‹ Cambodge et JavaChapitre 25 sur 98 · K* SO · texte numérisé non relu

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Plan d'ensemble de Mi -Baume (Cambodge siamois) (Relevé sur place.)

MI-BAUME 4o

Quelques débris de statues et des restes d'autels y sont encore renfermés. L'un de ces sanctuaires, celui de droite, côté ouest, m'a semblé être voué particulièrement à Siva. On voit ce Dieu sculpté sur le motif milieu du linteau de la porte d'entrée. Il apparaît ayant un genou appuyé sur la tète de son éléphant favori, tandis que deux lions (Nrisinghas) debout, soutiennent sur leur tète le dais de forme trilobée sous lequel il est abrité. De la gueule ouverte de ces animaux fantastiques sortent des guirlandes de fleurs qui se terminent par un enroulement de feuillage au centre duquel on reconnaît le dieu à tête d'éléphant, Gonesh, fds de Siva et de Parvati, son front est orné d'une tiare. La composition de ce linteau ciselé si délicatement est complétée par d'autres petits rinceaux au milieu desquels de gracieuses divinités sont en prière, ou se livrent à des danses entraînantes. La quatrième et dernière terrasse sert enfin de base au sanctuaire principal ou Préa-Sat, qui est aussi surmonté d'un dôme élevé. La plus grande partie des édifices détachés qui composent Mi-Baume sont généralement construits en briques qu'on voit aujourd'hui à l'état fruste et criblées de nombreux trous. C'est surtout sur les pilastres, les frises des corniches et les chambranles qu'on en remarque le plus. Ces trous servaient sans doute autrefois au scellement de feuilles de métal qui contribuaient, dans ces parties des édifices, à l'ornementation générale en se mariant avec les sculptures exécutées sur les pierres de grès. Les plaques de cuivre ne suffisaient pas toujours aux artistes Khmers, ils y joignaient des pierres transparentes, des verroteries colorées brillamment et des miroirs.

Dans son récit le Tchin-la-foung-tou-ki, l'officier chinois raconte qu'il a admiré au Cambodge un monument dont la tour principale était dorée. On peut voir actuellement sur quelques moulures et chapiteaux d'Angkor-Vat, quelques restes de peintures et de dorures.

L'usage est resté, de nos jours, chez les Cambodgiens, de décorer les frontons et les toitures de leurs pagodes comme nous l'avons vu page ">. Ils suivent certainement en cela, les anciens modes de décoration des monuments de leurs ancêtres.

La pierre de grès à Mi-Baume est seule réservée pour les linteaux des portes et les petites colonnettes qui les supportent ainsi que pour les panneaux sculptés qui forment les fausses portes autour des sanctuaires. Les murs des terrasses, les soubassements sont en pierre de Bien-Hoa. Les éléphants sculptés aux angles de la première terrasse et les Songs qui ornaient les nombreux perrons sont aussi en pierre de grès.

Les ruines de Préa-Bup ont beaucoup de rapports avec celles de Mi-Baume.

PREA-RUP

Elles sont moins importantes que ces dernières, mais elles valent certainement une longue visite. L'édifice est conçu en forme pyramidale, ayant une base carrée et des terrasses superposées sur lesquelles on monte par quatre perrons de pierre ornés de Songs et orientés aux quatre points cardinaux. Sur la plate-forme de la première terrasse sont disposées d'assez vastes salles destinées sans doute à l'usage des bonzes ou des pèlerins. Sur celle de la deuxième, vingt petits sanctuaires séparés les uns des autres et rangés symétriquement à droite et à gauche des perrons, forment une sorte de cadre à la troisième et dernière plate-forme au centre de laquelle on voit le sanctuaire principal. Les angles de cette troisième terrasse sont occupés par quatre autres sanctuaires de moindre importance. Les constructions diverses qui composent Préa-Rup sont en briques, tandis que les murs de soubassement sont en grossières assises de Bien-Hoa. Peut-être les briques étaientelles revêtues de plaques métalliques comme à Mi-Baume. Les linteaux sculptés des portes et fausses portes, seuls en grès et couverts de gracieux ornements, ont malheureusement souffert des injures du temps. La pierre de grès étant effritée en maints endroits, une grande partie des sculptures a disparu. Un des linteaux restait encore à peu près complet, les rinceaux de feuillages pouvaient être étudiés et admirés tant leur exécution était précieuse et fine. Le motif milieu, intact, représentait Siva monté sur son éléphant tricéphale Aïrawaddi.

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