Chap. VI
L* « INSTITUTION CHRÉTIENNE
l'homme, la prédestination
Pascal peint l'homme à la fois grand et petit, grand par la pensée vis-à-vîs de la nature aveugle, petit par son infirmité morale en regard du Dieu parfait. « S'il se vante, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le vante. » La logique simple et droite de Calvin ignore ces contrastes. Il n'a qu'un terme de comparaison pour l'homme : il l'abaisse et l'anéantit sous la majesté divine.
Chez Pascal, la connaissance de Dieu se fonde sur la connaissance de l'homme. Bossuet suit le même ordre. Pour Calvin, le rapport des deux connaissances est inverse. « Il est notoire que l'homme ne vient jamais à la claire connaissance de soi-même, sinon que premièrement il ait contemplé la face du Seigneur et, après l'avoir considéré, descende à se regarder*. » Qu'est-ce, en effet, pour l'homme, que