MI-BAUME
parler, ils indiquent d'une façon évidente le commencement de la période de décadence dans l'art chez les Khmers.
Comme le Piméan-acas de Angkor-Thom, Mi-Baume, composé de terrasses superposées, forme un ensemble pyramidal. A Piméan-acas, ces terrasses relativement étroites, ne peuvent servir que de promenades; à Mi-Baume au contraire, elles constituent de véritables plates-formes. Les architectes ont pu y disposer des édicules formés d'une salle unique destinée à servir probablement comme
autant de caravansérails, aux pèlerins qui venaient à certaines époques de l'année faire leurs dévotions dans ce lieu sacré.
On juge mieux de cette disposition, en voyant le plan cicontre. La base de Mi-Baume est carrée. Sur la première terrasse, on remarque une plateforme, sorte de chemin de ronde contournant un petit mur d'enceinte qui renferme les seize édicules (voy. en L) dont nous venons de parler. Chaque angle de cette terrasse construite en pierre de Bien-hoa était orné d'un éléphant sculpté un peu plus petit que grandeur naturelle. Il joue ici le même rôle que celui des lions de marbre que nous plaçons quelquefois à l'extrémité des terrasses de nos jardins. Quatre entrées monumentales (voy. le plan, en A) orientées suivant les points cardinaux, donnaient accès sur cette terrasse et dans chacun de leurs axes, des perrons à marches hautes conduisaient au niveau de la deuxième plate-forme. Quatre tours (voy. en T) ornées d'un dôme en marquaient les entrées, chacune d'elles étant accompagnée de deux petits sanctuaires isolés. Les huit édifices qui sont situés sur cette deuxième terrasse, n'ont pas le caractère habituel d'un sanctuaire, ils servaient peut-être de lieu d'habitation à des chefs de bonzes. On monte enfin les escaliers qui mènent à la troisième plate-forme où se trouvent quatre petits temples voués à des divinités diverses.