LIVRE- TROISIÈME
finitive a lieu le i. janvier 1843. C'est de ce jour que date, légalement, la république calviniste.
Calvin, dans ce code, se place résolument, absolument, sur le terrain de TÉvangile. Tout ce qu*il peut emprunter à la primitive Église, il le prend ; ce que cette Église ne lui fournit pas, il le crée, mais en s'inspirant strictement de ses traditions, de son esprit. Cet esprit, il veut que les mœurs publiques et privées le refilètent comme les institutions ; il est convaincu, en outre, qu'on ne saurait l'altérer en l'accentuant, et que les plus sévères des législateurs antiques peuvent servir de guides au législateur chrétien. Le triomphe de l'Evangile sera d'obtenir plus encore que n'obtinrent ces hommes; les droits de l'État chrétien ne sauraient être moindres que ceux de l'État païen. L'État, par conséquent, peut et doit faire, au nom de Dieu, toutes les lois qui lui paraîtront devoir concourir à l'établissement et au maintien du règne de Dieu sur la terre. Le temporel et le spirituel seront suffisam* ment séparés, selon Calvin, par le fait que la sur-
veillance des délits et l'application des peines seront l'œuvre d'un corps spécial.
Mais ce corps, partie importante de l'Église, n'en sera pourtant pas la tête. c< Il y a, dit l'Ordonnance, quatre ordres ou espèces de charges que Notre Seigneur a institués pour le gouvernement ordinaire de son Église, assavoir les Pasteurs, puis les Docteurs, après, les Anciens, quartement les Diacres. » Le Consistoire n'est que le corps des Anciens, troisième ordre, auquel Calvin adjoint le premier ordre, les pasteurs, considérés dans ce cas^ selon le langage et l'usage des premiers siècles, comme Anciens.
L'ordonnance traite donc d'abord des pasteurs, « que l'Écriture nomme aussi aucunes fois surveillants ou Évoques, Anciens et Ministres. » Leur charge est « d'annoncer la Parole de Dieu pour endoctriner, admonester et reprendre, tant en public qu'en particulier, administrer les sacrements, et faire, avec les Anciens, les censures ecolésiastiques. » Or, afin que rien « ne se fasse confusément dans l'Église, » tout aspirant au ministère devra d'abord être examiné par les pasteurs, et cet examen portera premièrement sur la doctrine, « assavoir si celui dont il est question a bonne et saine connaissance de l'Écriture ; » secondement, c( s'il est propre et suffisant pour la communiquer