‹ CalvinChapitre 3 sur 212 · XXIV. Dernier voyage à Noyon. — Arrivée à Genève · texte numérisé non relu

XXIV. Dernier voyage à Noyon. — Arrivée à Genève

L'histoire ne doit pas être un plaidoyer ; dès qu'elle en a Tair, on se défie.

C'est donc une tâche ingrate que celle de raconter la vie d'un homme dont les hautes qualités ont été souvent méconnues, les fautes souvent exagérées, et dont l'histoire, en outre, est liée à celle d'une cause qu'on défend et qu'on aime. Comment paraître impartial? Comment se promettre même de l'être toujours et en tout?

Nous espérons cependant lavoir été. Si ce livre est un plaidoyer, il l'est comme le sera toujours

un travail consciencieux sur un sujet longtemps défiguré par l'ignorance ou par le mensonge. Ce n'est pas notre faute s'il est devenu presque impossible d'écrire sur Calvin sans se poser en avocat de Calvin.

Mais qu'on n'appréhende pas de trouver ici une apothéose, ail y a un seul bon: c'est Dieu. » Nous le savons ; nous ne l'oublierons pas. Mais si Calvin fut un homme, il n'en fut pas moins un grand homme, ou, mieux encore, un grand serviteur de Dieu, et nous protesterons contre l'étrange empressement avec lequel aujourd'hui l'abandonnent, le renient, tant de gens à qui la simple justice, à défaut de reconnaissance, ordonnerait d'être ses amis. Entre l'apothéose, que nous ne voulons pour personne, et cet abandon si empressé, si complet, il y a place au moins pour une étude sérieuse, digne de la cause et de l'homme.

C'est cette 'étude que nous avons entreprise. Nous l'adressons à tous les amis de Calvin, y compris ceux qui ne le sont pas, mais qui pourraient l'être et devraient l'être ; nous l'adressons également à tous ceux de ses ennemis qui n'en sont pas encore venus à ne pas vouloir connaître celui qu'on leur a appris à haïr.

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