LIVRE TROISIÈME
fait attacher à ce mot d'excommunication. Calvin n'y associe aucune idée mystique de réprobation, de damnation ; il le prend dans son sens primitif, apostolique : excommunier^ c'était retrancher de la communion des fidèles, et, comme signe visible de ce retranchement, interdire la Cène. Calvin ne (ait non plus découler de l'excommunication aucun» châtiment temporel ; s'il parle de bannissement, ce n'est point pour les excommuniés en général, mais pour ceux que l'excommunication n'aura pu vaincre, et il fallait bien, en effet; que force restât à la loi. Bref, étant admis le principe, on ne voit guère comment il eût pu être appliqué plus modérément et plus sagement.
Le rôle du Consistoire étant aussi celui d'un tribunal pour causes matrimoniales, les articles suivants forment un code sur la matière. L'autorité paternelle en fait de mariages est consacrée d'abord, puis limitée ; vient ensuite tout ce qui a rapport à Tâge, aux veufs, aux veuves, aux degrés de parenté, aux promesses de mariage, aux fiançailles, aux noces, aux difficultés survenant avant ou après le mariage, au divorce, enfin, car Calvin admet le divorce, le jugeant admis, en principe, dans les paroles où Jésus-Christ le défend « si ce n'est pour cause d'adultère. » Mais il l'entoure de toutes les précautions qui sauvegarderont la sain-
teté et l'indissolubilité du mariage, — et le mariage, en fait, n'a été nulle part plus saint, plus indissoluble qu'à Genève, sous les Ordonnances de Calvin.
Après les Anciens et le Consistoire, les Diacres, a quatrième ordre du gouvernement ecclésiastique. » Calvin les divise en deux classes : ceux qui recueilleront et administreront le bien des pauvres, et ceux qui s'occuperont des pauvres pour les assister, les soigner, etc. Ceux-ci porteront le nom d'Hospitaliers ; ceux-là, celui de Procureurs. L'Ordonnance confirme une mesure déjà prise aussitôt après la Réformation ': un seul établissement de charité, YHôpital Général^ recevra toutes les aumônes, administrera tous les secours. Aucun pauvre ne risquant d'être abandonné, la mendicité est interdite.
Un dernier article porte que « publication et lecture » des Ordonnances sera faite, tous les cinq ans, en Conseil-Général, et que rien n'y sera changé par personne « sinon qu'il ait été au préalable proposé et conclu par le Petit , Grand et Général Conseil. »
Plus cette législation a été étudiée, plus on y a vu de Choses qui étaient alors nouvelles, progrès incontestables sur toutes les législations antérieures. La forme, parfois, étonne un peu; on serait