‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 12 sur 46 · LITTÉRATURE CAMBODGIENNE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE CAMBODGIENNE

PIIEMIÈRK PARTIE

LE SATRA DU ROI CIIÉA-LY

Lors(|uo PnMi-bat Cliôa-Ly ' vint au niondo* après ôlro «lomourô dix limaisoiif^ dans le sein de sa niôre, i'VUiit dans la soirée du Ihnay I^rcui-llos' le 15*' jour de la lune croissante du mois de I^isack* de rannêe Roka\

* /Vm, (In |)Ali/i/fr/f, tn*Hgian(l, Mini, saci'd; hat^ du |)Ali pttila, Ijaae ; Chvti-l t/^ nom propice. En pAli JtUi (oa Djâli),

* Dans lo royaume do Sn»y-Ph> ri'*a8.

' Thnatj ou thgnat^, mot camljodgicn signiHani u jour i> et « wlcil • ; /Vra, du |>âli para, IK*m grand, naint, «acre ; et Hos, Dom de la planète Jupiter.

* Kn xanficrit VtUrtlkha, nom d'une constellation, le deuxiAroo moÎN de Tannée indo-camliudgiuDnc.

* Année de la Poule.

A. LscLftRB, JLill. eambodg, 1

La jeune Métry-Tévi * vint au monde la môme année^ à la môme heure du thnay Atut * qui se trouvait ôtre le 1(>* jour de la lune décroissante du mois de Pisack..

Lorsque le prince Chéa-Ly eut atteint l'âge de seize ans, son père, Préa-bat-srey-Sanh-Chey • donna l'ordre d'amener néang Métry-Tévi *, aÂn de la marier au jeune prince, son fils. Chéa-Ly obéit à son père et épousa Métry-Tévi, puis il monta sur le trône.

Le nouveau roi avait vingt et un ans quand sa femme, Préa-Métry, étant enceinte depuis dix lunaisons, accoucha d'un fils auquel on donna le nom de Chéa-Ly qui était le nom de son père, un thnay Peut* du mois Chet* de l'année de Môsanh \

* Mètry, nom propre; Tèoi^àxï pâli deoî^ épouse d*an diea, nymphe oéloste, épouse d'un roi ; titre qui se trouve très souvent dans le titre des princesses cambodgiennes. Peut-être en p&li Meiii-deoi et en sanscrit Maitri-deoi. Dans ces deux langues deot désigne une reine, comme dcca désigne un roi. Les textes pâlis donnent â cette princesse le nom de Kanhd- /ind.

* Atui, nom pâli du soleil ; jour du soleil.

' Srey, en pâli restitué çri^ bienheureux ; Sanh-Chey, nom propre. Ce nom en pâli est San/aya.

* Néang (mot cambodgier!), madame, femme, fille.

* Poutf nom de la planète Mercure; en pâli restitué Bw dha,

^ En sanscrit Tchaitra^ le premier mois de Tannée indocambodgienne.

* Année du Serpent.

LB SATRA DU ROI CHÉA-LY 3

Comme le jeune Chéa-Ly commençait à se tenir sur ses petits pieds et à marcher, sa mère» qui était de nouveau devenue enceinte, accoucha d'une (ille à laquelle on donna le nom de néang Kang-Ha. On a oublié le mois de la naissance de cette fille, mais on sait que c'était un thnay penh-bord* et un thnay ChanV

Le roi, pour f^^tcr ces doux naissances, distribua de nombreuses aumônes et donna même son éléphant [blanc] qu'il aimait à monter'. Cette distribution

* Joar de pleine lane.

* Landi ; Chan^ nom de la lune.

* I^ Jaiaka pâli donne une antre leçon: A cette époque, la sécheresse déeolaii le royaume de Kalinga (le Kleng-Kréas du texte cambodgien). Le roi de ce pays ayant entendu dire que Vessantara, qui régnait dans la ville de Jetuttara (ou Jayatura) possédait un éléphant blanc qui avait le pouvoir d'amener la pluie, envoya neuf brahmanes demander le précieux animal. Quand les neuf brahmanes arrivèrent à Jetuttara, ils trouvèrent Vessantara qui, monté sur son éléphant blanc, parcourait la ville et distribuait des aumônes au peuple. Ils furent à lui et lui dcmandArent pour lo roi leur maître IVtt^pbant blanc qu*il montait. « Que ne m'a vex- voua demandé mes yeux ou ma chair, je vous les aurais don nés en aumône, » dit-il, et il leur remit IVIéphant blanc qu'il montait, avec ses harnais qui valaient à eux seuls vingt-quatre lacs du trésor (24 fois 100,(X)0 pièces de monnaie), en disant: m Ainsi doit faire le futur Bouddha. » Les habitants, voyant que Téléphant blanc qui donnait la pluie quittait le pays, s'ameutèrent et furent tout en larmes trouver le vieux roi. Ils lui demandèrent d exiler son HIs et toute sa famille.

Cette leçon du Jaiaka pAli explique la «mition populaire et

d'aumônes eut lieu un thnay Préa-Hos, le 14* jour de la 2* quinzaine du mois de Pisack dans Tannée Roka. *

Cependant les hommes du royaume de Srey-Phyréas* s'étant soulevés, se rassemblèrent devant le palais de Tancien roi, Srey-Sanh-Cliey, et, mécontents de son fils, lui dirent :

— Roi, chassez donc, nous vous en prions, votre fils et votre petit-fils hors du royaume, conformémément à la coutume, depuis le roi Choa-Chac jusqu'au roi Préa-Maha-Vésân '.

— Oh I dit le roi Srey-Sanh-Chey, voici maintenant que tous les hommes de Srey-Phy réas sont soulevés contre mon fils.

Et s'adressant aux révoltés, il leur dit :

— Je vais prévenir mon fils afin qu'il sorte du royaume.

Il se retira et envoya des gens dire h son fils ce que le peuple avait demandé. Ces gens ayant rempli leur mission, le jeune prince leur dit :

— Allez, je vous prie, parler au peuple ; deman-

oontrouve le motif que le texte canilK)dgien met dana la bouche des envoyés du peuple: «... conformément à la coutume, depuis le roi Chda-Cliac (un ancien roi probablement) jusqu'au roi Préa-Maha-Vésanda (le roi charitable, le roi régnant)».

* Année de la Poule.

* Çrl-Pûryàtra(?)aujourd'huiBlrat,dans le nord de l'Inde. ' Maha (mut i»àli), grand. VéAunda nom d'une incarnation

.du Bouddha. En p&li Vesêaniara.

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