INTRODUCTION
M. Leclère se .conforme au goût du jour en nous donnant un recueil de Contes Cambodgiens qui sera, nous n'en doutons pas, bien reçu du public. Par ce temps de passion pour le Folklore on veut avoir, sinon une coltectijn complète, au moins un choix de traditions populaires de chaque pays; et il est juste que le Cambodge fournisse son contingent. '
Ces traditions populaires^ qui piquent si vivement la curiosité, ne sont pas 'ours, il. s'en faut bien, originales. Mais, originaifc^' ou non, elles ne manquent jamais d'intéresser. Dans le premier cas, OAaimeà voir du nouveau, on admire le génie inventif du narrateur; dans le second, on est surpris de trouver chez un. peuple étranger des idées, des aventures, des épisodes que Ton connaît déjà, soit
VI CONTES ET LÉGENDES
pour avoir reçu les unes on appris les autres dès l'enfance, soit pour les avoir rencontrés dans les légendes d'un peoi^e voisin ou même f>loigné de celui dont on étudie les ficlions.
C'est, pour citer on exemple, l'impression qu'on éprouve, en lisant les AraMnas traduits du ciiinois par Stanislas Julien, lorsqu'on y rencontre la fable de I* Toriite et det deut Canards, impression dont l:i vivacité s'accroît encore, si on a déjà rencontré ou si l'un renronire ultérieurement cette même fable dmis le recueil indien d'où elle a été prise. Un apprend ainsi, ou on le constate de nouveau, si on le savait déjà, que, malgré les di^aoces qui les séparent, en dépil de la diversité des langues, des mœurs, des lois, de l'état social, il y a véritablement, entre les bommes, un lien commun, un trésor intellectuel indivis, ou plutôt libéralement réparti entre tous, un terrain sur leqael ils peuvent toujours se rencontrer.
l,'iiiiit.ition n'esclut pas l'oiiginalilé. I.a Fontaine, écrivain original s'il en fui, a puisé chez ses devanciers la donnée de ses plus beaux cliefs-d'ceuvi*. Ko passant d'un peuple à un sutre, d'une langue dans une autre, (rtiii auteur à un atitre, les récits révèlent ane foime nouvelle; ils sont plus ou