‹ Cambodge et JavaChapitre 27 sur 98 · ANGKOR-VAT · texte numérisé non relu

ANGKOR-VAT

dynastie aurait duré 254 ans, finissant en l'an 725. Il y a comme on le voit une différence de quatre siècles clans le récit donné par ces manuscrits, sur laquelle il est impossible actuellement de rien décider.

Les traditions conservées dans le pays s'accordent pour tout ce qui concerne Angkor-Vat. Sa fondation aurait été commencée au moment de la naissance de Préa-Ket-Méaléa. Voici la légende donnée dans le Pongsa Voda : Vers l'an 600 du Préaput sacrah, ou l'ère sacrée (57 av. J.-C), la princesse Sophéa Vodey, fille du roi, mit au monde miraculeusement un fds qu'on nomma Préat-Ket-Méaléa (le divin éclat de l'or). Le dieu Indra fit annoncer par un message céleste qu'il était le père de cet enfant. Pour témoigner ensuite tout l'intérêt qu'il lui portait, il donna l'ordre à Visvacarma, l'architecte divin, de construire pour lui un magnifique palais orné de tours, afin de le loger dignement. Ce palais ne serait autre que Angkor-Vat.

Préa-Ket-Méaléa, devenu roi, prit le nom de Préa-bat-Somdach-préa-ket- Méaléa. Il eut deux fils et fit construire de nombreux sanctuaires clans son royaume. Indra lui faisait faire peu de temps après un deuxième palais orné de tours et de nombreux bassins. C'est celui qu'on désigne sous le nom de Beng Méaléa.

Le règne de ce roi fut heureux jusqu'en l'an 620 de Bouddha (c'est-à-dire jusqu'en l'an 75 après J.-C). Préa-Ket-Méaléa tomba malade à cette époque et devint fou. Le dieu Indra qui le protégeait toujours envoya un Prôhm (Brahme céleste) pour le guérir, et le peuple Khmer le couronna une deuxième fois (en l'an 78 de J.-C). Pour assister le roi qui avait retrouvé la raison, on lui donna un conseil composé de sept Brahmes, de sept Bonzes Bouddhistes et de sept grands dignitaires du royaume. Cet événement fut pour le Cambodge le début d'une ère nouvelle, le Moha sacrah ou la grande ère, qui servit de point de départ aux dates des événements politiques, tandis que l'ère du Préa-put-Sacrah continuait de marquer les faits religieux.

La religion de Bouddha était connue des sauvages Samrès et clés Khams bien avant l'arrivée de Préa-Thong et ses compagnons, comme on l'a vu (p. 16).

Les missionnaires venus au Cambodge, qu'ils soient Bouddha lui-même, Ananda son disciple, ou Kieu-Tran-Nhu, convertirent un certain nombre de personnes au nouveau culte. Les Brahmanes purent admettre d'abord sans trop de résistances, la croyance nouvelle ; ils ne la craignaient point. Dans l'Inde, il en était de même ; le culte de Brahma y fut généralement observé 300 ans avant notre ère, malgré les efforts de Bouddha et de ses apôtres. En Indo-Chine, les

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