MÉMOIRE
DB
M A FBMM E ma collaboratrice infatigable et dévouée
PIIÊFACK
Cf lirrr esl un simpir recueil de Contes et de I^^f/endcs tronrés an Camhodf/e et traduits de la langue Klnni^re en français. J'espère que les lecteurs qui ont fuit bon accueil à mes trois volumes de I?w1ioitIh»s sur lu législation dos ("ambodgions, le liront avec (/ueh/ue plaisir et qu'ils me sauront f/ré d'ncoir tenté de leur /aire connaître une littt'trature jusqu alors presque if/non^e de V Europe,
Ce recueil est formé de petits satras isolés recueillis dans les pagodes au cours de mes tournées ad/ninistratices, et rassemblés sans méthode et sans prétention aucune. Il ne représente, Je dois farouer^ qu une faible partie de tautcre liltéraire des (Cambodgiens; mais d* autres rolumes^ pour lesquels Je réunis déjà des matériauj\ riendront succcssirement s'ajouter à re recueil et le compléter.
Je serai au bout de la tache qaeje me suis imposée, quand J'aurai t ecueilli et publié en langue française tous les cantes, toutes les légendes, tous les romans qui sont épars dans les monastères cambodgiens; quand J'aurai trouvé toutes les pages
d'histoire nationale et locale qui sont dispersées, quand f aurai rassemblé une notable partie des compositions légères qui sont des plaintes amoureuses j des cris d'amour, des regrets devancés éloignés, des confidences charmantes et toujours naïvement exprimées; quand J'aurai, en un mot, saucé de la destruction par le temps les satras anciens et les ouvrages modernes qui contiennent le meilleur de l'âme khmère, ce qu'il y a de plus intime au fond de la conscience de ce peuple d' extrême-orient qui nous a confié ses destinées et qui met tout son espoir en nous.
Je ne me dissimule pas les difficultés que J'aurai à vaincre si Je veu^c remplir ma tâche avec conscience; il n'y a pas aujourd'hui au Cambodge une seule pagode, un seul monastère de religieux bouddhistes qui possède ce que J'appellerai une apparence de bibliothèque. Pour me procurer les manuscrits dont f ai besoin, que Je veux faire traduire et publier, il me faudra rechercher, découvrir les parlies épaisses, collationner les chapitres que Je pourrai me procura* et former des collections complètes. Un monastère ne peut le plus souvent donner qu'un satra incomplet, un épisode d'une œuvre dont on a égcu'é plusieurs parties ; c'est quelquefois à l'extrémité opposée du pays qu'on peut rencontrer la fin d'un ouvrage dont le hasard a livré le commencement. C'est ainsi que le conte du Perroquet et de la Merle que Je donne dans ce volume, recueilli en