‹ Cambodge: Contes et légendesChapitre 4 sur 46 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

M. Leclère se conforme au goiit du jour en nous donnant un recueil de Contes Cambodgiens qui sera, nous n*en doutons pas, bien reçu du public. Par ce temps de passion pour le Folklore on veut avoir, sinon une collection complète, au moins un choix de traditions populaires de chaque pays; et il est juste que le Cambodge fournisse son contingent.

Ces traditions populaires, qui piquent si vivement la curiosité, ne sont pas toujours, il s*en faut bien, originales. Nais, originales ou non, elles ne manquent jamais d'intéresser. Dans le premier cas, on aime ii voir du nouveau, on admire le génie inventif du narrateur; dans le second, on est surpris de trouver chez un peuple étranger des idées, des aventures, des épisodes que l'on connaît déjà, soit

pour avoir reçu les unes ou appris les autres dès Tenfance, soit pour les avoir rencontrés dans les légendes d'un peuple voisin ou même éloigné de celui dont on étudie les Actions.

C'est, pour citer un exemple, l'impression qu'on éprouve, en lisant les Avaddnas traduits du chinois par Stanislas Julien, lorsqu'on y rencontre la fable de la Tortue et de% deux Catmrib, impression dont la vivacité s'accroît encore, si on a déjà rencontré ou si l'on rencontre ultérieurement cette même fable dans le recueil indien d'où elle a été prise. On apprend ainsi, ou on le constate de nouveau, si on le savait déjà, que, malgré les distances qui les séparent, en dépit de la diversité des langues, des mœurs, des lois, de l'état social, il y a véritablement, entre les hommes, un lien commun, un trésor intellectuel indivis, ou plutôt libéralement réparti entre tous, un terrain sur lequel ils peuvent toujours se rencontrer.

L'imitation n'exclut pas l'originalité. La Fontaine, écrivain original s'il en fut, a puisé chez ses devanciers la donnée de ses plus beaux chefs-d'œuvre. En passant d'un peuple à un autre, d'une langue dans une autre, d'un auteur à un autre, les récits revêtent une forme nouvelle; ils sont plus ou

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