‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 3 sur 46 · PRÉFACE IH · texte numérisé non relu

PRÉFACE IH

pcuHie à Kompol en 1889, a été complété à Sambaur en 1891 ; c'est ainsi que le Jàtaka du Bouddha, dont je m'étais procuré un eremplaire incomplet dans ta presqu'île de VéalRine en 1888, a pu être complété à Kompong-Thom, à Vautre bout du Cambodge, en 1893, aoec un satra également incomplet trouvé dans un ancien monastère.

Il est grand temps de recueillir les vestiges de cette littérature cambodgienne qui gisent épars, et de rassembler en un même lieu tout ce qui vient du passé, tout ce qui n'a pas été perdu, tout ce qui n'est qu'égaré. Les textes anciens, au dire des habitants du pays ^ deviennent déplus en plus rares; on recopie de moins en moins, et les satras usrs, devenus illisibles, mais qu'on ne peut pas détruire safis péché, sont souvent abandonnés aux termites, derrière le maître autel sur lequel est la statue du Bouddha,

Qui sait si, déjà, certaines parties importantes d'œucren remarquables, si certains satras anciens qu'on aurait pu recueillir il y a trente ans, avant notre arrivée dans ce pays, ne sont pas à tout jamais perdus? J'ai recueilli de bouche à oreille îles récits dont j'ai vainement cherché les textes dans vingt bon^eries, et qui avaient incontestablement gardé le cachet des choses qui ont été écrites.

C/tst pour empêcher cette disparition des monuments littéraires de l'ancien Cambodge, c'est pour permettre de les comparer avec les ouvrages des

IV CONTES Et LÉGENDES

modernes Cambodgiens que J'ai entrepris de rassembler en un même lieu tous les satras de langue khmère et de publier en français tout ce qui, dans cette littérature cambodgienne, me paraîtra digne d^étre soumis aux lecteurs français et susceptible de faire connaître à la France un peuple dont elle a assumé le protectorat et dont elle a entrepris Vini^ tiaiion aux choses d'occident.

Cette collection, une fois faite, sera accompagnée d'un catalogue raisonné, puis déposée à la Bibliothèque Nationale où,, jointe aux quelques satras que la section des manuscrits possède déjà, elleformera un fonds khmer ou cambodgien des plus complets, qu^ on pourra consulter aoec fruit.

En cUtendant, le recueil que je donne aujourd'hui permettra au lecteur de se faire une opinion sur la littérature cambodgienne et d'apprécier V importance littéraire qu'aura la collection que je me propose de former.

Je ne terminerai pas cette courte préface sans

remercier ici M. Léon Feer des notes qu'il a bien voulu me donner et surtout de l'intéressante introduction qu'il a écrite pour ce volume.

Adhémard LECLÈRE.

Parii, 25 novembre 1894.

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