayé sans succès de faire partager ses vues aux docteurs luthériens; il lit une nouvelle tentative, aussi infructueuse, et qui lui devint fatale, dueôtéde
la Réforme suisse. Il engage; vec Calvin, par l'intoi'iuédiaii le libraire Frellon, de Lyon. I lait principale ment sur le sens de ce de la Bible, ne resta pas longtemps correspondance cessa tout à fait qi envoyé à Calvin, en 1545, de sa Restitution <lu o/trîa
N'respondance
ins passages urtoise, et la d Servet eut première rédaction Pouree qu'il
m'avait écrit d'un esprit tant superhe, dit Calvi
e lettre à Frellon, je lui ai bien voulu rabattre un peu de son orgueil, parlant à lui plus durement i coutume ne porte. Mais je ne l'ai pu faire autrement.... S'il poursuit d'un tel style comme il a l'ait maintenant, vous perdrez temps à me plus sotlicite]' à travailler envers lui, car j'ai d'autres affaires fissent de plus près '. » Une autre lettre, i Farel, montre mieux encore ce que la naïve confiance de Servet avait à redouter du dogmatisme intransigeant de son adversaire : « Servet irnièrement et a joint à ses lettres un S volume de ses folles rêveries [deliriorum), artÎBSftnt avec une arrogance fabuleuse que j'y verrais des choses étonnantes cl inouïes. Il m'offre de venir ici, si cela me plaît; mais je ne veux
s'il venait, je ne sonfeusse de crêdil dans
pa.s lui engager ma parole; cai
frirais jamais, pour peu que
celte rite, qu'il en sortîl vivanl [vivum exire nun-
i/iirini patiar) '. »
Il y aurait eu de la franchise, u défaut de charité, n dire cela a Servct lui-même. Sep1 années se passèrent, pendant lesquelles celui-ci donna la dernière main à son ouvrage. Il se décida enfin à le publier, au mois de septembre 1552. Le moment n'aurait pu être plus mal choisi. Henri II avait succédé h François \". On était sous le régime de PÉdil de ChAteauljriant, où la persécution était réglée dans ses moindres détails : commandement c\près daller à la messe, défense de tire la Bible, obligation pour les fonctionnaires de produire un certificat de bon catholique, surveillance minutieuse des imprimeries, enfin encouragement donné nu\ dénonciateurs, qui touchaient le tiers îles liiens confisqués. Un tribunal spécial, la Chambre art/ente, était chargé d'expédier au plus vite les procès d'hérésie, sans doute pou multiplier le nombre des victimes. Un imprimeur de
Vienne, Balthasar Arnoullet, osa néa oins mettre
ses presses à la disposition do Servet, dans une maison séparée de son établissement principal. La Jlestitution du christianisme parut au mois de janvier 1553, augmentée des lettres écrites à Calvin et d'une Apologie adressée à Mélanehton 2 . Ain d'auteur ne figurait sur te titre. Cependant 1