CALVI
Calvin, c'était un singulier coup de maître que de faire recommander la sévérité aux pasteurs par ceux qui la leur avaient tant reprochée. Suit une longue énumération des désordres auxquels le Conseil déclare que son « vouloir » est de tenir la main. Que tous, petits et grands, « se rangent donc à vivre chrestiennement. » Que les pères de famille soient « diligents » à surveiller enfants et serviteurs ; que « nos ofQciers soient vigilants à faire observer nos ordonnances, sans aucun support ni de grand ni de petit ; » que « les prêcheurs fassent leur devoir à être plus soigneux et ardents qu'ils n*ont été à enseigner, admonester et redarguer les vices comme il faut. » Le reproche devient donc un ordre formel de n'épargner personne à l'avenir.
Sincère ou non, le zèle du Conseil porta des fruits. Les pasteurs reprirent courage. Calvin, dans une lettre à Viret, constate que tout va passablement, c( malgré, dit-il, les efforts de nos adversaires. )) Il ne se faisait donc point d'illusion, et sentait bien que les vieux ferments subsistaient.
Cet état relatif de calme et d'ordre fit ressortir d'autant les tristes folies d'un homme qui avait aussi rendu jadis des services, et qu'on avaitméme vu, en temps <de peste, se dévouer noblement. Raoul Monnet, non content de vivre dans le désordre, avait dessiné ou fait dessiner une série d'es-