LIVRE QUATRIÈME
consulte. — Le diplomate. — L'homme nécessaire en toutes choses. — Le législateur politique.
XYIIL Fondation du Collège et de TAcadémie de Genève. — Cérémonie du 5 juin 1559. — De quelle persévérance Calvin avait eu besoin. —XIX. Le Collège depuis trois siècles. — Quels souvenirs on y peut évoquer. — Le grand secret de Calvin et de tous les hommes nés de lui. — Faibles moyens; grands résultats. — Ces résultats lui doivent leur importance et leur durée. — En quoi Calvin a été plus puissant que Luther.
XX. Dernières années de Calvin. — Maladies. — Pauvreté. — Désintéressement. — Sadolet frappant à sa porte. — XXI. Derniers travaux et dernière maladie. — Six cruelles semaines. — Patience et foi. — Calvin travaille encore. — Dernière communion. — XXII. Il reçoit, sur son lit de mort, la visite du Conseil. — Le lendemain, visite de la Compagnie des Pasteurs. — Exhortations qu'il leur adresse. — Son testament. — XXIII. Dernière visite de Farel. — Ce qu'ils durent se dire. — Les censures et le repas fraternel. — Ses dernières journées. — Sa mort.
XXIY. Ses funérailles. — Ce que nous dit sa tombe, quoique rien n'en marque authentiquement la place.
Rome n'avait pas eu besoin des tristes encouragements que Genève venait de lui donner. Les rigueurs ne s'étaient jamais affaiblies. De menaçants nuages s'accumulaient, de toutes parts, autour de la Réforme et autour de sa capitale.
Nous avons dit à combien de réfugiés s'ouvraient les portes de Genève; ces mêmes portes s'ouvraient aussi tous les jours pour en laisser sortir qui retournaient à la bataille, accompagnés
des instructions et des prières du chef. La collection des lettres de Calvin en renferme une adressée, quinze jours avant la mort de Servet, « aux fidèles des îles, » soit des côtes de la Saintonge, et celui qui portera cette lettre est Philibert Hamelin, premier prédicateur de la Réforme en ces contrées. Arrêté à Saintes, condamné à mort, il s'est échappé et a pu fuir à Genève, où il s'est fait imprimeur. Mais il n'a pu supporter longtemps d'être en repos quand ses frères souffraient ailleurs. Il part, muni de la précieuse lettre. Il arrive, rassemble, prêche, encourage, organise, et, après quatre années d'apostolat, pris de nouveau, il est brûlé à Bordeaux.
D'autres, plus près de Genève, avaient péri pendant le procès de Servet, consolés aussi et fortifiés par la voix du réformateur. Une lettre du 22 août est adressée à deux hommes qui attendaient la mort dans les prisons de Lyon, et qui furent brûlés, le mois suivant, avec deux autres. Déjà, le 7 juillet, à la nouvelle de leur emprisonnement : «Quoique ce nous ait été, leur écrivait-il, un message triste selon la chair, même selon le juste amour que nous vous portons en Dieu, si nous faut-il néanmoins ranger à la volonté de ce bon Père et Seigneur... Comme il vous a munis de sa vertu pour soutenir le premier assaut, il reste de le prier qu'il vous renforce de plus en plus, selon que vous aurez à combattre... Quand il fait cet honneur aux siens de les employer pour maintenir