‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 11 sur 46 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

sfir. [| nnit par arriver «n Bénnrès où son père vient (le mourir, y est proclamé roi et répand ses largesses sur tout le pays. I/cpousc adultère, traînant avec elle son complice, allait de lieu en lieu pour recueillir des aumônes; elle vient à Bénurès pour prolllor des libéralités du roi. Mais celui-ci reconnaît les deux scélérats et les bannit de son royaume. Ce prince vertueux qui écliappe par miracle â des macbinations perfldes est le Bodliisattva, le futur Bouddha.

Assurément cette légende pâlie ne coïncide pas avec la légende cambodgienne ; mais il y a des traits communs h Tune et à Tautre ; la ressemblance va même quolquefois jns(|u*aux noms propres. Et il est permis de dire que le récit cambodgien s*est inspiré du Jàtaka 193, quoiqu'il y ait certainement mêlé des données prises ailleurs. Préa-Sang-Sél-Chey, lils lie Halam-méa^neur épanouie), et qui, â un certain momeni, se cache d.uis des reiiilles de IhiUtin-mèa, est Vadnmi (lotus), le Bodhisattva, précipité du liautd*niie montagne comme le prince cambo<lgien, non pas, il est vrai, par des frères qu*il a obligés et qui h* trahissent, mais par une épouse traîtresse qui s*uiiit à un misérable pour répondre «î ses bienfaiLs par un assassinat. Il est sauvé par un (lodha-Vildja

dont le nom se retrouve à peine altéré sous la double forme du nom cambodgien du père de Préa-Sang- Sél-Chey, savoir Kottarach-Codarach. Mais, il y a aussi des emprunts faits à d'autres textes, telle est la rencontre de quatre kéiwr, qui se trouve dans d'autres Jàtakas. D'un autre cdté, le combat du Yak avec Préa-Sang-Sêl-Cbey rappelle des exploits guerriers du Mabâbliarata.

J'ai signalé tes rapprochements qui m'ont frappé dès l'abord : je suis convaincu qu'une étude plus complète permettrait d'en faire d'autres. Mais ceux qui précèdent sulfisenl pour démontrer ce que l'on pouvait deviner ou supposer d'avance, — l'inspiration indienne de ces contes. [Is attestent en môme temps une véritable liberté dans la façon dont les données indiennes sont traitées et, par conséquent, une certaine originalité. Le public saura gré à M. Leclère de lui avoir donné ce- spécimen de la littérature cambodgienne, et les indianistes lui seront reconnaissants de leur avoir révélé celle forme nouvelle du développement du génie indien.

Léon FEKK.

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