LIVRE QUATRIÈME
en consolant ceux que le fléau atteindra. Atteint lui-même, il meurt « au grand regret de toute la république, disent les registres, et au grand dommage de l'Église . »
Telles étaient donc — et nous avons omis une foule de détails — les relations de la France protestante avec l'Église de Genève. Mais l'organisateur de celle-ci regrettait de voir l'Église de France sans aucune organisation régulière, et, autant il la détournait de se serrer en un parti politique, autant il désirait la voir une comme Église.
Ce fut donc sous son inspiration que se réunit à Paris, en mai 1559, cette humble assemblée que l'assentiment unanime des Églises allait décorer du nom de premier synode national. Onze Églises seulement y furent représentées, y compris celle de Paris. C'était peu, et c'était beaucoup. Les députés jouaient leur vie.
Là donc furent posées les bases de l'édifice dont les matériaux s'amassaient depuis quarante ans.
Ce fut, d'abord, une confession de foi, œuvre facile en ce moment, aucun dissentiment sérieux n'existant au sein des Églises, toutes fidèles à la théologie de Calvin.
Ce fut, ensuite, une discipline, simple, courte.
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mais traçant nettement les grandes lignes, véritable constitution, enfin, prête à abriter toutes les lois et toutes les institutions qui plus tard s'inspireraient d'elle.
Le point de départ est YÉglise^ dans le seos apostolique du mot, TÉglise locale, Tensemble des fidèles groupés dans le même lieu, ville ou village. C'est à eux de se donner, dès qu'ils le pourront, forme d'Église, par la nomination d'un consistoire, l'appel d'un ministre, l'établissement d'un culte régulier.
Au-dessus de l'Église est le . Colloque, groupe d'Églises. Le Colloque s'assemble deui fois par an ; chaque Église y est représentée par un ministre et un ancien. Il règle toutes les affaires communes aux Églises de sa circonscription.
Au-dessus du Colloque est le Synode Provincial^ qui s'assemble une fois par an. C'est le Colloque agrandi, groupe de plusieurs Colloques; chaque Église y envoie aussi un pasteur et un ancien. C'est par lui que l'élection des pasteurs doit être faite ; mais chaque Église est appelée à ratifier le choix qui a été fait pour elle.
Enfin, au sommet, le Synode National. Composé de deux pasteurs et de deux anciens envoyés par chaque synode provincial, il juge en dernier ressort toutes les affaires, et aucun recours n'est possible contre son autorité.
Cette constitution avait été dictée par Calvin. Si, avec nos idées modernes, nous y apercevons