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ji tres: d'ailleurs, nous ne voulons pas faire la censure des biographes du Réformateur de Genève; elle ressemblerait trop à une apologié intéressée de notre travail. Il nous suffira de dire que cet opuscule, quoique revenant sur un sujet déjà souvent traité avant lui, est néaumoins rédigé sur un plan neuf, qui nous a paru réunir deux qualités , fort rares aujourd hui, l'agrément et l'utilité. Les personnes qui cherchent avant tout l’'amusement dans les livres et ne demandent que des faits intéressans , liront avec plaisir les premitre, seconde et quatrième parties.
La troisième occupera plutôt l’attention de ceux qui étudient spécialement ia science théologique. Les doctrines, particulières à Calvin, s'y trouvent résumées dans un précis clair, et exact, gui pour ra tenir lieu, en quelque sorte, | des anciens 27-fol10 qu'on ne lit plus, et des dissertations modernes qu’on ne
ïi} lit guères davantage. — Nous aimons à rendre cette justice au talent distingué de M. Bretschneider, dont plusieurs ouvrages remarquables ont fondé la réputation en Allemagne, et pous nous estimerions heureux, si notre traduction parvenait à le faire un peu connaître parmi nos compatriotes Protestans.
Un autre motif nous a encore déterminé à hâter la publication de cet écrit.
— On a imprimé récemment à la face de toute la France, dans un journal qui prétend avoir quelques droits à l’estime des honnêles gens, que le Réformateur de Genève avait été LUXURIEUX, PARJURE et MEURTRIER. Cette accusation ne serait que méprisable, si Fon connaissait éxäctement en France la vie de Calvin, ou si on Pavait lue ailleurs que dans les livres de ses ennemis: mais, dans l'état actuel des choses, ellé exige plus qué le silence du dédainr.
La meilleure réponse à une pareïlle as-.
sertionestsans doute d'en faire ressortir tout l'odieux par des faits positifs; on verra sil fut /vxurieux, le ons ami de la Religion et des études, qui s impose | les als de conduite les plus sévères dans, L siècle de Léon X ; s il fut par, jure, le Chrétien zélé qui reconnut en | entier les articles de foi des quatre pre-:
miers Conciles œcuméniques, et con sacra: tous les instans de sa vie. à faire.
refleurir. le Christianisme dans sa pureté primitive; s'il fut meurtrier, enfin, le citoyen vertueux , qui offrit son cœur aux poignards de une émeute excitée contre lui à Genève, eti qui se réconcilia franchement avec. quelquesuns de ses plus violens ennemis. Le journaliste ,. pour, colorer ses. Impos— tures d'une ombre. de vraisemblance, axrappelé la condamnation de Servet, A. Dieu.ne plaise. que nous. approuvious la peine ‘de. mort infligée pour
des opinions religieuses! Mais est-il adroit de la part d'un don catholique ( si toutefois on peut l'être en outregeant la cendre des morts ); est-il adroit, disons-nous, de faire paraître tant d'indignation contre un acte unique de ce genre; tandis qu'à la même époque, l'inquisition dévorait des miiliers de victimes, et de déverser le blâme sur Calvin et même sur tout le Protestantisme, à cause d’une condamnation provoquée par des principes impies , et qui a eu lieu, d'après les formes juridiques , les lois existantes du pays, trente ahs avant la saint Sarthélemy ? Nous nous arrêtons |à, parce qu'il n'est pas dans notre intention de récriminer contre nos adversaires; mais qu'au moins ils ninjurient pas notre croyance, et ne disputent avec nous que d'amour pour la vertu, de zèle pour le Souverain et d'aitachement pour les lois constitutionnelles!
Strasbourg, Mai 1822.
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