LIVRE PftÉMIER. l2T
la Réforme. On ne sait si cette minorité osa ou put
faire entendre ses vœux; mais Calvin resta à son
poste jusqu'au moment ou tout espoir fut perdu.
Averti, enfin, qu'il aflçiit être arrêté, il s'enfuit, le
8 mars, avec ceux de ses adhérents qui s'étaient le
plus 'cHiidprdiïlié, è'cfclé^iyiqii'eè et iÉÎïqtiéé. Mai^ le
Sâiht-feertiàrd étSll ^dtàLW ïaliiii pfêiiafe des seii-
tiëts, traverser aeè tbrrénl^, côtoyer dés précipî-
cefe, fet, ffiêiné ÎK, cl^aindrè encore, car « \è comté
afe ttèilaîis, dit une vieille felàtioh, ïut celui qiii
ddiitiH la chaise à baiviii, ei le poïifs{{îvit,» l'êpée
nllè, jdsqii'àu lonâ des montagnes. » Mais Calvïii
et ^es coinpd^iïolik ifSnbliirè'ht èhÔn le col de là
DtiWhdd, tiile flèk^ Hautes étitréés du Yallàis, dési-
gheè enc6rë Ah nos' jbufs sous le nom de Peiiêtrê
de Calvin.
Prlëotis et bflèliérs firent justice île tout ce qîié \d fiéfoftflè' àlait gardé d'âdhefént^' dans le pays, et, eh iHii^ ^if te piédestal 3'unë croix comméihoràtivë* élevée? M fceiitre dé \d vMé, on graVa une iriscrîptîon rarp'peîsciit Isl fuite ie Caïvïh et la dëlivraiicé dCKôkte. teite îiiscttption, effacée par ïè temps, à été rétablie, êrf 184M, siir ïè" monûmëiit restaî^ffé. Ôii veut qité le pays béhîssè à jamais le jour qui lé i^ehiit sous le joug de ftômè, et le réplongea dans les tétièbres.
Peu après, Calvin était de nouveau à Noyon. Le fait de ce voyage est certain ; mais bien des points seraient à éclaircir, et on ne sait trop où chercher les explications qui manquent. Comment Calvin put-il revenir, en 4536, dans cette France d'où il avait dû fuir à la fin de 1534, et, cela, avant d'être l'auteur de Y Institution Chrétienne? Nous l'avons vu, dans la préface, se considérer comme définitivement banni, non pas, il est vrai, par quelque arrêt prononcé contre lui, mais par la force évidente des choses ; les choses n'ayant pas changé, comment se fait-il qu'il rentre, et que, rentrant, il ne soit pas inquiété? Rien même n'indique qu'il ait eu à se cacher. Il acheva de mettre ordre à ses affaires domestiques, gagna quelques nouveaux adhérents, en particulier un juge, M. de Normandie, que nous retrouverons à Genève, puis repartit pour Bâle avec une de ses sœurs, Marie, et un de ses frères, Antoine, le seul qui lui restât. Antoine allait être le compagnon obscur, mais dévoué, de toute sa vie. Il renonçait, lui aussi, au tranquille bien-être que lui eût offert TÉgUse, car il avait suc-