LIVRE TROISIÈME
vin. C'est, aujourd'hui, le corps administratif de l'Église ; c'était, sous Calvin, le gardien des Ordonnances, et, spécialement, un tribunal de mœurs.
Calvin le compose des pasteurs et de douze laïques ; ces douze laïques sont nr mmés par le Conseil, mais sur préavis des pasteurs, et confirmés, ensuite, par le Conseil des Deux-Cents. Leurs noms sont proclamés un dimanche, et le peuple a jusqu'au jeudi pour communiquer à un syndic les objections que provoquerait tel ou tel. Ils jurent devant le Conseil qu'ils rapporteront au Consistoire tout ce qui leur paraîtra mériter blâme ; ils le feront a sans Jiaine ni faveur, mais seulement afin que l'Église soît maintenue en bon ordre et en la crainte de Dieu. » Les Anciens sont élus pour une année ; mais il sera bon qu'on réélise tous ceux qui en paraîtront dignes. Le Consistoire s'assemble tous les jeudis <t pour voir s'il y a quelque désordre en l'Église. » Or, l'Église, c'est tout ce qui vit dans le pays. Le Consistoire peut donc citer devant lui qui que ce soit ; mais il ne dispose d'aucune force, ni pour contraindre les gens à comparaître, ni pour faire exécuter ses sentences : il « avertit » le Conseil, et le Conseil « y donne ordre. » Toute faute connue est, de plein droit, sous la juridiction du Consistoire ; quant aux fautes cachées, que nul « n'amène son prochain en Consistoire » avant
d'avoir tâché, selon Tordre de Jésus-Christ, de « ramener en secret à repentance. »
Si le gouvernement dispose seul de la force matérielle, le Consistoire a seul le droit d'excommunier ; autre point important où Calvin avait établi la séparation des deux pouvoirs. Mais nous verrons bientôt à quels débats ce point donna lieu.
Sera donc excommunié, même en cas de faute secrète, celui qui refusera obstinément de se reconnaître coupable et de s'amender. Sera excommunié, pour un temps plus ou moins long, quiconque aura commis une faute entraînant un châtiment grave. Sera excommunié quiconque « dogmatisera contre la doctrine reçue; » refusant de « se ranger. » Sera excommunié celui qui, après plusieurs avertissements, persistera à s'absenter des assemblées religieuses; excommunié encore celui qui s'abstiendra volontairement de la Cène, ou qui, invité à s'en abstenir pour un temps, ne fera rien pour y être admis de nouveau. S'il persiste encore six mois, qu'il soit banni du pays pour un an ; qu'il le soit également si, après avoir promis de communier, il continue à s'en abstenir.
Sans approuver tous ces articles, il y a pourtant à rappeler ce que nous disions ailleurs : c'est qu'on ne doit pas les lire sous l'impression du sens odieux que les rigueurs de l'Église romaine ont