‹ CalvinChapitre 189 sur 212 · Livre QtJATRiàMS · texte numérisé non relu

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ble constitution, enfin, prête à abriter toutes les lois et toutes les institutions qui plus tard s'inspireraient d'elle.

Le point de départ est VÉglise^ dans le sens apostolique du mot, l'Église locale, l'ensemble des fidèles groupés dans le même lieu, ville ou village. C'est à eux de se donner, dès qu'ils le pourront, forme d Église, par la nomination d'un consistoire, l'appel d'un ministre, l'établissement d'un culte régulier.

Au-dessus de l'Église est le CoUoqtie, groupe d'Églises. Le Colloque s'assemble deux fois par an ; chaque Église y est représentée par un ministre et un ancien. Il règle toutes les affaires communes aux Églises de sa circonscription.

Au-dessus du Colloque est le Synode Provincial, qui s'assemble une fois par an. C'est le Colloque agrandi, groupe de plusieurs Colloques ; chaque Église y envoie aussi un pasteur et un ancien. C'est par lui que l'élection des pasteurs doit être faite ; mais chaque Église est appelée à ratifier le choix qui a été fait pour elle.

Enfin, au sommet, le Synode National. Composé de deux pasteurs et de deux anciens envoyés par chaque synode provincial, il juge en dernier ressort toutes les affaires, et aucun recours n'est possible contre son autorité.

462 CALyiN.

Cette congtitution avait été dictée par Calvin. Si, avec nos idées modernes, nous y apercevons quelques atteintes au principe démocratique que Calvin plaçait à la base, nous ne pouvons guère, d'autre part, ne pas y reconnaître une remarquable entente de la situation et des besoins du pro-. testantisme français. Il fallait, à la fois, que la base fût aussi large, aussi populaire que possible, et que Tautorité, à chaque degré plus concentrée, fût une, forte, capable de se maintenir à côté de l'autorité royale, soit amie, soit ennemie.

Calvin n'eut cependant pas l'idée de chercher cette unité, cette force, dans rien qui rappelât l'ëpiscopat. Ce n'était pas que l'épiscopat, en soi, lui parût condamné par l'Évangile. On ne peut pas dire, en effet, que l'Évangile interdise d'établir, dans chaque Église, un premier pasteur, un surveillant général; l'erreur, l'usurpation, c'est quand on ne se contente plus de considérer l'épiscopat comme une charge instituée par l'Église, et qu'on attribue à l'évêque un droit divin , une supériorité mystique, nécessaire, sur les ministres inférieurs. Calvin, dans Y Institution Chrétienne ^ s'était exprimé de manière à laisser aux Églises, sur ce point, toute liberté. Dans la lettre au duc de Somerset, il parle de c( l'office des évêques et curés ; » dans une lettre au roi de Pologne, Sigis-

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